Ou Quaïd des Mttfuga
2. Le c nerce d'esclaves se fail couran ni au Maroc, notammenl dans û
Sous, où l'on rencontre beaucoup de noirs. Je me suis même laisse affirmer qui
VOYAGE DANS LE SOLS. >x,
Tiggui, deux jours, durant lesquels nous demeurerons chez lui ; il
nous pro I de faire diligence; mais, s'il étail retenu par quelque
considération de service, son fils nous accompagnerait.
Jesouhaitebienardemmenl laréalisation des projets du Chikh, mais jesuis, detoutefaçon, rassuré on faisan! lac laissance de sonfils.
Si Abdallah meséduil rapidemenl par sa physionomie intelligente et ouverte, par son air décidé. Il offre de me suivre partoul où je voudrai le conduire; il me semble même désirer dans son for intérieur que son père soil retenu par le Qaïd des Mtouga.
22 décembre. — Je suis doue immobilisé à [mi n Tanoul au ins
pour deux journées, que je vais tâcher de mettre à profil en excursionnanl dans les environs.
Cou nous suivrons, pour atteindre le Sous, la vallée de l'Ouad
es Seratou, je décide d'aller examiner la structure des derniers contreforts de l'Atlas, dans la coupure que forme la profonde dépression de I < Mi.-ul es Seqssaoua.
Abdallah m'accompagne avec son cousin El Hoçaïn.
Nous n'avons rien à emporter que noire déjeuner, car nous trouverons pour le soir, si besoin est, un gîte dans la vallée.
Nous remontons d'abord le cours de l'Ouad es Seratou, donl le thalweg n'a pas moins de I à 500 mètres de largeur. Lari\ ière s'esl fait un passage dans les alluvions anciennes qu'elle a ravinées sur une profondeur considérable. Son lit, large d'une quarantaine de mètres, est complètement à sec parce que nous sommes à l'étiage el que I eau esl déviée sur la rive gauche par un canal d'irrigation. Par toul les berges de la rivière offrent un paj sage riant et fertile.
On me montre, sur notre droite, un vieux bordj qui représente, parait-il, la Qasba es Soltan lakehal1, tandis que nous laissons, sur notre gauche, le village de Tarroujaj.
ific était, à certaines époques, très largcmcnl pratiqué aussi ~nf des marchés placés ;'i proximité de Mogador. comme le Souq el Khemis, des Mcsl I. Casba du Sultan noir.
D.\ \s II BLED ES SIBA.
\\,uil d'atteindre les contreforts de la montagne, nous obliquons vers l'est pour gagner la vallée parallèle. Il nous faut pour cela gravir la terrasse quaternaire la plus ancienne, qui présente encore la même constitution qu'auprès du village d'£7 Hoçaï/i; ce sonl les mêmes alluvions argileuses el sableuses, avec graviers, cailloux roulés, donnant un sol très fertile el d'ailleurs bien cultivé. Mais ici ces dépôts onl une épaisseur considérable qui peul atteindre m> mètres. Leur puissance tienl en partie, à îles éboulis descendus des pentes el qui sonl venus se mélanger à l'alluvionneineiil produil par les cours d'eaux el par le ruissellement.
L'entrée de la vallée de l'< luad es Seqssaoua es) très pittoresque; elle forme connue une porte étroite qui s'ouvre vers l'amonl sur
i nuire vallée large, aux flancs abrupts, terminés par îles
falaises à pic; tandis que vers l'aval on aperçoil l'immense étendue de la plaine de Marrakech. Les Marocains désignenl ce passage sous le nom de Foum es Seqssaoua1. Il n'a pas plus de 200 mètres de largeur el esl creusé à travers «les bancs de grès el de calcaires forlemenl redressés. Vvanl que ces lûmes a ici il été attaqués pari éro-
I. Je ferai remarquer à ce sujel que lous les Musulmans du Maroc, de même que ceux de lous les autres pays de l'Islam, dans le Nord de l'Afrique, ont, dans
leur vocabulaire, des ts '|iii délinissenl neltemenl les principales « formes
du terrain ». On peul môme dire que la langue arabe a. à ce poinl de vue, une richesse que la nôtre pourrai! lui envier. Ainsi, par exemple, tandis que le mol
djebi ! défini I une n tagne, d'une manière générale; dnhar (dos) signifie une
colline arr lie, draa (bras) une colline allongée, sif (sabn i bi dur de calcaires mi de grès déchaussé en forme de lame de couteau; gara (gour au pluriel)
signifie plateau isolé par l'érosion el couronné par lable de roche dure
calcaire, gréseuse, etc. Les dialectes berbères ne le cèdenl en rien, à ce poinl de \ ue. .1 la langue arabe, el les mots d'une signification topographique comme ad'var
lai! r'il colline), ari crèle), lisi (col), etc., > sonl égale ni nombreux.
