SUR UN PLATON
à Pierre Jouguet.
Qiiand les derniers faucheurs coupent les derniers blés, Fous faites, sous les deux et leur vaste silence, Renaître le contour des coteaux dépouillés. Jours nobles et pensifs oii septembre commence ; Fous rendez aux lointains de nouveau révélés Leur limpidité pure et leur ample ordonnance. Quelle douceur alors, loin des hommes troublés. Dans votre sobre éclat et votre transparence, Devant la majesté sereine des moissons.
Depuis rheut^e où midi, sous ses brises égales Pose, dans la clarté calme de ses rayons. Les derniers papillons sur les derniers pétales, Jusqu'à Vheure où le soir entre en ses pavillons Gravement décorés de pourpres triomphales. De lire, au bord d'un champ où chantent les grillons, Les pages de Platon où chantent les cigales.