I. Gardien
lihj DANS LE BLED ES SIBA.
Hou Dhag esl loul près de nous. Parmi ses maisons se détachent les deux lours carrées de l>;n- Chikh1 el loul autour ce ne sonl que jardins aux clôtures de pierres.
La vue esl assez étendue vers le sud : on aperçoit des sommets élevés se profilant au loin. Dans la direction du nord-est, l'horizon esl barré, à une faible distance, par une petite colline qui semblé offrir toute la puissance des grès tertiaires. El partout l'arganier se
l'i-. 118. — L/Asif Igouzoulen près de son embouch
détache, au premier plan avec son port massif, tandis qu il se projetle dans le lointain, comme autant de taches noires sur un sul en apparence aride.
Nous allons poursuivre notre marche vers le sud.
Non- descendons de Taguent par un chemin tracé clans un ravin encaissé, appelé Talat i Ips, pour arriver au bord de la mer. sur la belle plage à'Aff'es entaa Taguent*.
J'ai maintenant les données nécessaires pour établir la structure ilu plissement < I u cap Tafetneh. Il se montre avec des flancs assez redressés, entre lesquels les calcaires gris forment un toit ondulé
I Maison du Chikh.
Baie de Tacruent.
1 ii.-. 119. — Ras Tafetneh el la Baie de Tagiient.
dessinant sur le plateau, de faibles arêtes rocheuses el stériles qui limitcnl grossièrement de petites zones de culture.
L'Asif Igouzoulen vient se jeter à la mer, en coupant une barre sableuse attenant à une dune littorale peu importante; on est frappé de voir cette rivière déboucher dans la 1 > .- 1 i < ■ . a travers une série de bancs de calcaires el de marnes peu inclinés relativement à ceux du versant méridional du pli de tins Tafetneh.
Nous faisons halte au bord de l'Ouad pour déjeuner parce que je désire rechercher des fossiles dans ces couches crétacées. Il- sont assez nombreux en effet, mais forlemenl engagés dans les roches dures, el j'ai le regrel de laisser quelques ammonites dont l'une mesure 0 m. I'» de diamètre el pèse plusieurs kilos; elles aug monteraient trop rapidement la charge de nos ânes au débul de ce voyage.
Nous sommes ici à la limite du territoire du Qaïd Emflous, car I Wiï Igouzoulen sépare sa tribu de celle du Guellouli, el sur cette frontière se sont li\ rés, il \ a quinze jours encore, des combats sanglants. On me montre le retranchemenl dressé sur la rive gauche parles soldats du Guellouli el aussi de nombreuses traces de balles.
Après avoir quitté la rivière pour nous diriger un peu vers I est,
nous devons recouper la montagne en traversait la du jui
s'étend au fond de la baie el repose sur les argiles vertes crétacées nul sonl ici à peu près horizontales. Puis nous gra^ issonsle plateau tertiaire qui réapparaîl el va se poursuivre assez loin Lout le long
Les Ida ou Iceurn ne s'arrètenl pas à la limite des domaines du [vnafi, ainsi que l'indique la carte; ils formenl une bande littorale qui se poursuil vers le sud.
Sur quelques kilomètres, notre roule esl tracée dans le thalweg desséché de YOuad Assou/id, affluenl de gauche de l'Asif Igouzoulen. Je trouve là, non loin de Bit- Assoufid de jolis petits oursins fossiles, dans les grès pliocènes. Auprès de la Djemaa, l'olivier apparat! associé ;'i l'arganier.
Nous nous arrêtons au Douar Imerdetsen e! plantons notre tente auprès d'un groupe de quelques maisons.
3t janvier. — Moulai Ahmed, qui connaît 1res bien le pays que nous parcourons, me dissuade de suivre la falaise marine à cause de nos bêtes : le chemin y esl encore plus impraticable que celui que nous avons suivi hier; il esl même interrompu en plusieurs points.
Je m'incline devanl ces conseils el je décide de me diriger droil vers le réseau hydrographique de l'Ouad Ida ou Troumma.
Je suis surpris de ne pas rencontrer l'Asif Ida on Guelloul indiqué sur la carte. Faut-il donner ce nom à l'une «les dépressions que je recoupe depuis que j'ai quitté la baie de Taguentl Ou bien n'exisle-t-il pas de cours d'eau parallèle à l'Asif Igouzoulen dans relie région? Je pencherais plutôl pour cette dernière hypothèse. M sérail assez étonnant, d'ailleurs, si celle rivière existait, qu'elle portai le nom d'Asif Ida ou Guelloul, attendu qu'une bonne partie de son parcours se Irouverail dans les Ida ou Iceurn qui se prolongent jusqu'aux Ail Ameur.
