‹ Dans la lumière antique (volume 5)Chapitre 30 sur 32 · LUC! US MM RIS · texte numérisé non relu

LUC! US MM RIS

A peine tremhle-t-elle \ au delà de la raie

Plus sombre qui, d'un cap a l'autre, clôt la baie.

Sous le ruissellement d'argent, si solennel.

Si noble, que répand Celle qui pleure au ciel.

Tu trouveras là-bas la r'we clyséenne

Où toutes les douleurs peuvent, même la tienne.

S'abandonner, amie, et desserrer le nœud

Dont est meurtri le cœur pudique et qui ne veut

Rien montrer de lui-même au Jour d'où nait la Vie.

La Mèrk.

5Ï ta compassion, ami, m'était ravie.

Je ne sais où pourrait, hélas! s'ouvrir mon cœur.

C'est pour toi, seulement pour toi, que ma douleur

Supporte d'écarter ses jalouses alarmes.

Quand je vois ton regard me fixer sous des larmes.

Mes sanglots désolés ne se sentent plus seuls ;

Et C£st comme, le soir, la senteur des tilleuls

Qui se fait plus suave à travers une pluie.

Et pénètre plus loin dans notre âme alanguie.

Parce que sa douceur descend parmi des p leurs.

Cette lune au front pur peut mettre ses pâleurs

Au-dessus de la voie où s'en va ma détresse.

Rien fie vient d'elle à moi, mais rien, du moins, ne blesse,

Sous sa lueur funèbre, un farouche chagrin.

Non ! Il n'est de pitié que sur un front humain.

Et la pitié du tien atteint seule ma peine !

Pardonne si je jette en ton âme sereine

L'ombre de mes tourments ! Ne m'abandonne pas !

J'ignore où mon esprit s'égare, où vont mes pas !

J'ignore si la vie ou la mort est un soyige !

Et je ne sais pourquoi mon cœur vide prolonge

Ce battement affreux qui nourrit mes soupirs !

Je n'ai plus ni vouloir, ni desseins, ni désirs !

Ne m'abandonne pas ! Quand ta face s'éloigne,

Fuit la seule pitié qu'un monde me témoigne,

La seule, même alors qu'il saurait s'émouvoir,

La seule que mon cœur consente à recevoir.

L'Ami.

Ah ! donne-moi tes mains. Sens-tu les gouttes tièdes Qui les viennent mouiller r Sens- tu que tu possèdes Tout ce qu'un être humain peut contenir en soi De culte, de respect, de tendre et pur émoi

LES ÉPISÔD1 S.

Et de sûr dévoûment? C'est ma chétive offrande

A ton âme qu'un grand malheur forme si grande

Que ma compassion ne peut pas l'embrasser.

Et cette offrande où rien ne saurait t" offenser.

Amie, accepte la de ce cœur qui révère.

Au seuil de ton destin désormais solitaire,

Un chagrin qu'il sait trop qu'il ne peut consoler !

l'iens! la route où la nuit commence à s'assembler Est longue de la ville à l'endroit où nous sommes ! Retournons vers les lieux où souffrent d'autres hommes !

l80 DANS LA LUMIÈRE ANTIQUE.

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