‹ Dans le Bled es Siba; explorations au Maroc. Ouvrage publié sous le patronage du Comité du MarocChapitre 20 sur 46 · I. Chemin du Sous · texte numérisé non relu

I. Chemin du Sous

[aine. La va

ans cliv ;uissi

passage pour se jeter dans ia

l,,|.oV que celle que j'ai parcourue hier, n'en donne pas moins

l'impressi l'être spacieuse à la sortie des gorges d'Imi n T. ut.

l'n peu plus loin, un ravin de droite descend de Tizi Ouarioun, sous le nom il OuadBrahi/n. Cette petite dépression sépare, au nord, la puissante série des terrains crétacés du Djorf entaa Nsara', du massif des Nsira formé de schistes primaires el de grès per ns.

Ce pic esl dans le prolongemenl du Djebel Ourgowz, donl il a la

constituti ■! la structure. C'est ainsi que je retrouve .:i son pied

méridional les grès j; !S de Tizi Ouarioun. Ils se i itrenl sur la

rive droite de VOuad Brahim aussi développés, mais beaucoup plus fossilifères; j'y fais une récolte très abondante d'ammonites el

d'autres coquilles de mollusques, el s compagnons s'intéressent

,-,, ie i h cette recherche qui leur paraîl pour le moins

singulière.

Vprès avoir chargé un âne de nos importantes trouvailles, nous allons à Agadir Ouarisa, village situé au confluenl de VOuad Brahim e| de l'Ouad es Seratou, où habile le frère du Chikli Uimed qui

1 Le Pic 'lu Chrétien.

in:,

tienl i is faire les honneurs de son modeste logis el nous fail

servir un excellenl couscous.

I ne poterie importante qui fabrique des ustensiles pour I usage domestique, exploite ici les argiles vertes des terrains crétacés.

Nous sommes de retour, bien avanl la nuit, chez notre hôte d'Imi h Tanout. Nous trouvons là un mol du Chikh qui esl retenu chez le Qaïd Tiggui; il ne pourra donc m accompagner dans le Sous, mais il charge de ce soin son fils Abdallah cl lui fail toutes sortes de recommandations.

Malheureusemenl je n ai pas encore de nouvelles du reqqas que j ;ii envoyé ;i Mogador cl j'en suis 1res surpris. J'ai intégralemenl payéeel homme avanl son départ, parce qu'il me demandait l'avance île son salaire pour faire certaines emplettes ;i la ville; mais je ne puis |i' soupçonner d'avoir abandonné sa mission après avoir accepté mon argent. Ce sérail In première fois que j'aurais pareille déconvenue avec un messager marocain. D'ailleurs, si un reqqas étail ainsi susceptible de manquer ;'i sa parole, ce ne pourrai! être, il me semble, l'un des lils du Chikh il. {mai m ni chez lequel j'ai reçu si bon accueil.

Quoi i|uil en soit, il m'esl impossible d'attendre plus longtemps, je finirais par me brûler complètemenl ci rendre impossible mon voyage dans le Sous. En effet, je puis avoir des difficultés pour passer en Bled es siba, au col il''- Bibaoun, ;'i cause de l'opposition systématique du Makhzen; ses agents sonl là pour s'opposer à la pénétration du Sud par un roumi cl je m'expose à me voir fermer ce passage si mes projets sonl divulgués.

•le suis donc dans la nécessité de me mettre en roule ci je [\\e mon dépari au lendemain mal ne

Celte nuil de \oël se passe trislemenl. Je suis désolé de m'engagerdans un pays où je dois demeurer assez longtemps, sans communication possible avec le monde civilisé, alors que je n'ai pas reçu de Krance certaine m 'Ile que j'attendais avec anxiété.

|| es| fort tard lorsque je puis songer à prendre un peu de repos, parce que je dois expédier un assez forl courrier pour Mogador, en même temps que Loules les récoltes que j'ai faites depuis mon dépari ,1,. cette dernière ville. J'ai à ma disposition, à cel effet, un homme sur lequel je puis compter, le neveu du Chikh Ahmed.

25 décembre. J'aurais voulu partir de très bonne heure; mais j'en suis empêché par une foule de visiteurs qui, apprenanl mon départ, viennenl lemander quelques consultations el des médicaments pour eux ou pour des malades de leur maison.

j'.,j Ull moment l'idée de prolester. J'ai déjà passé deux ou trois heures de la nuit dernière à distribuer à l'un un purgatif, à l'autre de la quinine, au troisième un collyre, el voilà que des gens peu pressés attendent l'heure où nous nous mettons en route pour me demander (le- remèdes, sans même songer qu'il me faudra défaire u\\f partie de mes bagages pour leur donner ce donl ils oui besoin.