La côte esl fort mal connue depuis l'Ouad Tidzi.
VOYAGE DANS LES IDA OU TANAN. ]<x,
Le plateau tertiaire se montre ici avec tous ses caractères. Les
grès pliocènes onl une puissance d'une cenlai le mètres, ils sonl
disposés en couches horizontales ou légèremenl inclinées vers le littoral, ce ipii rend très indécise la direction des ravins el a donné lieu .'i un réseau hydrographique assez compliqué. Le modelé esl ici généralemenl peu accenl ué.
Quant ;'i la végétation, elle esl à peu près constante. L'arganier
constitue de helles forêts et, dans le Chabei' Azoukn, se montrent de beaux llm\;i> ;'i gomme sandaraque. Quelques clairières seulemenl sonl cultivées; celle de Dar Oabelka, appartenanl au Ivhalifa du Qaïd Guellouli esl à citer.
Il esl bon de remarquer encore que 1 épaisseur considérable des grès tertiaires ne peul permettre une nappe d'eau souterraine qu'à des profondeurs notables, au conlacl des argiles crétacées. Or, les vallées ne sonl pas assez profondes pour atteindre ces couches imperméables; aussi il en résulte que les sources sonl très rares el
i Ravin
lilli DANS LE BLED ES SIBA.
les villages peu nombreux. Il en existe néanmoins, qui sonl alimentés par des citernes H l'on rencontre de ces medfia en case campagne, dans de légères dépressions qui permeltenl l'accumulation des eaux de pluie au momenl des forts orages1.
Après avoir dépassé le village de Tillrli, dans les Aïl Ameur, nous arrivons au bord des ravins encaissés qui formenl le réseau de l'< kiad Ida ou Troumma, <lr la carte. Nous descendons l'un d'eux par un chemin très raide,qui m'offre une coupe géologique des plus intéressantes par la variété des sédiments cl l'abondance des fossiles qui s'y trouvenl accumulés sur une hauteur verticale d'au moins 200 mètres.
Le chemin recoupe successivement d'épaisses couches de grès jaunes, puis de calcaires à ammonites, de grès à oursins, d'argiles renfermant de riches faunes de mollusques dont la série représente plusieurs horizons remarquables des terrains crétacés.
•le recueilli' le pins de matériaux possible. Mes hommes m'aideid dans ce travail avec beaucoup de zèle; le Tanani surtoul esl habile dans cette recherche; il s'efforce de l'aire comme moi el d'opérer avec méthode.
Nous sommes heureusement assez tranquilles parce que ces ravins sonl inhabités cl que la piste que nous suivons n'est pas un chemin
habituelle ni fréquenté. Cependanl celle récolle nous prend du
temps et, pour aller plus loin chercher un gîte, j'aurais le regrel de ne pouvoir la prolonger. •!<• décide donc de camper an fond de la vallée.
< le -oui nos pauvres bêtes qui souffriront le plus de celle étape en pays désert, puisque nous ne trouverons rien à leur donner; nous avons pour nous une nourriture suffisante, le pain seul manquera.
I. C'esl un fail intéressanl .pic de constater 1 : • fréquence de ces citernes sur les routes cl de voir des \ ill;i^es exclusivement alimentés par des eaux pluviales ainsi recueillies. Il n'en esl pus de môme en Algérie. C'esl ainsi qu'au Maroc des régions privées .le sources, comme ce plateau tertiaire de la côte atlantique, sonl
habitées :onlraire <!<■ vastes surfaces soumises ,-'i la môme sécheresse, dans les
régions plus orientales de l'Afriq In Nord, sonl complèl cl désertées par les
indigènes. Ce l'ait, com beaucoup d'autres, plaide en faveur .1rs Marocains.
VOYAGE DANS LES IDA OU TA VAN. l'.ï?
1 février. — Ces! la première fois que je passe une nuil sous la tente, loin de toute habitation el à l'abri des visites indiscrètes ou importunes des indigènes <lu paj -.
La solitude qui mous entoure, l'aspecl sauvage de ces vallées profondémenl creusées, aux flancs abrupts el couronnées par des falaises rocheuses, ne manquent pas d un certain charme.
