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de l'évêque du diocèse, de l’évêque de Nole, et que je ne dois le briser qu’en présence de Mgr l’Archevêque de Montréal.
Toujours accompagné de Religieuses, ÿe me rends à l'église pour y passer le reste du temps que je puis con- sacrer à Mugnano. Je revois notre Sainte, j'entends une messe devant la châsse dévoilée de nouveau. lJ’y lis, agenouillé, la légende de l’aimable Vierge, telle que rapportée dans le livre écrit par la Comtesse de Chabannes : “Sainte * Philomène, sa vie, ses miracles, son culte.” La voici toute entière,
“Du temps où Dioclétien était empereur, régnait sur une des cités de la Grèce échappées à sa domination un prince dont la bonté faisait le bonheur de ses sujets. Il avait épousé une jeune grecque, issue du sang royal, qui le rendit père d’une gracieuse enfant : on lui donna au baptême le doux nom de Philomène, |
“Douée d’une vive intelligence, son esprit s'ouvrit avant l’âge aux sublimes conceptions de la religion chrétienne. Elle était à peine entrée dans sa treizième année, quand son père menacé d’une guerre injuste, re rendit à Rome, et, ne pouvant se séparer de la reine ni de sa bien-aimée Philomène, il se présenta avec elles devant Dioclétien. Celui-ci, sur sa de- mande, consentit à ne pas exécuter ses belliqueux projets. Mais, frappé de la rare beauté de Philomène, il y mit la condition qu’il lui donnerait sa fille en mariage. A cette demande imprévue, le prince, tout interdit, s’inclina profondément en signe d'adhésion. Le visage de la reine resplendissait de joie, tandis que celui de Philomène était empreint d’une profonde tristesse, Une fois! rentrés dans leur demeure, les parènts pressèrent leur chère enfant d'accéder aux désirs de Dioclé-
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tien. Relevant alors sa jolie tête qu’illuminait un rayon céleste, elle leur dit avec un accent inspiré : “La fiancée du Christ ne saurait devenir la compagne d’un époux mortel, fut-il le maître du monde. Depuis un an, j'ai voué ma virginité au Seigneur, et ce vœu sacré je le renouvelle en ce moment à la face du ciel et de la terre.”
«La fermeté de la fille réveille dans l'âme du père les senti-
ments de courage et de foi, que l’ambition!y avait d’abord étouf-
fés ; il se rend auprès de l’empereur et lui transmet, sans aucun détour, le refus de la jeune princesse. Le tyran fut irrité et
ordonna au prince de ramener Philomène au palais. Le malheureux père revint chez lui tout troublé, et, cédant à la crainte que lui inspire le courroux de l’empereur, il conjure Philomène de revenir sur sa première décision. La reine joint ses instances, ses prières à celles de son époux ; mais, voyant qu’elles restent sans effet, elle tombe aux genoux de son enfant en versant un torrent de larmes.
‘“ O ma mère, relevez-vous, dit la jeune fille, dont l’âme était brisée de douleur, Relevez-vous, votre affection déchire mon cœur ; mais il appartient à Dieu seul. Nul autre désormais ne saurait le posséder.
“ —Non, mon enfant, répond la mère, je resterai à tes pieds, je les arroserai de mes pleurs. Nous verrons bien celle des deux qui triomphera de l’autre.
“ —Ce n'est pas moi qui lutterai avec vous, mère chérie ; c’est mon Dieu. C'est le vôtre qui combattra pour moi.
“ __ Philomène, lumière de mes yeux, soleil de ma vie, Cou tinue la reine, aie pitié de nous à qui tu dois le jour, aie pitié de ta patrie, de toi-même. Songe aux biens que tu perds,
“—Mon Dieu et la sainte virginité sont mes biens les plus
chers ; le Ciel, voilà mon royaume et ma véritable patrie.”
Le prince, voulant mettre fin à une lutte inutile, déclare à la reine et à sa fille qu'il est temps de le suivre chez l’empereur. Celui ci les attendait avec une impatience que chaque moment de retard augmentait encore. Aussi, grande fut sa joie quand Philomène parut de nouveau devant lui. Le tyran lui parla d’abord avec une grande douceur et employa pour vaincre les résistances de l’héroique princesse toutes les ressources, toutes les ruses diaboliques que l'esprit de malice mit en son pouvoir. Mais rien ne peut ébranler la jeune vierge. Alors Dioclétien la fait jeter, couverte de lourdes chaînes, dans uu noir eachot où pendant plus d’un mois il se rend chaque jour, afin de lui reuouveler ses menaces et ses promesses.