Mais je re^relle bien vite mou mouvemenl d'impatience devant la surprise que je viens de provoquer autour de moi. Je comprends - ce que m'explique d'ailleurs Abdallah, qui intervient en faveur d'1 ces visiteurs importuns — que tous ces -vus. un peu naïfs, considèrent comme incompatible la colère el la charité.

Je me mets d : à déballer la charge d'une des bêtes pour j

prendre ma boîte de pharmacie el nous pouvons enfin, après deux

heures de relard, nous mettre en roule, ace pagnes des souhaits

de bon voyage de Ions.

Xolre cavalerie s'est augmentée d'un âne aussi résistant que petit et qui servira le plus souvent de monture à notre nouveau compagnon Si Abdallah.

\mi- suivons jusqu'à Fouin el Kheiù le même chemin que In veille d il m'apparaîl ;i>s<v. nettement que h-- couches épaisses qui forment les parois des gorges, -oui disposées de la même façon que celles de Foum es Seqssaoun ri soûl également affectées par une cassure oblique, produite par la rupture d'un pli synclinal. Je

l'egrelle encore de n'avoir pu faire l'ascension du Djebel ruina Nsara qui m'aurail permis de relever en détail le profil géologique de relie intéressante montagne.

A la sortie de la gorge, nous faisons halle auprès de Sidi Abd en Naïni, parce que tous les voyageurs qui vonl au Sous s'arrêtent là quelques minutes pour rendre hommage à la mémoire du vénéré

Kig. fi5. — Halle nnprta tic Sidi Uxl fn N'aïm.

maraboul donl les restes reposent sous le modeste mausolée const mil au hord du chemin.

Non- allons remonter un certain lemps le cours de l'Ound es Se ratou. La piste est tracée dans un large lhahveg, recouvert de cailloux roulés ou de pierres éboulées de la montagne. La structure de la vallée offre une uniformité remarquable; le flanc droit est constitué par les schistes primaires du massif des \sira ; le flanc

gauche, par les ci lies des terrains crétacés, donl les hancs se

prolongent sur des kilomètres en une helle raille inclinée el

paraissant sill ée de lignes horizontales d'une régularité

géomél rique.

Le massif ancien est profondément raviné cl, au pied des vallées qui en descendent, on voit, mêlés à des éboulis, des amas considé râbles de cailloux qui, entraînés par les eaux superficielles, se sont accumulés au bas de la monlag I au bord de l'Ouad en

Fis. 00. — Thalweg de l'Ouad es Seratot

une série de cônes de déjections, atteignanl jusqu'à deux kilomc- Ires de largeur.

Tandis que les flancs du massif des Nsira sonl recouverls de thuyas el de chênes à glands doux', sur les dépôts torrentiels croissent d'innombrables amandiers qui s'étendent également à toul le thalweg. Quant à l'escarpemenl crétacé de la vallée, il csl peu raviné el presque nu, à peine tacheté par quelques buissons épineux.

Nous passons au SouqelHad* et je m'arrête un peu plus loin

pour permettre; s hommes d'aller faire quelques emplettes au

marché. A Imi n Isseli le che i change brusquement de direction ;

nous allions d'abord vers le sud-ouest, nous nous dirig s main-

tenanl vers le sud.

Nous traversons le petil défdé Imi n Isseli h la sortie duquel le Tizi ou Machou nous apparaît sous un aspect vraimenl féerique.

Le terrain permien, avec ses couches degrés et d'argiles, esl adossé au massif de schistes primaires que nous laisserons sur la

l L'abondance de ces chônes, donl les indigènes pauvres mangenl le fruil (bellout), fail aussi designer cette montagne sous le nom de Bellout. ■J. Marché ■ I n dimanche.

gauche, el sa couleur il un rouge cramoisi détonne étrangemenl sur le bleu du ciel.

Imi ii Lsseli donl les parois ^«>ni entaillées dans des roches aux Ions sombres el ternes, semble bien fail pour accentuer encore le contraste du lableau empourpré qui doil apparaître à sa sortie.

J'ai admiré là l'un des spectacles les plus saisissants qu'il m'ail été donné de contempler dans les montagnes et, pour en jouira m m ii aise, nous avons fail ;'i Irohaln une halle <1 ' u 11 e heure.

I u jour viendra peut-être où les touristes pourront circuler fa cil e m enl dans le Sud-marocain : alors, en tête iln programme des excursions à effectuer dans les vallées pittoresques du Haut-Atlas, il faudra placer celle du Ti/i ou Machou.