Chaque lois q lans le Sud-Marocain une vallée s'ouvre brusquement dans
une autre plus large ou dans une plaine, les indigènes donnent à ce débouché le
i d'uni ou de foum (bouche), ("esl ainsi que j';ii vu les ni n Takandout,
[mi n Tanout, Imi n Seqssaoua qui répondent lous à une même caractéristique topographique. lin ce qui concerne l'entrée îles Ouad es Seratou el Seqssaoua,
dans la plaine de Marrakech, comme la langue aral si aussi répandue que la
langue chleuh dans ces régions du \ord de l'Atlas, lonnc égalemenl le nom de
el Klieni à la première gorge el relui de F n es Seqssaoua à la seconde.
l'ig- GO. — Fou - Seqssaoua. rive droi
sion, pour laisser libre cours à l'écoulemenl des eaux de la vallée,
ils avaient subi, exactemenl aumèi mdroil el sous les efforts de
plissemenl de la chaîne montagneuse, une importante cassure ou Faille: simple coïncidence de deux effets naturels dus à des causes différentes.
A l'entrée de la vallée se trouvenl le Souq el Tlela Seqssaoua cl la Qasba Si,/, Mohammed el Bekal, entourée de beaux jardins d'oliviers- ' n peu plus loin lloudjen, avec son Mellah assez importanl, esl bâti sur une berge escarpée el dans un site pittoresque. La rivière, entourée de canaux d'irrigation qui fonl la fertilité des belles cultures qui - échelonnenl sur la rive gauche roule, avec un courant rapide, '1rs eaux claires dans un lil de 6 mètres de largeur sur 30 centimètres de profondeur.
Nous remontons le thalweg dont la richesse se maintient jusqu'au près du village d Imi n Treli\ oî - s arrêtons | r déjeuner.
'•;i partie de la vallée que is venons de parcourir esl creusée
dans des sédiments crétacés, formés de couches rouges avec g\ pses intercales, surmontés de grès jaunâtres, puis de calcaires marneux el compacts. Ce sonl ces derniers, disposés en bancs rigides, qui constihienl les parois de la gorge de Foitm e.s Seqssaoua.
I... m,'. paysage rianl se i tre d'un boul à l'autre de noire
,-oule, de même qu'aux environs à'Aït Ouaïnna situé au bord de la rivière el au pied de l'escarpemenl de la rive droite.
A partir à'Imi/i Treli, l'aspecl change c plètement; is foulons les schistes primaires .'I la vallée, d'abord assez, largement étalée dans les sédiments secondaires, se Irouve ici resserrée.
Ii-. ci. — Vallée il<
•l village >r Vil Ouuïn
Les indigènes onl encore compris ici celle parlicularilé lopographique en la désignanl sous le nom Mmi n Tieli.
Je n'ai pas l'intention de rei iter davantage le cours de l'Ouades
Seqssaoua, parce que je pense que les schistes primaires doivenl sc poursuivre très haul dans la montagne, peut-être même jusqu'aux crêtes de l'Atlas : je me rends compte d'ailleurs que la marche deviendrail difficile dans des ravins couverts de broussailles el que, par conséquent, je ne pourrais pas aller bien loin étanl donné le peu ,1,- temps donl je dispose, -le préfère donc continuer mes recherches dans les terrains crétacés du pied de la chaîne.
Nous revenons un peu sur nos pas, pour ren 1er un ravin de
o-auche qui va m. us rapprocher de la vallée de l'< >uad es Seratou el qui porte le nom d'Ouad 1'/:/.
VOYAGE DANS LE sois.
Cette ascension me permet d'observer plus à l'aise une partie des terrains crétacés, cl elle nous mène au Tizi Ouarioun où je découvre, dans des grès jaunâtres, de beaux fossilesparmi lesquels des ammonites donl je m'efforce de recueillir de beaux échantillons. i le col se trouve sur l'arête qui sépare la vallée de Tizi d'un affluenl de la rive droite de I '( luad es Seratou.