Philomène reste insensible aux unes et méprise les autres ; mais sa captivité se prolonge (elle duraït depuis trente-sept jours), et la sainte qui aspire de toutes les forces de son âme au bienheureux instant uù elle pourra enfin cueillir la palme du martyre, s’attriste de ne pas le voir arriver. Le Seigneur la console par une douce vision. Une nuit, Marie lui apparaît tenant le divin Jésus entre ses bras, et lui promet que dans trois jours elle verra la fin de ses maux. Ce ne sera . pourtant, ajouta la Reine du ciel, qu'après avoir souffert de rudes tourments pour l'amour de mon Fils.
- En effet, l'heure est proche où Philomène va être livrée aux plus affreux des supplices, et triomphera à la fois et des séductions de la vie et des douloureuses étreintes de la mort.
Dioclétien, voyant que les splendeurs du trône ne peuvent éblouir la jeune princesse, et que ses promesses séduisantes n’ont pour elle aucun attrait, la condamne à être flagellée ; ‘aussitôt ce corps virginal est attaché à une colonne, et n'offre
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bientôt plus aux regards de ses bourreaux qu’un assemblage de plaies sanglantes ei livides. L'empereur, qui en est averti, fait cesser cette cruelle torture, et l’innocente victime est re-
conduite dans sa prison où des anges la guérissent en versant
sur elle un baume salutaire. Dioclétien, apprenant cette nouvelle, fait comparaître devant lui l'héroïne de la foi, et s’efforce de là convaincre que c’est à Jupiter, le maître des dieux, qu’elle doit sa subite guérison.
“ Il vous veut, ajoute-t-il, pour impératrice de Rome, Ne résistez pas à ses ordres, acceptez la couronne et le sceptre que je vous offre.
“ —Le Dieu des chrétiens est le seul maître du monde, et vos dieux ne sont rien.
“—Voyez cette couronne d’or et ce sceptre, je vous le donne en signe de puissance, d’amour et de pardon.
“Qu'on me rende mes chaînes, je le préfère à votre or, à vos richesses, à un trône souillé.
—"C'est assez souffrir de tes insultants dédains ; tn rejettes le bonheur et la gloire, eh bien ! je te donnerai la douleur et lignominie,” s’écrie l'empéreur, et en même temps il ordonne que Philomène soit précipitée dans le Tibre, une ancre au cou, afin que sa mémoire y soit ensevelie À jamais. Mais Dieu, qui se rit des menaces de l’impie et déjoue, quand il lui plait, ses criminels desseins, envoie au secours de la jeune vierge deux messagers célestes. Ceux-ci coupent la corde à laquelle l'ancre est retenue, puis sur leurs ailes rapides ils emportent Philomène et la déposent pleine de vie sur le rivage. À lavue de ce prodige, plusieurs païens se convertissent : mais le cœur de Dioclétien, comme autrefois celui de Pharaon,
s’endurcit de plus en plus, et, dans un accès de rage, il com-
mande que la protégée des anges, après avoir été traînée dans les rues de Rome, soit transpercée d’tne grêle de dards les plus acérés. (Cet ordre barbare est exécuté avec une telle rigueur que, lorsque Philomère est reconduite dans son cachot elle semble prête à rendre le dernier soupir. Cependant Dieu
qui lui ménage d’autres triomphes, lui envoie un sommeil réparateur et, quand la martyre s’éveille, il ne lui reste plus aucun vestige de straits qui l'ont percée. Dioclétien, averti de ce nouveau miracle, ordonne que le supplice de la veille soit renouvelé devant lui. Mais, Ô prodige! les arcs demeurent impuissants et les flèches immobiles. A cette vue le tyran sent redoubler sa fureur, il traite la sainte de magicienne,et, par un raffinement de cruauté, il fait tremper les flèches dans une | fournaise ardente et soumet Philomène à cet affreux tourment ; mais ces dards enflammés, après avoir parcouru une partie de l’espace, retournent en sens contraire pour atteindre ceux qui
les avaient lancés. Plusieurs tombent morts, d’autres se convertissent, et le peuple, témoin de cet étonnant spectacle, fait retentir les airs de cris d’admiration et de joie. Dioclétien, craignant une sédition, décrète que sa victime soit sur le champ décapité. Philomène entend sans pâlir cette sentence suprême, et reçoit en souriant le coup qui, en brisant ses liens mortels, l’introduisit au céleste séjour, revêtue de la double gloire de la virginité et du martyre.
“ Le jour, si heureux pour Philomène, de sa réunion à son divin époux, fut un vendredi, et l’heure de sa mort la troisième après-midi, la même qui vit expirer le Rédempteur du monde.”
Le bon Recteur survint. Il me montre, dans le tombeau de l’autel de droite, les trois tuiles en terre cuite qui fermaient le loculus de la martyre aux catacombes. L'inscription est éche-
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