‹ Dans le Bled es Siba; explorations au Maroc. Ouvrage publié sous le patronage du Comité du MarocChapitre 30 sur 46 · I. < . i .iii.i- ilu Sulli · texte numérisé non relu

I. < . i .iii.i- ilu Sulli

grès el d'argiles rouges, avec lits calcaires renfermanl des Iraces de coquilles. Ce- couches crétacées reposenl sur des grès el argiles de même couleur du Lerraiu permien, lequel esl fortemeul relevé '•I s'appuie sur de- schistes uoirs profondémenl entaillés par l'Ouad, qui coule ici dans de I ici 1rs gorges aux parois à nie.

Ce- schistes, qui donnenl de véritables ardoises, sonl intéressants parce que c'esl vraisemblablemenl là .pic le botaniste Balansa ;i recueilli des cm prei 1 il e> de végétaux de l'époque carbonifère.

''elle découverte esl importante puisqu'elle affirme, pour la première fois, la présence du terrain car] ifère dans l'Atlas marocain.

M. Paul Lemoine, dans la mission qui lui ,-i été confiée parle Comité du Maroc, s'esl efforcé quelque temps avanl moi. d'examiner ce> mêmes schistes (.| . malgré des recherches attentives, il n'a pu retrouver le gisement de plantes fossile-, de Balansa.

J'ai été un peu plus heureux que mon ami. Après avoir passé quelques heures .'1 casser, ;i cliver de- fragments de ce- ardoises au pied d un escarpemenl recouverl de nombreux éboulis, sur la rive gauche de l'Ouad, j';ii en effet, trouvé des traces de plantes qui confirment, sans précisémenl l'enrichir, la belle découverte du botaniste donl l'exploration remonte a l'année 1868'.

Les schistes ardoisiers formenl un petil massif recouverl de thuyas, de genévriers, de rtem, qui sonl assez espacés pour laisser voir un peu partout, la roche noire, ainsi reconnaissable de loin.

Nous apercevons du haul de ce massif la Zaouïa Moulai Ibrahim, où je voudrais aller passer la nuil ; mais le Chéri f ne parail pas être de mon avis.

Ce brave homme, qui a été -1 dévoué a ma cause pendanl toute la durée de mon voyage dans leSous, esl las de me suivre depuis -1

l ''n verra un peu plus loin que ma trouvaille esl aiuplemenl innée par la

découverte que j'ai faite, .-ni retour de mon voyage mu Djebel Siroua, à un niveau

- île '■.'- schistes, d'une belle l'aune qui place, en partie 'lu ins, les

schistes ardoisiers de l'< Muni R'er'al'a ;i la base du terrain 1 ai boni

DANS LE BLt U ES SIBA.

I |g, M", l i Zuouï'a Moulai Ibrahim.

longtemps; il a peur que je l'enlraine encore jusqu'aux crèles de l'Atlas el cherche mille petites raisons pour me détourner d'excursions lointaines, surtout dans les régions montagneuses. Il lui larde en somme de rentrer à Mogador.

Je me rends compte qu'il vaul mieux ne pas trop insister eljefais Mm. première concession en me détournant un peu de ma roule, pour aller camper, au bord du plateau d'Aguergour, auprès de Dar El

[lad/ Embarek. N'ous si ss là sur les mêmes bancs de calcaire

crétacé que j'ai observés à Aguergour n Qiq. Pour } arriver j ai dû, en quittanl les schistes carbonifères, traverser un ravin qui se trouve sur une fracture intéressante, laissanl voir un aftleuremenl tics marnes el gypses du trias qui semble bien se Iromer sur le prolongemenl du gîte salifère de l'Ouad Mis.

14 janvier. Nous avons reçu bon accueil d'El Hadj Embarek, el comme je n'ai rien à craindre dans ces régions makhzen, je nfi lui ai pas caché ma qualité de ri ii .