Me- hommes ne comprennent pas bien le plaisir que j'éprouve
Fig. 121. Embouchure de l'Igueni Oura i Zaouïa Lallal Tig amii
dans ce lieu isolé, eux qui onl passé une assez mauvaise nuil à monter la garde, à tour de rôle auprès de nos ânes, dans la crainte de nous voir razziés.
Nous quittons le camp <lc bonne heure, le Tanani cl moi, pour aller à la recherche de nouveaux matériaux, tandis que Moulai Ibrahim el Moulai Ahmed apprêtenl le déjeuner.
Ces quelques heures avanl le dépari sonl bien employées, el
j'augmente sensible ni ma récolte de fossiles; je puis aussi
relever vers l'amonl le cours de la rivière que j'entends appeler ici
Ouad Aîn Oufra ou plutôt ïguenï Ouram; le i i d'Ouad Ida <>u
I roumma n'esl pas employé dans la région.
i. Ravin.
l'.'s DANS LE BLED ES SIBA.
Nous descendons la vallée, qui offre parloul la même structure el qui entaille de plu- en plus la série des dépôts secondaires. C'esl ainsi qu'auprès de l'embouchure, je recueille dans les argiles vertes, des fragments d'ammonites cl un tronçon de bélemnite plate i|iii caractérisenl le- couches inférieures des Lorrains crétacés.
\)r- arganiers ri des lamarix se montrenl un peu partout.
On voil de Lallat Ti goura ni in la falaise crétacée, couronnée par les grès tertiaires, s'étendre au loin vers le nord.
A partir de là notre chemin suil le bord de la mer.
I ne belle dune fixée nu en progression, d'une largeur variable, atteignant jusqu'à 3 kilomètres, vienl s'appuyer contre un escarpeuiriil abrupl .
Après avoir recoupé VAsif Talat Enterfek, nous arrivons à la Qoubba Su// Mahommed ou Abdallah , située sur la route ordinaire «lu Shiis. I ne sorte de camp est établi en ce poinl où l'on! étape les caravanes du Sud.
Après une halte, nous suivons à travers les dunes, parsemées de rtem aux beaux bouquets de fleurs blanches si agréablement odoriférantes, ce chemin très fréquenté. A partir de Timassinin, il l'orme une large allée d'une cinquantaine de mètres, ménagée sur le sable par l'enlèvemenl des rtem; elle descend en pente douce, jusqu'à l'embouchure de l'Asif Ameur, qu'on aperçoil dans la Irouéc de celle allée sableuse, ainsi que les falaises d'Aferni el la pointe du cap R'ir.
Le coup d'ceil esl des plus pittoresques, agrémenté encore par la présence de nombreuses caravanes qui s'avanccnl vers nous, au pas lenl des chameaux'.
Nous campons à la I Ijemaa Aïl Ameur, à 60 mètres de la Qoubba
'■ '•'' chemin que nous suivons esl presque touj s en terrain plat, depuis le
S. mi- jusqu ;, Mogador; aussi In bête de charge préférée esl die le chameau. Cette coiil.- iln Sud diffère, à ce poinl de vue, de celles que nous avons déjà suivies ;'i I Vtlas, celles du '"I «les Bibaoun el au Tizi n Test.
Fig. 12-2. — Chemin du Sous près de Mersal Vïl Vmeui
Sidi Bou Zeki, non loin de l'embouchure de l'imporlanl cours d'eau i|ni prend sa source dans le plateau <lu Mlouga.
Pendanl que mes hommes sonl occupés ;i dresser la tenle, ]<• voudrais voir un peu les environs; mais il ne faul pas allirer l'attention. Le Tanani ;i alors l'idée ingénieuse de m emmener ;i la rivière pour y faire boire nos .hic-- cl. pendanl qu'il m'attend avec le- bêles, je fais une petite reconnaissance 'le- berges crétacées 'le l'Ouad.
.le ne regrette pas ma tentative, car je découvre un banc gréseux fossilifère que je ne puis malheureusemenl pas fouiller .:i mon aise. •le suis dérangé par «les hommes, au retour 'le- champs; mais il nous sera facile de revenir demain matin en nous dévianl \\\\ peu de notre nulle.