Nous allons demander l'hospitalité dans un village voisin, du nom de Dar Tizi Ouarioun.
23 décembre. — Nous avons eu, hier soir, quelques difficultés pour obtenir un gîte el un couscous, parce que l'ami sur lequel Si Vbdallah comptai! étail absent. Mais toul esl changé aujourd'hui '•I celui qui nous a reçus avec défiance, après un long palabre, ne sail plus que faire pour me laisser le meilleur souvenir pu- -il. le de — < ► 1 1 hospitalité.
•I ai eu la chance, il esl vrai, de pouvoir apporter quelque soulagement à ce brave homme : il esl miné par la fièvre depuis plusieurs semaines el un comprimé de quinine lui a permis de passer une
I e nuit; déplus, j'ai guéri un de ses amis qui souffrait d'une
\ iolente névralgie.
Il n'en fallait pas davantage pour me faire immédiatement, dans le village el |>lu- loin encore, une renommée de grand médecin, dont je verrai l'inconvénient toul à l'heure; mais elle m'a tout au moins permis de demeurer un peu à Dar Tizi Ouarioun el d'aller I" nu I li ■ c à mon aise, le gisement fossilifère que j'ai découvert au col.
Pendant qu on nous apprête un déjeuner où rien ne sera épargné, nous descendons, par un chemin en lacet, la pente raide de l'escarpement au-dessus duquel esl perché le village el nous passons plus de deux heures à la recherche des ammonites, des coquilles bivalves nu gastropodes qui abondent au Tizi Ouarioun.
Je comptais faire l'ascension du Djebel Ourgouz pour redescendre ;i [mi n Tanout; mais, de retour chez notre hôte, une déception m'attendait que je devais à mes prétendus talents médicaux.
mu DANS LE BLED ES SIBA.
Le Chikli ol Bihi, qui jouil d'une certaine autorité dans le pays et habit le village à' Aït Ouaïnna, que nous avons vu hier au fond de la vallée, est, paraît-il, très malade. A la suite des soins élémentaires
que j'ai do ;s ici, on esl allé le prévenir de ma présence, el le
moribond s'esl efforcé, sans \ parvenir, de monter sur une mule pour venir me trouver. Il me fail demander d'aller le voir.
Note hôte el une dizaine d'hommes qu'il ;i réunis à déj euner insistenl pour que j'aille \ oir I,. chef de leur douar : - Allah ikhallasek' - - me disent-ils — si lu peux li' soulager, car nous l'aimons
.le ne puis faire .Mil remenl quedeme rendre à leurs instances, cl je renonce à mon premier projet ; mais,
I • mettre à profil ce retour sur mes pas, je décide de suivre la
crête des contreforts au-dessus de la plaine entre le Djebel Ourpouz el Foum es S<,>iss<n>tifi .
Je n'ai pas eu à regretter ce changemenl d'itinéraire, car j'ai pu relever une coupe géologique el avoir, de la crête, un coup d œil d'ensemble sur la vallée de l'Ouad es Seqssaoua ci sur son débouché dans la plaine.
Les couches crétacées le- plu- élevées son) les mêmes que celles que nous avons recoupées au nord, notammenl dans la eh ni indu Boit Zercroun qui semble représenter une ondulation affaiblie
LZï=. >= 1£!
Dar ïi/i (ln.in
I I tien il- paiera.
I ig 05. — Vue de Founi es Seqssaoua.
des derniers plissements de l'Atlas. Les contreforts septentrionaux de la haute chaîne sonl constitués par la série des terrains crétacés de l Ouad es Seqssaoua el sonl couronnés par des calcaires en bancs rigides, redressés el formant, entre le Djebel Ourgouz el Foum es Seqssaoua, une arête aiguë que les indigènes désignenl sous le nom de sif1.
Ces mêmes bancs se prolongenl au bord de la plaine, sur une
étend l'une cinquantaine de kilomètres, el les rivières comme
l'Ouad es Seratou, l'Ouad Ameznaz ri celle que nous avons sous les yeux, onl dû entailler profondément cette puissante barre calcaire pour se faire jour dans la plaine; c'esl ainsi qu'onl pris naissance les passages relativemenl étroits de Foum es Seqssaoua ■ el de Foum '•/ Kheni.