L'épaisseur des couches permiennes, dans celte région, est con si dérable et il esl intéressant de constater que le cours de l'< luad es Sera ton a épousé la forme du massif primaire des N'sira. Cela s'ex plique facilement par la grande résistance à I érosion des schistes siluriens qui le composent, tandis que les sédimenls crétacés, les

inférieurs surtout, sont, c le dans la vallée de Seqssaoua, très

faciles à désagréger.

Les grès et argiles rouges du Tizi ou Machou sonl à peu près nus; on \ voit seulement des broussailles très clairsemées, tandis que le massif plus ancien des ÎVsira est partout couvert de chênes qui se montrenl jusqu'à la bordure.

I rj Gï - [mi n [sseli

HO DA VS / I BLED ES SI HA

Il nous faut, pour atteindre le col, traverser une vallée assez profonde, vraisemblablement en continuité avec relie de l'Ouad Ameznaz, affluenl de gauche de l'Ouad es Seratou el l'ascension se fail lenlemcnl .

Nous croisons très souvent des caravanes; mais il m esl difficile iTen apprécier le nombre, parce qu'elles se confondenl avec les allées

el venues des gens des tribus \oisines qui VOnl au Sun// et Huit OU

en re\ iennenl .

.le suis obligé île me surveiller continuellement, car il ne faudrait pas laisser voir à tous ces passants que je fais la moindre observalion sur le chemin. Le Chérif s'efforce de donner le change à ceux donl la curiosité pourrai! être attirée sur moi en leur demandanl des nouvelles du Sous. C'est ainsi que nous apprenons que la ville de Taroudanl esl actuellement assiégée par îles tribus révoltées, mais que. jusque-là, la roule esl libre.

Auprès du col un Marocain qui fait, paraît-il, constamment le Inijel entre Mogador el le Ras el < luad, interpelle l'un îles miens à

i i sujet: « Cet homme — lui dit-il en me désignant — esl un roumi,

je l'ai vu à Mogador habillé en européen ».

Celte allégation esl inquiétante parce que nous ne sommes plus qu'à deux journées du Sous el que la nouvelle de mon voyage vers iv pays \ serait vite colportée. Mais mon compagnon ne se démonte pas el avec un air îles plus indignés : ■ Comment cet homme seraitil un roumi, lui qui voyage comme nous, qui mène la met ■xislence

que nous, lui qui mange avec ses doigts !... »

Celle dernière affirmation semble, paraît-il, ébranler la convielion île notre interlocuteur : « Tu as raison, je dois me tromper; mais j'ai été frappé de la ressemblance de ton camarade avec un roumi de Mogador ».

\.iii - allons camper non loin du col, à '/'//'/. en un point où se

trouve un ('< daq pour les voyageurs du Sous. Nous dressons

notre tente, qui me permettra d'écrire à l'abri du regard indiscret des caravaniers de passage.

VOYAGE DA VS LE SOI S. Ml

26 décembre. — A huil heures uns bêles sonl chargées; nous sommes t> rè l s à partir, lorsqu'il nous arrive un visiteur des plus inattendus.

Le fils du Chikh d'A/naïmat, celui quej avais envoyé en recjqas à Mogador ol qui n'a pu matteindre à Imi u Tanout, esl venu me l'ejoindre ici. Il esl arrivé à notre dernier camp hier soir et il a marché une partie de la nuil pour nous rattraper.

Il m'explique son retard. Il lui a fallu d'abord attendre l'arrivée du paquebot-poste à Mogador; de plus. M. Lemoine à qui je demandais certains instruments, n'étant pas encore de retour, le reqqas avail été envoyé à sa rencontre par Si Allai Abdi, jusqu'au Djebel Hadid.

J'avais bien raison de penser qu'il \ avail eu quelque chose d'anormal el de ne pas douter de la probité de cel ho ie.

Le malheureux parait exténué, car il a fail environ 120 kil êtres

en moins de vingt-quatre heures; mais il esl radieux, satisfait de pouvoir me dire que, malgré tous ces imprévus, il a encore pu me rejoindre el par suite remplir la mission que je lui avais confiée.

Puis, il a de bonnes nouvelles à m'apprendre. Il esl passé chez lui. AiiKiiiiuii se trouvant sur sa route; il y a vu le Chikh, -es frères el tous les gens du douar heureux de la bienfaisante pluie qui venait de lomber. ■ .-;i Allai avail raison, l'eau tanl désirée a rafraîchi nos récoltes assoiffées. Quand il reviendra, il sera le bienvenu chez nous; non- le considérons comme un ami. >

El tandis que je réponds hâtivement à un important courrier, afin

de profiter de cette bonn xasion pour atteindre la poste de

Mogador, ce brave homme, quoiqu'il doive avoir bien faim, mange distraitement les mets que je lui ai fail donner. Mais il ne songe pas à cela, lellemenl il esl heureux de raconter l'impression des gens de son village.

