‹ Dans la lumière antique (volume 5)Chapitre 29 sur 32 · L'OISELEUR · texte numérisé non relu

L'OISELEUR

Sous V aurore, j'ai vu revenir l'oiseleur,

Il portait ses filets jetés sur une épaule,

Et, sur l'autre, aux deux bouts flexibles d'une gaule,

Le butin de son noir et malfaisant labeur ;

Il sortait de la nuit et passait dans les brumes Qui, n'ouvrant aux regards qu'un espace amoindri, A son retour fur tif servaient encor d'abri ; Ses filets étaient pleins de sang frais et de plumes.

En tas morts où leur poids les mêle en les froissant. Les oiselets pendaient, attachés par les pattes, Et de leurs becs tombaient des gouttes é car la te s Qui faisaient marcher l'homme en un sentier de sang.

Hier, tous ces clairs gosiers gazouillaient dans la joie, Ces ailes palpitaient en volant vers les nids, Dans les bois saccagés les concerts sont finis, Doux oiselets pendus à la perche qui ploie.

Et l'homme s'éloigna dans la brume, à grands pas, Et bientôt s'effaça son image dissoute ; Mais il restait de lui ces taches sur la route, Et f avais vu passer un aspect du Trépas.

LKS ÉPISODES* i5q

EXILJUM MATRIS.

L'Ami.

Le bois de citronniers brille de ses fruits d'or ; Sous les feuillages noirs la lourde chaleur dort Que l'odeur des citrons attiédis fait troublante. Entre les troncs tordus, pois fuir la molle pente Oui descend vers la baie et son disque d'azur. Tout, pour être aperçu de ce refuge obscur, Paraît plus éclatant de plus riche lumière ; L'ardent flot du soleil rétrécit et resserre Les ombres jusqu'au pied du bois qui les répand. Les lézards saccadés, la couleuvre en rampant. Viennent sur la racine ou le rocher qui brûle. Dans le bois se rapproche et, par instants, recule Le mou roucoulement langoureux d'un ramier ; Et, tout autour du bois, le long bruit coutumicr

1ÔO DANS LA LL'MIËRE ASTIQUE.

Des cigales dans les rayons vibrants crépite. Seul, un Faune de bronze et qu'une abeille excite, Sur son outre dansant et le pied haut jeté, De son thyrse pampreux ose braver l'été. Seul témoin du décor de l'ancienne avenue, Oublié dans ce lieu sauvage, il continue Pour son propre plaisir sa danse sans repos. Un chèvrefeuille aux fleurs d'or brun, des haricots Ecartâtes, pareils aux bonds d'un feu qui flambe, S'unissent vainement pour entraver sa jambe ; Il les secoue, il saute, il rit, il est heureux.

Im'issc ce doux et clair spectacle emplir tes yeux!

Oublie, en ce beau lieu qui calme et qui rassure,

Les plaines aux étangs tachetés de rouillure ,

L'inquiète forêt aux arbres dépouillés

Où le brouillard glacé pleure aux rameaux mouillés.

Donne moi tes deux mains ; pose les sur mes lèvres !

Laisse, en cette splendeur, mourir les paies fièvres

Que la mélancolie a mises dans ton cœur ;

Reçois l'apaisement à défaut du bonheur.

Ce vieux tronc et ce roc creusé te font un siège

Que l'ombre d'un rameau lourd de ses fruits protège,

i.rcirs mai ims. t6

N'y veux-tu pas dormir, afin que ton sommeil

à iccepte sans regret le bienfait du soleil

Dont ta peine alarmée et d'elle même éprise, lui son farouche éveil, écarte la surprise. Permets que je te garde, ainsi qu'un compagnon , De peur que la vipère ou le noir scorpion N'approchent de ta main qui repose sur l'herbe. De tes cheveux noues laisse couler la gerbe, Pour que ni le frelon , ni la guêpe au long dard, Dans leurs cercles frôlants d'attaque et de départ, N'alarment tes yeux clos d'un frisson de défense. Repose confiante en ma proche présence, Que ton corps glisse au rêve, et du rêve à l'oubli, Qu'un peu de paix enfin touche ton front pâli ! Que la grâce d'un pur et doux repos descende Jusqu'à ton cœur toujours douloureux, et suspende. Un instant, l'infini brisement de chagrin Qui, pareil aux longs flots dont un récif est ceint. Vient battre contre toi, jour et nuit !

