REVEIL
Quelquefois, le matin, vers la fin du sommeil, Ouand, dans l'inconscience et dans l'incertitude. L'dme monte aborder aux grèves du réveil Sur qui bat constamment un flot amer et rude,
Ayant un sens obscur de quelque obscur chagrin, Je ne sais si j'en sors ou si je le retrouve, Si c'est un vrai malheur dont le retour m'étreint, Ou si du rêve affreux meurt dans ce que j'éprouve ;
J'ouvre, en tin brusque effort, mes yeux troublés, je vois Le soleil traverser ma chambre en bande claire, Des oiseaux font leur bruit gazouillant, et je crois Entendre le cher cri matinal : « Bonjour, mère! »
Le temps que prend la foudre à jeter sa lueur. Mon cœur est inondé d'ineffable de lue. Mon sein gonflé du lait de l'ancienne douceur. La douceur nourricière, auguste et rédemptrice.
Mais la voix ne rient pas ; et tout d'un coup, un seul. Je connais que je suis dans ma longue souffrance. Je retrouve sur moi les plis de mon linceul : Mon dme remontait vers sa désespérance !