I. M.Mals
Voyage dans le Sous
Comme je le disais un peu plus haut, le séjour de la Mission dans la région de Mogador ;i été d'assez longue durée el cela par suite des difficultés toul à fail imprévues < j n 'a eu à surmonter M. de Segonzac pour organiser la caravane donl il allail assumer la lourde responsabilité.
[I faut avoir assisté à ces préparatifs laboi'ieux, avoir vu l'infatigable explorateur ;'i l'œuvre, pour se faire une idée de la complexité il une pareille entreprise dans un pays comme le Maroc.
Il esl très difficile ici de se faire accompagner longtemps par des indigènes, surloul dans îles I ri luis lointaines. Ce n'esl pas qu'il soil impossible de trouver des Musulmans assez dévoués ou qu'il répugne a ces derniers de collaborer à l'entreprise d'un roumi ». Non, le Marocain, d'un naturel bon el généreux, s'attache même très lacilemcnl à l'Européen donl il reconnail la supériorité an poinl de vue de la persévérance el de la volonté; mai- il n'aime pas à - éloigner de -<>n toit.
Il n'y a pas <\<' voyageurs, au sens vrai >\\\ mol, dans le Pays du Moghreb, parce que toul indigène esl -- sauf recommandation pressante d'un personnage connu — considéré comme un étranger dans une tribu qui n'esl pas la sienne. Il esl, m conséquence, tenu en suspicion, à tel poinl qu'on peul lui refuser l'hospitalité, pourtant chose sacrée en pays musulman, el même le prier de passer son chemin. Aussi un homme plein de bonne volonlé el de
hardiesse dans son village devienl-il timide et craintif loin de chez
lui.
M. de Segonzae a pensé, après de louables efforts, qu'il était préférable de nous séparer et, comme pour encourager ses collaborateurs, il assuma, avec ses vaillants compagnons Si Saïd Uoulifa el Si Abdel Aziz Zenagui, la tâche périlleuse de se lancer à travers les régions impénétrées «lu Haut-Atlas oriental.
Le chef de la Mission nous a donné, à M. de Flotte el .à moi, un
Lé icniage de confiance en nous laissanl toute latitude pour le
programme de nos explorations ultérieures. Nous nous sommes sculemcnl entendus de façon à élargir, le plus possible, le champ de nos investigations.
Sans doule l'inconnu s'ofiïail [tarloul dcvanl moi, du moins en Bled es siba, mais il élail imporlanl de combinera l'avance une série d'itinéraires qui me permellraienl de déduire de mes observations des conclusions d'ensemble.
I n problème très intéressanl se présenlail nalurellemenl à cel éo-ard, celui de la structure de la chaîne du Haut-Atlas.
Cette question de géologie el de géographie physique a déjà excité |a curiosité de bien des savants, el des noms comme ceux de Balansa, Hooker, von Kritsch, de Foucauld, Thomson, Brivcs, Lemoine, etc., \ sonl attachés.
Mais le flanc méridional de la haute chaîne n'avait jamais été parcouru par un géologue1, de même l'immense étendue de ce revers M,1. comprise entre le col des Bibaoun el le col du Glaoui, n'avail été traversée qu'une fois, le long de l'Ouad Talekjount, à une cinquantaine de kilomètres à l'esl du Tizi Jerba, jusqu'à la plaine du Sun-, par l'éminènl topographe le capitaine Larras.
I M. Brives esl le seul géologue qui ail recoupé l'extrémité occidentale du
llaul Alla- clans la région .1rs Kuala, la parti icidentale des Ida ou Tanan el la
rég llorale .lu Sous jusqu'à Tiznil en suivant, à une variante près, la route
m h x sur la carte de M. de r'ioltc.
Je me suis alors donné la tâche de recouper ['Allas, le plus souvenl possible, el de parcourir son versanl méridional sur une étendue d'environ 300 kilomètres, depuis la côte atlantique.
J'étais préparé à l'entreprise scientifique que j'allais tenter par lr> recherches géologiques que j'ai poursuivies, duranl de longues
■ TINÉRA1RE