La Mère.

Je suis lasse.

Il est vrai. Tout cet or qui tombe dans l'espace

l62 DANS LA LUMIÈRE ANTIQUE.

M'accable ; ce soleil trop éclatant meurtrit,

A travers mes regards, et blesse mon esprit.

Je voudrais ne sentir près de moi que de V ombre,

Sans bruit, sans voix, sans vie, où ma détresse sombre

Se sente solitaire ; elle est sœur de la nuit,

Elle hait ce qui chante, étincelle ou séduit,

Ou plutôt elle en est endolorie, et soufre ;

Et la clarté du jour lui fait peur comme un gouffre.

Puisque tu le veux bien, je vais fermer mes yeux,

J'ai besoin d'échapper à l'éclat de ces deux,

Et de me retrouver dans ma nuit.

(Elle s'endort.)

L'Ami.

Quelle trace Le noir toucher du deuil a mise sur sa face ! Ses yeux sont fatigués et creux d'avoir pleuré ; Le pli de son ancien sourire déchiré Est caché sous des plis d'angoisse et d'amertume, Et ses mains où persiste encore la coutume

LKS ÉPISOOI 5, i 63

De longs mois de soutien, de caresse et de soins, Cherchent incessamment, du bout de leurs doigts joints, Le cher corps soulagé d'être touché par elles ; >, / leur sublime office elles restent fidèles, Et leur long dévoûment les fait encor frémir.

Son chagrin ombrageux ne veut pas consentir é l rien qui l'affaiblisse, à rien qui le distraie ; Il ne l'eut écouter que l'appel de l'orfraie Sinistre au fond du soir ! Que, du moins, le soleil, Cet air vivant et pur, surprenant son sommeil, Enveloppent son corps de force salutaire ; Que l'immense bonté d'azur et de lumière, Qui fait contents et sains V oiseau, V arbre et la fleur, Caresse un peu sa chair, dore un peu sa pâleur, Anime un peu son sang, cependant quelle ignore Que son front endormi comme un fruit se colore. Vous, salubres parfums, arômes purs et forts Qui naissez de ces vieux arbres aux rameaux tors, Des taillis, des milliers de buissons dans la plaine. Du proche flot marin, entrez dans son haleine, Atteignez, dans son sein, son sang qui vient vers vous, Et dans son être entier de souffrir si jaloux Versez votre vertu subtile et guérissante, Doux parfums, espérance et ferveur de la plante !

Près du coteau sur lequel est le bois de citronniers se trouve une colline plus haute. A son sommet, parmi les roches et les broussailles, un chevrier garde son troupeau ; sur ses flancs est une vigne lumineuse de jeune feuillaison, dans laquelle un vigneron bêche la terre au pied des ceps ; au bas de la pente et dans une petite plaine qui va vers le rivage sont des prés en fleurs où un faucheur est en train de couper les foins. Le chevrier, le vigneron et le faucheur chantent, et leurs chansons se mêlent.

Le Chevrier.

Qu'il fait plaisant mener ses chèvres.

Par les coteaux sous Vaube clairs ; Les souples bêtes aux yeux pers, De les voir fuir, folles et mièvres.

Et s'accrocher, Une branchette verte aux lèvres,

Contre un rocher !

Elles sépandent dispersées.

Moitié broutant, moitié rêvant, Toujours plus haut ou plus avant.

Ll CTUS MATRÏS. n'ô

L'une par l'autre dépassées,

En brusques bonds ; Tant quelles soient presque effacées

DatlS les buissons.