Moi aussi je suis heureux, parce que j'ai -ou- les yeux les lettres que je désirais, parce que les ivelles que j'attendais impaliem-

inenl sont lionne-..

Il-j DANS LE BLED ES SIBA.

Il esl plus de dix heures lorsque nous nous mettons en roule mais cela n'a pas d'inconvénienl parce que l'étape ne sera pas

longue.

N'ous sommes dans la haute vallée de l'Ouad Ail Moussi, figurée sur la carte au millionième el qui porte ici le nom d' Ouad Tagouïrort. C'esl toujours les grès permiens dans lesquels cette dépression a été largement creusée; au fond, la rivière s'esl fail un lil très étalé el de pari el d'autre croissenl d'inn brables amandiers.

Nous allons demeurer longtemps dans ce beau paysage, aux couleur- rouges, encadré dans le lointain par la chaîne de l'Atlas donl j'aperçois les crêtes blanches el le pic du Djebel Ifguig. .Mes hommes m'indiquenl la direction des cols de Tifirelt, de Sicli Mohammed el lloçaïn el des Bibaoun.

La vallée esl comprise entre le massif primaire, que nous laissons sur la gauche avec ses sommets élevés, el un plateau étendu au bord duquel se trouve le Djebel Amsri el les Ida ou Ziki. Ce plateau esl couronné par «les bancs calcaires, qui formenl une falaise à pic; ils appartiennent à une série de couches crétacées qui se ntrenl élagées nu-dessus du thalweg.

[ci encore la vallée de l'Ouad Ait Moussi, de même que relie de

l ig. 68. — Vallée de l'Ouad Tagouïrart.

l'Ouad es Seralou, esl creusée an bord du massif de schistes primaires.

!.'• chemin suil un certain temps la rivière, puis il s'en écarte à plus d'un kilomètre sur la droite.

Nous passons près du bordj eu ruines de Boit Take/noust, qu'on me dil avoir appartenu à nu Sultan ri. avanl d'arriver à ïalalirhan, agglomération assez importante, nous recoupons le conflucnl de

y ou a il yv.s.s i a m t

pour passer à ."><»

hh'I res il . [gadir ou Hou /ni ' .

•le suis surpris de constater la présence de l'arganier auprès de Talatirhan, -<>ii à plu-. île 000 mètres d'altitude, -li' ferai re-

*itS

Tiikcmousl.

marquer, a ce sujet, que celle essence lorestiere n avait pas dépasse le 10° 10' de longitude el l'altitude de 500 mètres entre Mogador

el Marrakech, du côté de Dar Mogaddem Messi I el dans le

Kourinat; elle se trouve ici reportée plus à l'esl cl à des hauteurs incomparablement plu- grandes.

Nous nous arrêtons au pelil village de Ti/neziarfiouï/t, silué au bord 'lu chemin el, afin d'être en sécurité pendant la nuit, nous obtenons, moyennant une faible somme, la permission île plan 1er notre tente dans la cour d'une maison, De celle façon nous n avons rien à craindre, parée que le propriétaire devienl en quelque sorte notre liôlc el se considère comme responsable de ce qui pourrait nous arriver, au môme litre que s'il nous offrail I hospila lile de -un toit.

i -i i du Chréli

UÂ VS LE BLED ES SIBA

i ig :n La vallée auprès de Talalirhan, l'Atlas dans le fond.

27 décembre. — A mesure que nous approchons du Sous, 1 inlérêl de ce \ oyage s',-i\ ive.

De nombreux explorateurs onl atleinl le col des Bibaoun, mais peu l'uni dépassé. MM. OsUar Lenz el de Segonzac, après avoir franchi ce passage, onl gagné Taroudanl par Kl iïad Mneïzla.

Le marquis de Segonzac a rapporté de relie partie «le ses explora- Lions des documents lopographiques 1res importants, tandis que sun devancier n'a fourni, après un voyage pourlanl hardi cl des plus méritoires, que des indications vagues, pour la pluparl peu scienliliques. Aussi \ avail-il beaucoup y glaner encore dans ceLle direction, surtoul pour un géologue.

Mais il s'agil d'arriver jusqu'à Taroudanl et, si possible, de

I rsuivre au delà. Ce qu'il \ a de plus à craindre, c'esl d'être

arrêté .:i la Nzala Argana par les agents du Qaïd Tiggui.