2 février. — VAsifAit Auteur i le. près 'le son embouchure,
au fond d'une dépression assez large, dans un thalweg alluvh aire
établi sur un terrain argileux el gréseux. Son régi para il être
depuis longtemps le même, si j'en juge du moins par ce que je vois dans le lointain.
La vallée semble creusée, sur serlain parcours, dans des
argiles el grès analogues à ceux de VIgue/ti Durant; el en effet, je
/) 1 V.s LE BLED ES SIBA.
recueille sur la rive gauche les mêmes fossiles qu'aux environs de noire avant-dernier campemenl .
!>,■■> laboureurs se trouvantdans un champ voisin, nous avons quelque peine à faire notre récolte. •!<' simule alors un léger accident arrivé à nos bétes que je fais débâler et, tandis qu'on s'occupe 1res lenlemenl à recharger les ânes, le Tanani cl moi faisons une ample moisson de coquilles, d'ammonitesel debélemniles.
Nous nous sommes un peu écartés de la route el je préfère, au lieu d'aller la rejoindre, recouper en ligne droite un contrcforl nvliligne qui forme le cap K ir.
M v a une analogie frappante entre ce cap el celui de lias Tafetneh : même avancement dans la mer d'un éperon rocheux désigné sous le nom à'Afernie\ rappelant à s'y méprendre celui de Taguent : il va être In'' s intéressanl d'observer sa structure.
Arrivés auprès de Dar Chikh Kerbid, nous prenons un guide. .Nous nous trouvons ici à la limite de la dune fixée qui est caractérisée par une végétation curieuse de rtem <d d'une plante grasse, l'euphorbe cacloïde, désignée parles chleuh du pays sous le nom de tikiout.
I..' soubassemenl du cap R'ir est formé des mêmes calcaires gris qu'à Tafeteneh. Mais le plateau cV Aferni diffère de relui de Tàguént en ce qu'il esl couronné par les grès pliocènes; nous y accédons par un mauvais chemin, tracé dans un ravin qui laisse voir les bancs rocheux, fortemcnl relevés el inclinés vers le nord.
La région esl 1res peuplée, parce qu'elle offre une assez grande surface d'un sol fertile et facilemenl cultivable. Ce sont partout de beaux champs de céréales, en terrain plat. Les arbres sonl rares, el les parties en friche souvenl recouvertes de lavandes el de genêts.
Le sol, rocailleux partoul ailleurs, devient au centre, sableux cl argileux, composé de terres rouges provenanl delà désagrégation de- grès tertiaires; il esl In''-- riche. Les villages sonl nombreux el nous passons successivement auprès d'Afemi, de Dar Brahirn <m Abdallah , de Djemaa Imaa Ditseii.
Nous raisons balte pour déjeuner auprès d'une citerne, .:i l'extrémité méridionale du plateau, sur un passage très fréquenté. J'apprends que nous nous trouvons sur le chemin qui passe .;i la Zaouïa Sidi lloçaïn ou Mhend, c'est-à-dire suri un des itinéraires suivis par de Koucauld.
An lieu de contourner l'éperon de lias li'ir par la roule littorale, les caravaniers qui n'onl que des mules ou des ânes le recoupent par une piste assez mauvaise, mais qui a I avantage de raccourcir très sensiblemenl le trajet de Mogador. Les chameliers seuls sonl dans la nécessité de suivre le pied de la Falaise.
Défait, la descente d'Aferni jusqu'à la nzala du même nom csl difficile. Le sentier esl tracé dans un ravin aux parois presque verticales, sorte de gorge qui rappelle à Ions égards celle de Talat i f/is, à Taguent. Ce sonl en effet, les mêmes calcaires gris en lits épais de 50 centimètres, intercalés dans les marnes el redressés jusqu'à là": au contraire, sur l«' plateau ces couches sonl à peine ondulées, mais dans leur ensemble à peu près horizontales.
L'analogie de structure entre les plates-formes de Taguent el {TA ferai, entre les pointes de lias R'ir el de lias Tafeleneh, esl donc complète.
D,. plus, je constate que les bancs calcaires, au lieu d'être à peu
près dirigés est- st, prennenl ici une direction un peu nord.