Le Fauchkur.

C h mitez, cigale, mon amie !

Chante, grillon !

Comme le grain dans la trémie.

Votre chanson Danse et frémit dans un rayon !

Le Chevrier.

Mais quand, au soir, ma corne grêle Sonne trois fois pour le retour, l 'ers moi leur troupe éparse accourt.

Sans que mon chien roux les harcelé ;

Et le troupeau, Chevrier, chèvres, pêle-mêle,

Rentre au hameau !

Le Faucheur.

Chantez, ma mie, 6 V alouette !

Chante, pinson !

Et vous, tarins et toi, fauvette,

Sur le sillon, Sur la rocaille ou le buisson l

Le Vigneron.

Ia vigne sous les grains s'incline Du raisin noir ou blanc!

La belle fille qui piétine

Sur les grappes en sang,

Va nous montrer sa jambe fine.

Le dernier cep est grapillé l Ohé!

Le Faucheur.

Chantez, ma mie, abeille, abeille,

Chante, frelon !

Le bouton d'or vous prête oreille,

Et le chardon !

Chante, ma faux, dans la moisson !

Lk Vignkron.

Dans la cuve elle est descendue.

Les deux mains sur le bord

Sa chevelure détordue

S'agite en serpents d'or ;

C'est la bacchante à demi-nue !

Le flot du vin a gazouillé !

Ohé!

Elle trépigne, saute et chante !

Un garçon vient riant Et d'un brin d'osier la tourmente ;

Mais il fuit essuyant Sa face pourpre et ruisselante !

Et le vin est en futaille !

Ohé !

L'Ami.

Ainsi chante la vie avec sa voix diverse . Sa force insoucieuse et légère traverse

Les grands silences lourds des cœurs désespérés ! Dans l'air semé de bruits, qui les a dénombrés ? Im vie, en poursuivant son œuvre, les ignore ; Elle croit seule emplir le vaste ciel sonore, Mais ils sont au milieu de sa claire chanson Qui s'éveille, s'envole et s'ébat, sans soupçon Que c'est sur des douleurs que ses ailes palpitent. Les cœurs navrés qui dans le silence s'abritent, Qui se sont des rayons et des rumeurs exclus, Pour habiter plus près de ceux qui ne sont plus, Sont blessés par son cri d'espérance ou de joie ; Le soupir d'un ramier dans l'azur qui flamboie, Un rire heureux et frais qui ne fait que passer Sont comme des défis qui viennent offenser Leur méditation et leur mélancolie.

L'heure devient plus douce, elle réconcilie

Le paysage entier et ce jour triomphal

Qui tantôt l'accablait, comme un dompteur brutal

Désireux que tout rampe à ses pieds et languisse.

Il semble que le sol avec le ciel s'unisse !

Je la réveillerais pour voir ce pur moment,

Si ce n'était aussi réveiller son tourment.

LUCTUS M AT IUS.

Le soleil déclinant entre les troncs pénètre,

El, frappant le dessous des rameaux, fait renaître

En or plus vif l'or mat des milliers de titrons;

On les voit s'allumer partout sous ses rayons

En prolongements d'or multipliés qui naissent

Tout au loin; autour d'eux, les feuillages paraissent

Ou plus noirs, ou lustrés et mouillés de clartés,

Ou bien éclaboussés de reflets éclatés ;

Ils s'avivent aussi de verdure plus claire.

Le bois entier s'enchante et s'émeut de lumière,

Ouvrant de toutes parts son cœur approfondi.

Libre de la chaleur qui l'avait engourdi

Et qui le mélangeait à sa lourdeur torride.

Le parfum des citrons redevient plus acide

A mesure que l'air reprend plus de fraîcheur ;

Et le soir se ranime à leur salubre odeur.

La palombe s'est tue, et le cri des cigales

S'interrompt et reprend en pauses inégales

Où faiblit le délire et l'ivresse du jour.