Il m'a cru loul d'abord parce que je lui ai offerl mes services ci;

VOYAGE l>.\ \ s / E SOI S.

devant un médecin européen, s'est découvert une foule de maux; il en a également reconnu à tous les membres de sa famille. J'ai ,|ù lui donner des médicaments, aussi nombreux qu'inoffcnsifs, convaincu de la parfaite santé de mon liôle et de huis les siens. Mais Kl ll;i<lj Embarek n'a plus voulu croire que j'étais un roumi lorsque le Chérif et Abdallah lui nul raconté notre voyage dans le

Snlis.

Il lui ;i bien fallu s'incliner cependant devant l'authenticité de ce

récit, aux détails circonstanciés que lui nul .1 »s mes hommes;

mais il ;i pensé que je voulais me vanter en me faisant passer pour un Européen quand jamais, disait-il, nu roumi n'avait pénétré dans

El Hadj Embarek, on le voit, n'était pas tout à fait au courant des hardiesses de l'exploration française : les noms de Eoucauld et de Scgonzac n'étaient pas parvenus jusqu à lui !

Quoi qu'il en soit, nous nous sommes quittés excellents amis.

Je voudrais bien aller encore jusqu'à Tagadirl ''I Bour, revoir cette partie très intéressante de la vallée de l'Ouad Mis. mais je suis convaincu que le Chérif ne peut décidément plu- me suivre.

Je prends alors le parti de regagner la route makhzen, de Marrakech ;i Mogador, par Amzmiz <>ù nous irons coucher ce soir.

Pour atteindre cette ville, uous avons à traverser tout \op/ntrnu il \guergoui\ dont j'ai eu l'occasion de dire la belle fertilité.

\ous passons au village de Tadrlert, puis auprès d Vguergour n Qiq où nous avons déjà campé une nuit, et nous descendons par la coupure profonde d'un ravin Ound Aguevqour n Qiq . entaillé dans les calcaires il'' la surface et qui semble s'être creusé ?i la faveur de la cassure qui traverse le plateau de part en part.

L'Ouad \li-, auprès de Taouzarf, a creusé son lit dans les allu \i<ui> quaternaires qui se montrent ici, sur une grande épaisseur et forment une succession déterrasses.

N'ous venons déjà d'en descendre trois sur une hauteur verticale de lit) mètres; sur la rive gauche, la puissance il'' ces dépôts allu

ISO DANS I I II! ED ES SIBA.

vionnaires esl encore plus considérable. C'esl ainsi qn ;'i la première terrasse, située à 10 mètres au-dessus du thalweg, en succède une deuxième de lu mètres plu*- élevée; tandis que la dernière esl approximativement a 130 mètres au-dessus de l'Ouad Sfis. Ces observations concordenl avec celles de mon .uni, M. l'.inl Lemoine, < j 1 1 1 avail déjà parcouru ces régions.

Ces alluvions, constituées parfois par des amas de cailloux roulés, sonl entaillées par des vallées profondes el bien arrosées. Les indigènes, à l'aide de canaux d'irrigation, lirenl parti de l'eau pour leur-- champs el leurs jardins, bien ombragés par l'olivier el l'amandier. Les villages sonl nombreux el nous rencontrons sur notre roule Taouc/igal, Arbalou, .1/7 Bouzid, Tizguiri et Tir/zi

Le chemin esl un peu long pour gagner Amzmiz; il nous faul recouper toute uni' suite de ces dépressions parallèles, descendues des pentes de la montagne, el nous n'arrivons qu'à la nuit.

Nous .'liions nous installer dans un foundaq assez propre, parce i|u on nous a empêchés de camper s m- une place de la ville.

17 janvier. — La sortie d Amzmiz offre un aspecl pittoresque, à cause de l'originalité de la ville cl de In végétation serrée qui l'en- Loure. Ce sonl. dans la vallée de l'Ouad Amzmiz, de beaux boi> d'oln ici''-.

lonl le long de notre roule nous allons ainsi traverser des bouquets de cel arbre, échelonnés sur les alluvions quaternaires, au pied de la chaîne; tandis que d'autres, non moins touffus, se montrent vers le centre de la plaine.

