FOI IGE DANS LE
I ig. 115. — [.a vallée tic l'Ouad [g zar.
- 1 1 1 n ■ i • i « ■ 1 1 1 - d'iiiie succession de couches il argiles, Je grès el de calcaires à silex.
Ces derniers sonl presque toujours arides; i 1 ^ sonl couverts d'arganiers, depuis <s kilomètres environ en amonl d Ail Biioul : tandis cju'au voisinage du Lhahveg on observe surloul l'olivier el l'amandier. Entin, des affleurements d'argiles el de grès &onl particulière menl propices à la culture des céréales.
19 janvier. — Notre dernière étape sera un peu longue, néanmoins je désire arriver à Mogador avant la fermeture des portes.
\n lieu de prendre la route tracée sur la carte, par Bon Rikki, i - quittons l'I iii.nl [grounzar pour traverser les Meskala.
C'esl ainsi que nous passons à Souq el Kliemis, auprès de Dai Qaïd Khoubban.
Nous recoupons la petite chaîne du Djebel Tamerzakl, formée des couches crétacées que j'ai rencontrées plus au nord, notamment dans le Kourimal et, en descendanl le flanc oriental de celle petite chaîne, nous laissons derrière nous la Nzala Ait Ameur située auprès de l'Ouad Kseb, a va ni d'atteindre le ? | el Arba.
Vous som s sur les grès tertiaires depuis un certain temps el
l'arganier, déjà abondanl sur le Tarmerzakt, forme «les Imis de |ilu> en plus serrés,
Nous suivons un chemin tortueux, contournanl une foule de jardins fi de champs enclos de murs en pierres sèches, jusqu'à la
'I fixée. Nous laissons Tagouïderl à notre gauche pour retomber
dans la vallée de I Ouad Kseb, toul près de Diabet, cl nous entrons à Mogador avanl le coucher du soleil.
Voyage dans les Ida ou Tanan
I ne semaine passée à Mogador m'a suffi pour classer mes noies, expédier mes caisses de fossiles el de minéraux, el mellre à jour ma correspondance délaissée pendant plus d'ui is el demi.
L'abondance des neiges sur les créles de ['Allas m'engagea ne pas Lenler une nouvelle traversée de la haute chaîne. Je me suis rendu compte en effet, dans le Sous, qu'à l'exception du col des Bibaoun el du Tizi n Test, praticables toute l'année, tous les autres passages sonl actuellemenl interceptés.
Je me propose donc de parcourir la région comprise entre le méridien de Tizi Jerba el la côte atlantique.
De nombreux voyageurs onl suivi les pistes marquées sur la carte; on peul citer entre autres, Thomson, le vicomte de Pou cauld, le marquis de Segonzac, le capitaine Larras. Récemmenl encore M. Brives a effectué un remarquable voyage en suivanl le même chemin el en faisant, à l'esl de l'itinéraire de M. de Koucauld, 1 » ' i crochel qui lui a permis de pénétrer, plus loin que ses devanciers, dans la tribu des [da ou Tanan qui descend des hauteurs jus qu'à la mer. entre le cap R'ir el l'Asif Tamerakhl.
I > •' 1 1 1 — le bul que je me propose, je dois constituer une nouvelle caravane. Le Chérifel Abdallah sonl usés, car ils s'affolenl à l'idée
daller dans une Iribu fermée, mê aux Musulmans ayanl la
moindre attache avec le Makhzen.
isi, DANS LE BLED ES SIBA.
Mon premier soin en arrivanl à Mogador, a élé de m occuper du Souëri qui s'ëtail si mal comporté à mon égard, dans mon exploralion du Sous. M. Jeannier ;i porté plainte contre cel homme, auprès
du Pacha de la ville, se basanl sur le (ail qu'il m'avail volé
somme de 120 piécettes, el le Gouverneur l'a l'ail incarcérer en disanl qu'il demeurerai! en prison aussi longtemps que je le voudrais. D'ailleurs, la malhonnêteté de mon ancien compagnon esl bien
connue; il a déjà purgé une peine de deux années il du [iris o n n ellii'lll pour nu vol importanl commis ;iu préjudice d'un négocianl de Marrakech.
1 l'un autre côté,
je récompense de
mon mieux le Ché-
rif et Abdallah
don! je m'attache
;i vanter la probité
el le dévouement.
Je promis deux
hommes à mon service, l'un un Tanani' sur lequel j'ai les meilleures
références el qui nous pilotera dans son propre pays, l'autre que
j'ai eu l'occasion de voir fréquen ml lors de n premier séjour
ici el que mon ami Si Saïd Boulifa, qui l'a mis à contribution
pour ses éludes de linguistique berbère, m'a vivemenl rec -
mandé. La suite me dira combien l'appréciation de mon collègue élail justifiée.
l-'ig. 110. - Moi pi
« Iriinnaire >\r^ [(la ou Tanan.
