‹ Dans la brousse; sensations du SoudanChapitre 9 sur 11 · L'INCENDIE · texte numérisé non relu

L'INCENDIE

... Vers trois heures du matin, nous ayons levé le camp. La nuit était noire, sans lune, et les étoiles semblaient plus lointaines, givrant à peine quelques sommets cP arbres.

Les porteurs expédiés en avant, on se mit en selle. Nos gens, interprète, palefreniers, domestiques, nous encadraient. Ils brandissaient de grossières torches de paille; et la brousse, au contraste dé ces lueurs tremblotantes, se noyait, derrière et devant nous, en de plus noires ténè-

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écart de nouveau nous éveillât, effarés, une palpitation violente au cœur. Cetle fois, c'était la torche, à bout après ses douze ou quinze minutes de combustion, que le nègre venait de jeter après en avoir allumé une autre prise à sa réserve. Le tronçon enflammé lancé sur l'étroite sente brûlait au ras du sol un court instant, repérait, quand on se retournait, le chemin parcouru dans le noir, telle une lanterne aii seuil d'un tunnel...

Et derechef le somme était repris, interrompu, repris, entre deux torches, — entre deux tétées à la gourde remplie de café fade. . .

Or, un moment vint où mon cheval s'endormit aussi, insensible aux gestes brusques des porteurs de flambeau. Peut-être encore m'étais-je habitué à ses écarts. . . Et ce qui m'éveilla, ce fut un vent chaud à ma nuque, un crépitement à mes oreilles, le pas soudain relevé de ma bête : — la brousse entière derrière nous brûlait.

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