Un des deux caps éteint à moitié le contour

De la petite baie ; elle reste éclairée

Jusqu'à son autre cap dont la masse dorée

S'affine en un profil plus précis et plus pur.

7> bleu doux de la mer. par endroits, devient dur.

Et. par (Vautres, se perd en délicates teintes

De gris perle ou d'ardoise ou de vert, presque éteintes

Parfois, un plissement lisse, huileux, indolent,

Scintille en brusque éclat éblouissant et blanc.

La plage s'abandonne au soir qui la possède,

Et le cap encor clair rougit sous sa pinède.

Mais le Faune est toujours à brandir, dans son jeu,

Son thyrse dont la pomme élevée est en feu ,

Tandis que tout son corps est pris du crépuscule,

Et qu'autour de son socle une ombre s'accumule,

D'où sa danse parait l'enlever comme un vol,

Dans ses bonds suspendus sans soutien, loin du sol.

Que ce rayon est doux sur sa face pâlie ! Pourquoi l'obscur sommeil, dans lequel on oublie, Ne peut-il pas encor prolonger son bienfait ? Il va rendre au chagrin auquel il l'a soustrait Ce pauvre cœur si prompt à retrouver sa peine ! La voilà qui s'éveille, et déjà son haleine Reprend son tremblement anxieux de soupir ! Ses yeux auront des pleurs sitôt qu'ils vont s'ouvrir !

M S ÉPISODI 5. i — i

L\ Mère.

Où suis-je? Où sommes-nous ? Pourquoi m'as-tu laissée

Un si long temps dormir}

L'Ami.

Tu semblais si lassée, Je goûtais la douceur de te voir reposer, De sentir ton chagrin, malgré toi, s'apaiser. Bien plus, je souhaitais que plus longtemps encore Le sommeil empêchât tes yeux de se dé clore. Et ton cœur de renaître à son dur désespoir l

La Mère.

Le jour n'est plus le même. Est-ce déjà le soir ?

L'ami.

Oui! le jour est déjà vers son déclin, amie; Il est dans l'émouvante et limpide accalmie

Où la rude splendeur dont il è tin ce la laisse sa véhémence, et se change en éclat Harmonieusement pur, paisible et lucide.

Un lustre délicat, d'une grâce rapide, Succédant aux rayons qui, dardés des hauts deux. Naguère accablaient tout d'un or impérieux, Paraît, en éclairant les objets, s'en éprendre. Ils sont comme implorés par sa caresse tendre, Et, possédés tantôt par des prises de feu, Se livrent maintenant à des douceurs d'adieu. Fois ! la clarté glissante et contre eux suspendue Ne veut pas les quitter, et craint l'ombre attendue Qui va pâlir sur eux son baiser défaillant!

La Mère.

Je n'ai devant mes yeux qu'une tombe d'enfant, Et je n'ai rien vu d'autre au fond même du rêve! Quel soleil est puissant assez pour qu'il soulève Les voiles ténébreux que je tiens à pleins bras ? Ces fleurs qui, me dis-tu, foisonnent sous mes pas,

LUCTUS MATRIS

Ces parfumantes fleurs dont la montagne est pleine, Crois-tu que je les voie ou sente leur haleine ? Je vois seul le tour nient qu'en mo)i sein je chéris; Il a peur, égaré dans ces chemins fleuris ! Je ne puis regarder cet astre sans colère, Oui fait à ma tristesse un cachot de lumière. Je songe à des pays moins heureux dont l'accueil S'insulte pas le cœur qui leur porte son deuil ; Où le matin craintif et transi dans la brume. Sur de vastes sillons trempés de pluie, allume Un soleil dont la face a des larmes aussi. Cet air est trop serein. Je ne puis vivre ici. Je suis une étrangère au milieu de sa fête, Sa paix claire est cruelle à mon âme inquiète !