Ceci apporte une confirmation à l'idée que je me faisais de I exis lenee d'un plissement de ces terrains, jalonné par le cours de I [si/ \n \meur tel qu'il esl dessiné sur la carie au millionième
Il \ aurail grand intérêt, lanl au point de vue orographique qu'au point de vue géologique, à pouvoir déterminer l'âge des terrains
que UOUS I l'a \ ersoli s el donl la SUCCeS.sion l'orme un ensemble
d'environ 150 mètres 'le puissance. Aussi je m'attache à la recherche
.le doci nls paléontologiques el j'ai la I ne fortune de mettre la
m. un sur une an nite donl l'élude attentive permettra, je pense,
de fixer avec précision l'âge de ces calcaires jurassiques.
l> LYS / / ni I l> FS SIBA.
Malheureusement je ne puis pas longtemps poursuivre mes investigations. Le chemin descend maintenant en lacets, sur le tlanc méridional de ce pli cl nous nous trouvons mu- un plan incliné, complètement dénudé, exposés aux regards de tous les caravaniers qui montent lentement <•! avec beaucoup de peine relie pente aride.
Nous rejoignons, au pied de l'escarpement, la roule «In littoral avant d'arriver à la Nzala Aferni.
La côte esl encore bordée par des dunes fixées, associées à des éboulis descendus d'anciennes falaises crétacées, actuellement en retrait à plus d'un kiloinèl re du rivage.
Il serait possible aussi que nous soyons sur une plage quaternaire soulevée; mais il m'est difficile «le contrôler ce fait parce que je ne puis pas m'arrèler. Nous avons perdu beaucoup de temps ;i la descente d 'Aferni et il nous faut gagner un gîte; je dois donc renoncer à atteindre Tamerakhl comme je l'aurais désiré.
Nous campons dans la cour d'un vieux bordj qui remonte, nous dit-on, au Sultan Moulai Ahmed Dhabi. Ce bordj en ruines se trouve ;i l'embouchure de la rivière désignée sur la carte sous le
nom d'Asif Ouag lai et qu'on nomme ici Asif Arroud. Il sert
maintenant de f laq aux caravaniers du Sous, mais il esl peu
fréquenté •> cause de la proximité de la Nzala Aferni. Nous pouvons
néanmoins nous y procurer la nourriture de nos bètes et, pour nous, du pain el du poisson.
( loin nu' l.-i veille, c esl moi qui, accompagné d'un de mes hommes, conduis les Anes ;'i un mauvais r'dir situé dans le voisinage parce que l'Ouad esl complètement desséché. Mais celle petite reconnaissance ne m'apprend rien de bien nouveau.
3 février. — L'étape ne doil pas être longue; de plus, noire roule va suivre souvenl le bord de la mer : aussi cetle journée sera-l elle presque un repos pour nous.
Nous suivons d'abord la place d'Arroud, après avoir franchi un imposant cordon de galels parfois gros comme la tète. Ce cordon n'cliliimc large de 50 mètres el haul de I à ."> mètres, forme In bordure de relie grande plage sur une étendue il au moins !'« kilomètres.
I n certain nombre d'indigènes vivenl ici du produil de la pèche.
Nous traversons le lil complètemenl à sec de YAsif Ouoddnr,
situé dans une vallée beaucoup plus importante <| 'elle de YAsif
Arroud.
La roule quitte le rivage pour s'engager, en pente douce, sur une série de roches crétacées, argileuses, gréseuses el calcaires, on
,,„„], ,, droite le cordon de gnlel? el le
je vais faire de nombreuses récoltes de fossiles el particulièremenl d'huîtres, à lesl admirablemenl plissé.
Ces dépôts secondaires onl ici la même allure qu'au nord de la ride jurassique du cap If ir.
Xous nous arrêtons au bord de l'eau, au pied d'une petite falaise, près d'une source qui suinte sous un banc de calcaire ;'i silex.
J'observe, en outre, les vestiges d'une ancienne plage, située
l'iiî. 125. — Vue de' la
plan le Cap R'ir el le plateau de Taguent.
;'i une quinzaine de mètres au-dessus du niveau moyen de la mer, el dans les sables de laquelle je recueille toute une faune de mollusques quaternaires, qui diffère bien peu de celle qui \il actuelleinenl dans les eaux «le I < Icéan.
Le chemin du Sous suil longtemps encore une belle plage de I r>n ,:i 200 m. de largeur, bordée sur la gauche par une dune li\<V.
Nous passons auprès «le Sidi nou Asif. après avoir laissé
Tamerakhl sur notre gaucl I avanl d'arriver à l'embouchure de
I ( h i.kI il h même nom. Celte rivière coule 1res lentemenl dans un lil de 10 mètres de largeur sur 10 centimètres de profondeur.
