LE DERNIER BAISER DE LA MUSE
Compagne rayonnante et magnifique, 6 Muse, Toi qui nous fais marcher aux sentiers enchantés. Tu deviens chaque jour plus belle à nos côtés, Tandis que le chemin nous fatigue et nous use !
Ton port se fait plus fier, ton œil bleu plus profond, La grâce de ton geste est plus ample et plus sûre. Le Temps met des baisers et jamais de morsure A l'ivoire invincible et brillant de ton front.
Ton beau pied chaussé d'or, plus léger et rapide. S'élance, passe et court sur les rocs et les fleurs, Sans sentir leurs éclats ou froisser leurs couleurs ; Ton corps allier devient plus noble et plus splendide.
LE LIVRE D APOLLON
Et nous, nous vieillissons qui marchons près de toi. Nos regards pont moins loin, et notre tête est blanche Et notre bras moins fort doit cueillir une branche, Pour soutenir nos pas dont l'espace décroît ;
Nos traits qua ravagés une griffe farouche. Refoulent le sourire, autrefois épandu.
Qui, comme un hôte heureux et toujours attendu, Changeait l'accueil des yeux pour celui de la bouche;
Notre cœur las s'alarme en se sentant moins prompt A la joie, aux douleurs, aux anciennes noblesses. Et l'dme aussi commit les minutes épaisses Où le verbe parait être moins près du front;
Ce qui fut 7ious, hélas! chaque jour s'expatrie, Un peu d'ombre entre en nous, un peu de vie en sort, Quelquechose s'en va, quelquechose s'endort; Sur le vin épuisé baisse l'outre amoindrie.
A la fin, défaillants, tâtonnant de la main. Comme si l'ombre était en dehors de nous-mêmes , Fermant nos yeux ternis où les choses sont blêmes. Nous couchons pour jamais notre pauvre être éteint!
Mûis alors, ô compagne, ô toi que rien n'outrage, O Muse, qui devins si belle auprès de nous. Tendant tes jeunes bras et pliant tes genoux. Tu prends, entre tes doigts divins, notre visage
Et l'attirant à toi, si pâle et déformé. Tu lui mets le baiser de ta lèvre sublime. Et l'immortalité de ce baiser ranime La clarté d'autrefois, le rayon consumé ;
Ce front mort est paré d'éternelle jeunesse Quand il est sur le sol reposé par tes mains. Et les traits glorieux des grands bustes humains Sont ceux que tu touchas d'une telle caresse.
LES KPISODES. 1 97