I.:, descente esl difficile parce qu'elle esl In'- abrupte
Nous arrivons vers une heure ;i Dar Chikh el Bi/ii. On nous fail
attendre quelque temps avanl de nous recevoir, mes hommes el i.
Je suis enfin introduil avec un certain décorum. Le Chikh, un I d'environ quarante-cinq ans. se trouve dans une belle pièce
couverte de tapis. Il esl assis sur de riches coussins de Marrakech : une dizaine de personnes l'entourent.
M m'accueille de façon très affable : il sait queje suis médecin, que je cherche <l<\s plantes pour l'aire «les remèdes, el il s'offre à me faire protéger partout où s'étend sou autorité. Malheureusement il ne peu! m'êlre d'aucune utilité parce que mon bul esl d'explorer le Sous, c'est-à-dire «les régions bien éloignées de sa tribu.
Il mi' semble, d'après les vagues renseignements que je puis en tirer, que le Chikh souffre de fièvres palustres ; ce n'esl pas. du reste, le premier cas de paludisme que je rencontre dans les environs d'Imi ii Tanout. Je ne [mis. à mou grand regret, obtenir une confirmai ielle de ce que je pense sur sa maladie parce qu'il m'esl
difficile de le questionner plus longtemps. Os lions .Musulmans. qui n'onl jamais vu de médecin de la ville, considèrent qu'on doit, au premier abord, reconnaître exactement ce donl ils souffrent ; un docteur doit se contenter de regarder son malade pour savoirquels
-oins lui donner. Sans plus insister, je nie décide à soumettre le mien à un régime de quinine assez doux et je promets de lui envoyer d'Imi n Tanout les remèdes que nécessite son état '.
Après une collation composée de gâteaux el de miel, arrosés de nombreuses lasses de thé, je prends congé de noire hôte.
Je me rends compte de la satisfaction que lui a procurée ma visite, el Si Abdallah esl fier de m'avoir accompagné et amené auprès du Chikh des Seqssaoua. Il pense que cela ne pourra que lui attirer les bonnes grâces de cel homme puissant el riche; il ne s'en cache pas, d'ailleurs, el me remercie d'être ainsi revenu sur mes pas jusqu'à Ait Ouaï/t/ia*.
I. J'ai nppris deux i-. plus tard, par notre agent consulaire ;'i Marrakech, que
' hikli el Bihi qu'il venail de voir, se disail complétemenl guéri par mes médi
canients cl qu'il réclamail ma visite. Il ;i\nil naturellemenl appris, quelque temps passage, ma qualité de Français. Malgré cela le Chikh me «ardait,
parall il. une très grande reconnaissance. •-'. (in peul se rendre compte, d'après les pages qui précèdent, de l'importance
d'une organisation médicale, comme moyen de pénétration au Murer. Rien ne
VOl AGE DANS LE SOCS. 103
Nous regagnons la demeure du Chikh Ahmed, par le même chemin que nous avions pris la veille, en passani par Foum es Seqssaoua.
24 décembre. — J'ai éprouvé, en arrivant à I mi n Tanout, hier soir, la déception de n'y trouver de nouvelles, ni de notre hôte, ni du reqqas qui devait m 'apporter mon courrier de Mogador. Je me \hi> donc dans l'obligation de passer ici une journée de plus; et je ne puis mieux employer mon temps qu'en visitant l'entrée de la vallée de l'Ouad es Seralou, que j ;ii déjà citée sons le nom de Foum el Kheni.
Je fais cette excursion avec les mêmes guides. Nous longeons un canal d'irrigation creusé sur la rive gauche de l'ouad qui coule fréquemment sous de beaux Imh's d'oliviers; nous atteignons ;iinsi le Triq es Sous1, aux abords <le I importante Zaouïa Sidi Ali ben Salah. Nous laissons 'les deux côtés du thalweg des villages, une qasba, un marché Souq el Tenin . pour traverser plus loin la i'i\ ière.
L'Ouad e-, Seratou dont le lit n'a pas plus de lm,50 de largeur sur H' centimètres de profondeur, ;i un courant rapide; mais il ne roule qu'une assez faible quantité d'eau parce qu'il est dévié, un peu en amont, par de larges canaux. Enfin, si l'on remarque que nous sommes ;i l'étiage, on voit que cet affluent de l'Ouad Kahira, sans atteindre le débit de l'Ouad es Seqssaoua, a néanmoins une certaine importance.
boum el Kheni, comme son congénère Foum en begssaoua, est formé de murailles calcaires el gréseuses, qui atteignent des proportions considérables el ne laissent à la rivière, qu'un étroit
pourrai! mieux disposer les indigènes ei tre faveur que des soins donnés aux
malades. Aussi, indépendammenl de l'œuvre de haute philanthropie entreprise par la France en installait dans les principales villes de l'Empire Chérifien des méde mis el des dispensaires, il n'esl pas douteux que notre pays arriverail rai ilemcnl ainsi à se faire aimer des indigènes du Maroc, comme il l'esl des Musulmans de l'Algérie el de la Tunisie.