VOYAGE DANS LES IDA 01' l\\ l.V. Is7
Moulai Ibrahim est originaire de Tamgroul, dans le Draa, el il appartienl à une famille connue de cheurfa du Talilelt. Il \il à Mogadoroù il travaille de préférence pour les Européens, donl il esl 1res estimé.
.Je simplifie un peu ma caravane on supprimanl ma mule, car en outre des difficultés qu'elle m'a causées dans la liante montagne, j';ii constaté qu'elle me donnail une trop grande importance aux yeux des indigènes : el je porte à trois le nombre de mes Anes.
DE TAGOUIDERT A TAMERAKHT
27 et 28 janvier. — Si Allai Abdi s'offre à m accompagner jusque dans les [da ou Iceurn, <>ù il ■■• des amis qui ont déjà accueilli, sur sa recommandation, M. Paul Lemoine. il pense me faire donner là une lettre pour des gens du Sud et, si possible, me procurer un guide ayant des relations dans les régions que je me propose de ir.i\ erser,
\nii~. partons le matin delà Palmera el nous nous dirigeons, à travers la (lune vers le littoral, pour atteindre Sidi Kaouki donl la blanche qoubba s'élève au-dessus de la plage que nous allons suivre jusqu'à YOuad Arbalou.
L'Ouad Tidzi se jette à la mer à travers une barre sableuse de 150 mètres.
Les grès tertiaires affleurenl depuis le cap Si I formenl une
alaise de 10 à 20 mètres de hauteur qui laisse apparaître, en beaucoup de points, les terrains crétacés sous-jacents. Elle supporte, à l'extrémité d'un pelil cap, les ruines d'un ancien forl portugais, dans lesquelles on voit encore des canons de fonle. Là, le sol esl couvert de lentisques el d'herbes donnant d'excellents pAlura
Entre ce cap el l'embouchure de YOuad \rbfttou, la plage ton jours très belle, esl tachetée par un sable noir qui s'attache, en
IKK DANS LE BLED ES SIBA.
formant des barbes de pi e, à la lame de ;ouleau. Il esl formé
de petits grains de 1er aimanl, qui me semblent devoir provenir du lavage de produits volcaniques d'une région voisine. Je pense pouvoir élucider cette question un peu plus loin.
\.'(>iuiil Arbalou débouche à la mer entre deux falaises de 30 à 10 mètres de hauteur, constituées par des argiles vertes cl des lianes de calcaires el de grès, renfermant de nombreux fossiles crétacés. /Vu-dessus s'étendent les grès tertiaires.
Après avoir fait une lionne récolte, nous remontons un momenl la rivière, pour arriver sur le plateau au village tfArbalou. C'esl là que se trouve la maison de Moulai Ali qui va nous offrir l'hospitalité.
Celle étape a été des pins agréables, faite en compagnie de Si Allai Abdi el la présence de cet excellenl ami m'aidera encore à supporter mon internemenl de demain.
En arrivant nous apprenons, en effet, que le Qaïd l'huilons, qui m'avait fait rebrousser chemin lors de ma visite un moi- el demi auparavant, a donné des ordres pour m'interdire de circuler sur le territoire placé sons -mi commandement, cl noire hôte a peur que je ne soi- reconnu, parce qu'il pourrait être ennuyé par le potentat des Kuala. Si Allai Abdi me conseille vivement alors de ne pas sortir de toute la journée, pour ne pas donner l'éveil. Il ne faut pas m 'exposer a être ramené encore une fois à Mogador par les soldais du Qaïd ; cela m'empêcherait el pour longtemps peut-être, de faire le voyage que j'ai projeté.
Je suis donc dans la nécessité de demeurer enfermé, mais j'envoie le Tanani el Moulai Ibrahim à la recherche de fossiles, aux gisements que j'ai déjà vus dans le voisinage. Ils reviennent bientôt avec de beaux échantillons el déclarent avoir été surveillés par des hommes, que la venue d'un inconnu à Arbalou avait déjà intrigués.
29 janvier. — Afin de ne pas trop éveiller l'attention des gens du
VOYAGE DANS LES IDA 01 / 1\ l\. |X!l
pays, nous parlons de 1res bonne heure, à la poinle du jour. tandis que Si Allai Abdi, (jui doil demeurer quelque temps ici, sortira dans la journée pour laisser croire que je suis encore dans la maison de Moulai Ali.
L'un des lils de notre hôte, du nom de Moulai Ahmed, va nous servir de zellal jusqu'à Tamerakhl où habile l'un de ses ourle-..
Notre nouveau compagnon esl un jeune homme do 22 à 23 ans, à l,i physionomie sympathique el intelligente, aux manières distin guées.
Nous nous éloignons sans incident, par un chemin qui mène vers le sud. parallèlement à la côte. Nous traversons d'abord de belles cultures, des champs entourés de murs, pour pénétrer à partir de |,i qoubba de Si/// Mi el Mouden, dans un bois d'arganiers qui semble s'étendre ;'i tout le plateau tertiaire.