Le Souq el Kliemis se trouve dans la partie gauche du Lhal-
Fig. 126. — La côle auprès de Taemrakht.
wegi ;, | kilomètres environ de la demeure du Ghikh Moulai Abdallah. Celle-ci esl située dans la vallée de VAsif Asersif, que nous remontons en passanl auprès du village et de la Qoubba Sidi Ameur <>n Sftïd.
[] faii ,,uil noire lorsque nous arrivons.
4 février- — L'accueil de notre hôte, hier soir, a été très cordial. LeChikhaparulireavecintérêl la lettre de Moulai Ui el m'a souhaité la bienvenue de façon forl i able.
Moulai Ahmed semble très aime'- ici, surtout des quatre fils la maison, ses cousins.
ii, ntre beaucoup d'empressement à m'ôlre agréable el je si
obligé dans la matinée, de faire autant que possible honneu.
q , repas successifs qui sont envoyés par la femme du
Chikh, puis parcelle de chacun de ses fils mariés.
.1, proposais d'aller jusqu'à \gadir nlr'ir, car j'espérais pour
suivre iusque-là ma route i r remonter ensuite vers le nord,
traversant 1rs [da ou Tanan, dans leur partie orientale el centrale; alors que nous avons déjà longé cette tribu, au bord de la hum-, depuis \iiniul.
■le suis contrainl de renoncer à ce projel parce que je sens faiblir le Tanani sur qui je complais essentiellement; il a peur d'aller avec nous jusqu'au Sous. D'autre pari Moulai Ahmed pense que 1 s ferions mieux de nous diriger directe ni vers l'esl pour pénétrer au cœur delà tribu. Ouanl à Moulai Ibrahim, qui neconnaîl pas le pays, il esl assez sérieux pour s'abstenir de conseils en cette circonstance.
J'avais l'intention de faire des provisions à Agadir; mais mes compagnons sonl unanimes à me dissuader d'y aller el je pense qu'ils uni raison. Celle visite à la ville atlirerail sur moi l'attention '•l rendrai! peut-être impossible la suite de mon voyage. J'y envoie donc Moulai Ibrahi I le Tanani.
C'esl ainsi que je suis immobilisé pendant toute une journée au M",m>- rl les repas que m'envoienl sans interruption les femmes
de mon hôte el de ses fils sonl loin de listraire. Aussi dans
l'après-midi, je demande à Moulai Ahmed de faire, sous prétexte dallera la chasse, une excursion aux environs.
Nous s,, mines accompagnés d'un des fils du Chikh.
Le moineni de sortir esl peut-être mal choisi, car plus de cenl hommes, venus de différents points des Ida ou Tanan, sonl rassemblés, sous la présidence de Moulai Ali. à la djemna (TAsersif Le pays de Tamerakhl fail partie des territoires placés sons l'autori[é ,lu Qaïd Guellouli el ce dernier entend imposer Ions ses contri-
buables d'un douro clu
•Clin, pour I aider à payer les frais de la
pruorre qu il a sonl,. un,., pondanl plusieurs mois, contre les attaques '•I les prétentions de son irascible voisin le Qaïd Ould Emflous.
les paisibles habitants de Tamerakht, demeurés tout à fait en dehors .les luttes qui s,, sonl livrées à la limite .les |,|;| 0u Guelloul, lvl'"-'"l >' l'abord de s'incliner devant les exigences de leur
} <>) AGE /M \.s /./ S IDA 01 I I VI \.
[•"il'. I-JT. - Vsersif \u de I:
chef, parce (ju'i ls oui l'éprouve la guerre en Ire les deux Iri bus voisines. I>c là des assemblées el d interminables discussions dans la djemaa du village.
Moulai Ali désapprouve I imposition du Qaïd, mais il estime qu'il n \ a i|ii à s'exécuter. I ne résistance de la pari des gens de son douar aurail comme conséquence immédiate l'arrêl de leurs caravanes el la contiscalion <\r leurs marchandises.
Le Clukli Sciîl forl liicn qu'au Maroc, il n \ a d'autre justice de la pari des gens du Makhzen, que celle du droil du [dus forl; or le Guellouli esl le mailre des roule- Fréquentées par les caravanes allant vers Mogador.
