PREMIERE PARTIE. PS. VIII 3t
Les oiseaux du del, et les poissons de la mer :
Oni, tout ce qui empmnte les sentiers des mers.
ACCLAMATION FINALE Antienne :
Dieu noire maitre,
Que ta majeste est admirable par toute la terre I
Explication du psaume
Ce poeme de David est encadre par un refrain qui a bien 1' aspect, sinon le role, de nos antiennes liturgiques. Mais ces mots font corps avecle psaume. Us ne sont pas une addition tardive. Letexteparle du a nom de Dieu qui est admirable par toute la terre. Mais ici, comme en de tres nombreux passages, le nom de Dieu c'est : Dieu lui-meme, sa personne, son autorite, sa majeste. Et j'ai traduit de la sorte.
La gloire de Dieu celebree par des chants (i)
Dans cette premiere partie, le poete nous montre la gloire dont Dieu est environne au-dessus des deux comme 1'objet d'un chant que les enfants, des leur plus tendre enfance (les nourrissons, ceux qui n'ont pas trois ans), apprennent a begayer, et que les plus grands (de trois a douze ou treize ans : ceux qui jouent ) aiment a faire retentir.
Telle est la force que Dieu aime a opposer a ses adversaires..Dieu se refugie comme dans une citadelle dans les chants que les enfants executent en son honneur, et c'est protege par ce rempart qu'il se rit des insultes de ses ennemis. Touchante image, nous montrant comment la Providence de Dieu fait desarmer les puissants par les fai-
(i) Le commentaire de cette premiere partie s'inspire presque entierement de Podechard, Revue Bibllqae, 1920, p. 71 s.
2 k DANS LA BEAUTE RAYONNANTE DBS PSATJMES
bles (i). Et an debut de la Grande Semaine, aux Pharisiens qu'exasperent les acclamations des enfants en son honneur, Notre-Seigneur se contente de repondre en les renvoyant malicieusement a ce verset de notre psaume (2).
Dieu s'abritedans ces cantiques com me dans une ciladelle; nous le verrons egalement troner snr les acclamations d'Israel (3) .
Notons une belle utilisation de ces versets dans 1'application qu'on en fait a la Vierge Marie qui jouissait, des sa conception, du don de la science infuse, et, par suite, du pouvoir d'aimer etde louer Dieu, avec une pleine conscience de la valeur de sa louange. De la bouche de Marie jaillissait, des sa plus tendre enfance, ce chant ou Dieu se complait (4).
La beaut^ de Dieu eclatant dans le del etoiU
De la gloire supra-celeste de Dieu, nous descendons au rayonnement de sa gloire dans les deux. G'est, par une nuit calme, la contemplation emue du ciel d'Orient, ou les etoiles s'enchassent si nombreuses et brillent d'un tel eclat. Les etoiles, dira Baruch, brillent a leurs postes et elles sont dans la joie. Dieu les appelle, et elles disent : Nous voici! Et elles brillent joyeusement pour celui qui les a creees (5) . Elles sont infatigables dans leurs veilles (6). La belle ordonnance des astres, groupes dans le ciel comme des armees rangees en bataille, autour de la lune, la Souveraine des nuits (7), etait un des fondements principaux de la locution Dieu des armees , par laquelle on celebrait la majeste divine. Dieu possede a son service des bataillons d'etoiles!
Devant cette profusion de mondes dont nous parvient 1'obscure clarte , comment ne pas etre saisi de la pensee de la petitesse de 1'homme en face de 1'infiniment grand ?
(i) I Sam. [I Reg.], XYII; Luc, x, ai ; II Cor., i, 27-28. (a) Matt., xxi, 16-16.
(3) Ps. xxi, v. U.
(4) Terrien, La Mere de Dieu, II*, p. 3o.
(5) Bar., in, 34-35.
(6) Eccli., XLIII, n.
(7) Gen., i, 16.