L'un de mes hommes me montre, sous un bel arbre, un trou creusé nalurellemenl dans les grès el soigneusemenl rccouverl de menues branches. Tout autour -uni accumulées des pierres prises sur le chemin el disposées en petits monticules. Le trou marque la trace ineffaçable d'un pied du cheval de Sidna Ali. beau frère du prophète, el les pierres sonl placées là parles voyageurs, en lémoignage de leur vénération pour le plus grand de- saints —
Le plateau s'élève graduellement en avançant mu-- le sud ; aussi, tandis qu'il esl entaillé, auprès de l'Ouad Tidzi. par des ravins de peu d'importance comme celui de YOuad Arbalou, nous laissons sur notre droite, de- vallées de plu- en plu- profondes qui des
eelldenl à 1,1 11101'.
La piste que nous ;i fail prendre notre zellal esl évidcmmenl la plu- commode; mais je m'aperçois qu'elle va me faire demeurer l' m le la journée sur le- grès pliocènes alors que je préférerais examiner les falaises. Je dois insister auprès de mes hommes, trop heureux de suivre une route presque horizontale pour obtenir do nous diriger droil \ ers la côte.
A col effol nous nous engageons dans une jolie dépression, creusée
< 1 ; 1 1 »< > ii I dans les grès tertiaires qui formenl le couronnemenl d une ^naisse série de sédiments crétacés. Des argiles vertes intercalées de calcaires marneux, sonl largement affouillées par YOuad Sidi \luned f't/ï/i que nous descendons; elles sonl très favorables à la culture; aussi la vallée est-elle habitée, el Guerou/ia, avec sa djemaa, \ constitue un assez importanl village.
Après une halte à l'embouchure de la rivière, nous poursuivons noire chemin sur le bord de la mer. Nous de lirons quelque
l for. in. La falaise crétacée el le plateau terli
temps sur la plage où je retrouve les sables aimantifères (YArbalou. .l'acquiers ici la certitude qu'ils proviennent de la désagrégation,
par les flots, de roches crétacées qui doivent renfer r cet oxyde
magnél iq ne.
Nous devons ensuite prendre une piste difficile, tracée sur la falaise abrupte formée de grès jaunes el d'argiles vertes couronnés par le plateau tertiaire ; j'observe à marée basse, à nos pieds, une terrasse d'abrasion comparable à relie de Casablanca.
Une végétation curieuse recouvre la côte sur une assez grande étendue; elle est composée de lentisques, d'asphodèles el d'une plante qui forme de très belles touffes, de pins de 1 mètre de diamètre, cl que le> indigènes désignent sous le nom de lallelt.
Le sentier que i s suivons, entaillé dans une paroi rocheuse
très abrupte el situé à une hauteur de 10 à 20 mètres au-dessus
VOYAGE DANS LES IDA 01 /'.l.Y.l.V m
de la nier, esl presque impraticable. Il esl étroit, couverl de pierres éboulées, el suil en lacets brusques les moindres anfractuosilés de la l'alaise. Aussi nos ânes ont-ils de la peine a marcher, el mes hommes ne les l'nnl avancer que In'"- lentemenl dans la crainle d'une chute qui scrail irrémédiable.
Mir notre parcours la région esl déserte, mais le plateau qui s'arrête au-dessus de nos têtes est, paraît-il, liabilé. De l'ail nous voyons de temps en temps, des troupeaux qui paissenl dans les beaux pâturages des grès tertiaires.
Nous arrivons ainsi an [mils de Bir Ikrou situé an débouché du ravin du même nom.
Nous sommes là auprès de lia-- fa fe In eh, qui apparaît avec une loiil autre constitution; il semble bien que ce cap soil produit par l'avancement dans l'Océan, d'un pli anticlinal de terrain calcaire dirigé de I esl à l'ouest. Il offre un Iront presque à pic, d'environ 60 mètres de hauteur.
Nous pourrions peut-être, quoique avec difficulté, contourner la pointe de Tafetneh : mais il esl préférable, afin de me permettre d en mieux saisir la structure, de recouper la montagne donl la partie supérieure esl désignée par les indigènes -on- le nom de Tagueitf.
La montée s'effectue en suivant un ravin assez profond, creusé dans les sédiments crétacés, au contael des calcaires de Tafetneh qui me rappellent ceux du I Ijebel I ladid.
Non- traversons là l'une des plus belles forêts d'arganiers que j'aie vues dans mes voyages et, arrivés à Boit D/ing, nous campons
auprès du village, dans un petit enclos donl le propriétaire is
fournil la nourriture de nos bêles el s'offre ; us servir d'nssa.s'
pendant la nuit.
su janvier. — Le malin, au lever du soleil, Vaguent m'apparail avec un aspecl étrange. Il forme un plateau à la fois aride cl fertile, un en certains endroits, couverl d'arganiers en d'autres.