Je n'ai pas à regretter mon excursion aux environs il l.sw.s//'; elle a été des plus intéressantes el m'a amené à la découverte de couches de grès sableux, de couleur crème, appartenant à I un des niveaux les plus élevés des terrains crétacés el représentant, dans celle région, la craie blanche ou craie de Mcudon, du Bassin de Paris. J'j trouve, en effet, des coquilles qui ne peuvenl nie laisser de doute à cel égard.
Ces grès sonl développés surtoul sur la rive droite de YAsif Asersif.
■jus DA V.s LE BLED ES SIBA.
Xous rentrons à la nuit et, arrivés à Dar Chikh, Moulai AI d
apprend que des mkhazni du Qaïd Guellouli vonl être les invités de notre hôte.
Il esl dune- prudenl de ne pas me montrer, el mon compagnon oblienl de son oncle l'autorisation d'aller nous loger dans une chambre sans fenêLres, où se trouve de la paille hachée pour 1rs animaux.
5 février. — J'étais ennuyé hier soir, de ne pas voir revenir
Moulai Ibrahim el le Tanani. Ils ne sonl de rel ■ d'Agadir n Ir'ir
qu'assez lard dans la matinée; la route esl longue «'I ils on) dû passer la nuil au foundaq.
Pour comble de malheur, je constate que le Tanani, qui devail nous accréditer <•! nous servir de guide dans son pays, esl dans un étal d'espril inquiétant. Il ;i peur de me conduire el ne voil plus mainlenanl que difficultés el dangers.
Il vienl d'apprendre qu'il \ avail eu des coups de fusil dans les Ida ou Tanan, cl s'affole en entendanl dire que je suis sorti hier pour chercher des mines dans les environs. Les mkhazni nul questionné notre hôte ;'i ce sujet; un ;i remarqué, comme je le redoutais, que je l'amassais des fossiles, el il n'en fallait pas plus pour éveiller la méfiance îles indigènes.
J'ai lùle de quitter Asersif, où j'ai déjà trop demeuré. C'esl même la première l'ois que je reste si longtemps au même endroit, tant je redoute de me brûler par un contael prolongé avec les mêmes indigènes; mais il esl bientôt midi el noire départ exciterait mie curiosité déjà en éveil. Il vaut mieux attendre le lendemain matin el partir ;'i la première heure. D'ailleurs, il me semble qu'en ce moment le Tanani m1 me sui\ rail pas, tanl il esl effrayé.
Moulai Ahmed me conseille de patienter encore vingt-quatre heure-. Je passe tristement celle journée, ainsi cloîtré el condamné •' ; inactivité d'autant plus pénible qu'il m'est presque impossible d'écrire. Nous ne pouvons non-- éclairer, car il nous faut
prendre de grandes précautions pour ne pas mettre le feu à ['énorme las de paille qui encombre notre réduit.
Je m'efforce de raisonner le Tanani, el j'espère encore lui rendre un peu de courage.
J'ai fail de gros ballots de toul ce que j'ai recueilli sur ma roule depuis Tagouïderl et, comme pour porter à son comble les craintes au moins exagérées de mon compagnon, le Chikh, sur qui nous comptions pour faire parvenir mes fossiles à Mogador, exige une Indemnité au moins dix fois égale au prix de leur transporl par chameau.
6 février. - Nous quittons enfin Dar Chikh après un séjour qui m'a semblé interminable.
Le matin de lionne heure, notre hôte préside lui-même ;'i nos préparatifs de départ, au chargemenl de nos bêles. Il fail une foule de recommandations ;'i mes hommes et, pour nous prouver encore -n sollicitude, non- donne comme zetlal l'un de ses lils el un jeune pêcheur de Tamerakhl, ;'i l'air déluré.
A la demande du Tanani, <|ni semble désirer se retremper un peu dans le recueillement, nous prenons pari ;'i la prière récitée ;'i haute voix, à s,-i demande, par Moulai Ali: puis ce dernier nous accompagne jusqu'à un demi-kilomètre el il me fail ses souhaits de bon voyage.
J'ai éprouvé n :ertaine gêne h ce dépari un peu solennel, aussi
je ressens un véritable soulage ni lorsque, après avoir traversé
YOuad Asersif, je vois de l'autre côlé delà rivière disparaître la maison du < Ihikh.
Nous recoupons la crête qui sépare cette vallée d< Il'' de I I ,,/
Ta niera h lit, .'1111011- dirigeanl vers le bord delà mer. Celle pelile