‹ Dans la lumière antique (volume 5)Chapitre 20 sur 32 · AD IMUM COR · texte numérisé non relu

AD IMUM COR

Hélas ! non seulement, en me laissant en pleurs, Seule, seule, au milieu d'un monde où les lueurs Des instants d'espérance et des heures sereines Sont mortes pour jamais, en ces quelques semaines, Hélas! non seulement elle a pris l'avenir, Mais elle a pris aussi ce que le souvenir Avait laissé de cher en mon âme attristée. Dans le renoncement d'une vie acceptée Avec tant de regrets a demi détachés, Ses désillusions et ses chagrins cachés, Et ses bouquets flétris, et ses traces de glaives, Et ses tombeaux où so>?t ensevelis des rêves, Je conservais encor, d'un soin tendre et jaloux, La mémoire de jours qui m'avaient été doux,

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D'autant plus précieux qu'ils m'avaient été rares. Je desirais garder, entre mes mains avares, hissez de joie, assez de bonheur, pour pouvoir . Quand je songeais à elle, en nourrir mon espoir, Le bonheur qu'il fallait pour me la feindre heureuse. Dans ma propre existence, austère et douloureuse, J'avais de quoi parer la sienne et V embellir. Mon cœur aurait laissé ces lumières périr. Si l'usage sacré ne les avait sauvées Pour qui ce cher souci les avait préservées-, Oui! mes pauvres bonheurs, déjà presque oubliés, Comme des fils de chanvre à des fils d'or liés, Rattachaient les clartés de ma vie à la fête Où je me complaisais à voir sa jeune tête Sourire et s'éloigner vers un riant futur ! Mais le ciel s'est fermé du côté de l'azur ; Pour ce reste de joie, à présent inutile. Mon sein n'a plus besoin de garder un asile. Et tout ce qui restait de doux dans mon passé Avec elle est éteint, avec elle effacé.

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