Non-, passons auprès ô'Azerou, au Souq el [vhemis, à Ait Ali. ;'i Dar en Ne/n.<t, à Rouzougaou Dirir. el nous allons demander I hospitalilé elie/ un ami d'Abdallah, à Zaoïtïet Ifen.sa situé dans les mêmes conditions pittoresques.

16 janvier. Rien de bien saillant dans '-elle journée.

Nous demeurons toujours dan- la plai I . à partir de Dar Qaïi

VOYAGE DA \> II SOI S |s|

Mzoudi, nous longeons le pied «le [a chainede l'Atlas, qui esl formé par une muraille de calcaires secondaires, d'abord redressés pour se plisser à l'approche de Foum es Seqssaoua.

Nous alleignons ainsi l'Ouad Kahira, après avoir traversé ou côtoyé les villages dVI/7 Minhal, Ait Ouardas, Sratout, Souci '•! Arba el Sidi Mansour Tagennourt, el nous arrivons vers deux heures à Dar Chikh Ahmed où je suis heureux de revoir des ligures .unies.

Contre mon attente, je ne trouve pas mon courrier. Le cousin d'Abdallah, El I loçaïn, devail aller le prendre quelque temps auparavanl à Mogador, mais il en ;i été empêché par la maladie. Il me faut donc regagner la côte le plus vite possible.

17 janvier. — Notre petite troupe esl augmentée <l El [loçaïn, dont l'âne \;i alléger la charge de nos pauvres bêtes.

\nu- allons suivre la route makhzen par Tiggui el Hun Rikki.

Jusqu'à I ilil nous sommes encore dans la plaine alluvionnaire de Marrakech, mais à partir de ce point, nous foulons les terrains secondaires el tertiaires.

La fracture que j'ai observée à Fqum es Seqssaoua el à Foum el Kheni se prolonge bien au delà de l'Ouad es Seratou, el les contre

Fig. Il 1. La plaine el la i haine de Bon

IS'i DA V.S / /• BLED ES SIB l.

forts de la chaîne .le l'Atlas se termine brusquemenl par une falaise

calcaire assez abrupte.

Vous son s sur les calcaires à silex qui se poursuivent, avec

une inclinaison régulière cl louj 's faible, vers le-- gour de Sidi

\|k| cl Moumen, pour se plisser brusquemenl clans la clinine de Htm Zi'rqoun.

La coupure de l'Ouad Ameznaz, à travers le dernier contreforl de ['Allas, offre de belles coupes géologiques qu'il sérail important d'examiner, mais je suis bien décidé à poursuivre directement mon chemin.

L'ouad A znaz, .:i l'endroit où nous le traversons, n'a plus qu'un

filel d'eau ; on voit dans la vallée des bouquets d'oliviers, tandis que partout ailleurs, le sol est à peu près nu.

Nous arrivons ensuite sur un plateau très intéressant, tant au point de vue de sa structure que de son rôle dans l'orographie du pays.

Ce plateau est constitué par des terrains à peu près horizontaux s'étendant, entre le pied de la haute chaîne, l'Ouad Ameznaz et le Bon Zergoun. De plus, il sépare le bassin de l'Ouad Kahira de celui de l'Ouad Igrounzar qui, -nus le nom d'Ouad Kseb, va se jeter dans l'Océan.

Enfin il est 1res fertile, couvert de champs de céréales, et l'on y rencontre quelques villages; nous passons auprès de l'importante Zaoaïa Trouloiikou. Nous sommes maintenant dans les Ida ou Talet el nous campons auprès d'une maison isolée sur le versant ouest du plateau.

18 janvier. — Nous descendons dans la vallée de l'Ouad Igrounzar par un ravin profondément entaillé, puis nous atteignons Dar Oaïd Tiggui pour nous arrêter le soie, à quelques kilomètres au delà <\f Tagouaoul, sur la rive droite de l'Ouad.

Oe trajet est instructif : la vallée suit, sur un certain parcours, une dépression svnclinale dans laquelle l'ouad a creusé les bancs

Page 1