Mène-moi vers des lieux qui pleurent avec moi, Fers la ville aux toits noirs, le long du fleuve froid, Bordé de peupliers où s'accroche la nue; Fers les remparts au bord de la campagne nue Où de lents voyageurs, dans leurs épais manteaux. S'en vont sous un ciel bas parsemé de corbeaux ; Vers l'enclos planté d'ifs, aux murs drapés de lierre ! Parmi les tertres d'herbe et les stèles de pierre,

C'est là que gît ma joie et ce reste d'espoir

Que garde un être humain quand il cesse d'avoir

Un dessein de bonheur pour sa propre durée !

Nos rosiers ont parfois une rose éplorée,

Même auprès d'un tombeau leur beauté peut s'ouvrir

Mais les rosiers d'ici ne sapent que fleurir

Dans l'insensible éclat de leur gloire orgueilleuse,

Et leur rose est ingrate à la main douloureuse.

C'est un rosier sur qui le ciel pâle a pleuré,

Qui verdit maintenant sur le nom adoré

Que ma lèvre n'a plus le courage de dire,

Sans qu'un seul instant passe où je ne le soupire.

Je veux m'en retourner vers ce rosier tremblant,

Je veux voir s'entrouvrir son premier bouton blanc ;

Plus que les somptueux bouquets de cette rive

Je chérirai la fleur hésitante et chétive

Qui va frôler, là-bas, le doux nom, le cher nom

Sur qui j'aime à jeter mes bras morts et mon front!

Je veux me retrouver dans la petite chambre

Où je la ramenai par un jour de septembre !

Il tient plus de ma vie entre ces quatre murs

Que je n'en puis trouver dans les vastes azurs

De ce ciel, de ces flots et de cette montagne !

LES i PI SODES, ! —S

L'Ami.

() ma mélancolique amie, à ma compagne» Laisse mi peu s'apaiser ton cœur ! Voici la nuit: Le silence est au loin descendu sur le bruit ; Tout bleuit — et voici les premières étoiles ! Tu vois comme elles sont timides dans leurs voiles , Et que leur regard tendre est palpitant de pleurs ! Les arbres sont obscurs ! Vois aussi les lueurs Qu'épanche l'invisible approche de la lune; Tu pourras y laisser errer ton infortune , En ces tristes lueurs de cendres et d'argent, Dont le glissement pale entraîne, en s'allongeant, Des choses qu'elle effleure un é Virement d'ombre. La pente vers la plage est lumineuse et sombre. Comme ces lieux divins où Virgile a placé Le cortège de ceux dont le cœur fut blessé Et garde, loin du jour, sa fidèle blessure. Consens que ton angoisse à présent se rassure ! Écoute, un rossignol chante au bord de la mer ! A sa voix tout un monde éploré s'est ouvert ! Et la lune apparaît ! Dis-moi sur quel visage, Sur quel visage humain, le plus cher, le plus sage,

Vis-tu jamais autant de divine pitié ?

Tu peux dé clore ici ton chagrin reployé,

Il ne saurait s ouvrir devant plus de tristesse.

O face pale et vide à jamais de promesse!

Les soleils sont divers sous des deux différents,

Plus bas, plus lents, plus clairs, plus lourds ou plus

[ardents;

Elle ne change pas. elle est partout la même,

Et partout, met, toujours, sa compassion blême;

A tous les cœurs tournés vers elle, elle répond

Par l'indicible et tendre angoisse de son front,

La plus mélancolique image qu'ait le monde !

S'il faut que ton tourment se verse et se confonde

En un puissant chagrin où tu trouves du deuil,

Fois ! ces deux ont assez perdu leur vaste orgueil,

Amie, ils sont assez dépouillés de leurs charmes ,

Tu peux tourner vers eux tes yeux tremblants de larmes,

Tu ne trouveras plus dans leurs pâles rayons

Que le royaume froid des résignations.

Veux-tu que maintenant nous allions vers la grève t La mer à peine y luit dans un reflet de rêve ; Elle soulève à peine un incertain soupir, Le long du sable éteint où son flot vient mourir ;

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