La journée du 27 esl monotone, au poinl «le vue de mes recherches spéciales, mais combien pittoresque! Nous nous retrouvons conslammcnl sur 1rs grès rouges permiens el nous suivons toujours le fond de la même vallée qui prend, un peu plus loin, à partir delà Djemaa Aïl Moussi, le nom de ce dernier village jusqu'à sun conlluenl avec l'Ouad Sun-, Nous atteignons seulement, m'a-l-on

VOYAGE DANS LE SOI S. I l!i

,lil. la limilc méridionale des N'sira, mais ce renscigncmenl me pnraîl un peu douleux.

I .1 vallée s'élargil considérablement, el les deux berges sonl souvenl recouvertes de beaux bois el de cultures.

Peu de temps avanl d'arriver h la Nzala Àrgana, donl le nom indinue clairemenl l'essence forestière dominanl km. non- entrons

Fig, 71. — Vue prisp du camp *\r Timeziadiouïn

dans la tribu des [da ou Ziki. L'Ouad Ail Moussi offre là un lil de G mètres de largeur sur 23 centimètres de profondeur.

Min île ne pas attirer l'attention des lu nés préposés ;i la garde

de la nzala. je laisse le Souéri cl Abdallab payer notre droil de passage qui s'élève à un demi-douro; ils déclarenl que je suis le laleb d'un chérif de Marrakech qui se rend à Taroudanl .

.le passe ainsi inaperçu. Les portes du Sou- me sonl ouvertes maintenant ; mais il s'agira de pouvoir \ demeurer le temps néces saire .:i mes explorations sur le revers méridional de I Ulas.

\ partir de la nzala le chemin quille la vallée de l'< tuad Ail Moussi pourremonler un affluenl de gauche descendanl du col des Bibaoun que nous \ oulons ;>l teindre.

La n lée esl un peu dure, mais très pittoresque. Nous suivons

I.' fond 'l'un ravin profond creusé dans h- grès rouges, qui sonl parfois fortemenl relevés; nous côlovons fréqnen ni nu pclil

Il ii !>\ VS LE BLED ES SIBA.

ouad donl les eaux claires roulent <'ii lorrenl sur un [il rocheux, ou bien le chemin se trouve perche" sur le flanc abrupt de gorges étroites.

Le laurier-rose, qui foisonne au bas de la vallée dans laquelle nous nous sommes engagés, .'i mainlenanl disparu el l'arganier commence ;'i décroître. <mi senl que nous approchons de régions plus froides; cependanl il n'y ;i pas de neige sur les montagnes

Iiï. 72. — l,.-i vallée de l'O. Ail Moussi el le plateau du Djebel Amsr

qui avoisinenl les Bibaoun. Il faut, à celle époque «le fin décembre, s'élever à plus de 2000 mètres pour en trouver des traces; c'est ainsi que le Tizi Jerba, qui n'a que 1500 mètres environ, est pralicable toute l'année.

Le Chérif s'inquiète très souvenl de la route auprès des caravaniers allant à Marrakech ou à Mogâdor. On lui confirme le siège de l'aroudant; un combal vienl même d'être li\ ré sous les murs de la ville el l'on parle de vingt-cinq morts el de nombreux blessés, Mais, ce qui est beaucoup plus grave aux yeux de mes hommes, c'est l'assassinat de deux marchands israéliles, égorgés sur le chemin par des gens qui voulaienl les dépouiller. Cela indique un étal d'esprit inquiétant chez les populations du Sous.

Vue prise au-dessus d'Agli

Je sui^ ennuyé de ces nouvelles, non pas que je considère notre sécurité comme menacée, mais parce qu'elles ne peuvent que démoraliser mes compagnons que je sens faiblir un peu depuis que nous avons dépassé la Nzala Argana. Je sais qu'il en esl presque toujours ainsi el que des muletiers, en apparence très crAnes en pavs calme, perdent de leur belle assurance à la moindre difficulté.

Mais ma déterminali -I bien prise ; je me refuserai à rebrous

ser chemin s'ils ont des velléités de le faire, cl il me semble que deuN d'entre eux, le Chérif el Si Abdallah, ne sonl pas susceptibles

de c mettre la lâcheté de m'abandonner s'il \ avait danger. Par

contre, je ne suis pas aussi l'assuré en ce qui concerne le Souéri.

Vglou esl très fréquenté des caravaniers; c'est un petit village ■ m se I rnii\ c mi foundaq.

Nous dressons notre lente sur une place qui domine la vallée, au milieu d'un las de gens campés à la belle étoile el faisant leur popote. La situation ne manque pas de pittoresque; mais tous ces nomades parlent, chantent, se disputenl jusqu'au matin.

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