‹ Dans le Bled es Siba; explorations au Maroc. Ouvrage publié sous le patronage du Comité du MarocChapitre 35 sur 46 · I. Irghalnsor de l'aul · texte numérisé non relu

I. Irghalnsor de l'aul

VOYAGE AU SIROTA. 257

pacts ; mais celle coupe esl géologiquemenl incompréhensible.

Parmi les résultats généraux de la Mission Thomson, l'un de ceux que l'explorateur a le plus mi> en évidence consiste dans la différence d'âge géologique el de structure qu'il a établie entre les deux ailes de la chaîne : I ciile occidentale ancienne el I aile orientale récente.

Taudis que li> vicomte de Foucauld considère le col de Telouet, par suite d'un abaissemenl considérable du Haut-Atlas, comme un poinl 1res important sous le rapporl orograjj/uque, Ihoinson voil encore, <'u cel endroit, un remarquable poinl sous le rapporl gêognostique.

8 mars. — Nous parlons de Demnal le malin, à Imil heures.

M. de Flotte prend les devants, avec sa caravane. Nous nous séparons de lui. en apparence du moins, car il s'agil celle Pois de bien surveiller Ions nos mouvements. Le chef d escorte, I intelligent, le « roublard » .Moulai Ain 1. va pouvoir mettre à profil

son espril inventif qu'il a déjà tant exercé au service de mon ami.

Nous traversons d'abord une série de jardins potagers, de vergers, de champs de culture, pour gravir ensuite une pente assez l'aide qui va nous conduire à la cascade dTmi n Min. -le puis, il un détour du chemin, dominer la vallée et jouir d'une vue superbe sur

la ville el se- e|l\ irons.

De al se trouve à l'extrémité de la dépression synclinale que

nous suivons depuis l'Ouad Rdat. Celte dépression esl ici resserrée el n'a plus guère que ■> kilomètres d'ouverture; ''Ile mel à nu les grès permiens el les roches volcaniques qui s'j Irouvenl intercalées, l/.l.w/' ///'// la recoupe pour se poursuivre plu- loin -ou- le

i Iduad Mahcer; il serpente dans petite plaine d'alluvions

où se Irouvc élevée la ville, donl l'aspecl pittorcsqi -I encore

rehaussé par le- vergers qui l'enlourenl el ou abonde l'olivier.

I.a rivière franchi! en cascade l'escarpemenl calcaire qui forme le flanc méridional de la dépression et, depuis u laie géolo-

DANS /l BLED ES SIBA.

gique récente, celle chule d'eau a déposé, surtoul à l'époque quaternaire, des Iravertins donl l'accumulalion a formé sur l'abrupl de la falaise une plate-forme au-dessous de laquelle l'eau continue ;'i couler en lorrenl .

Ainsi doil s'expliquer ce ■< ponl naturel » que Thomson décril dans son mémoire.

[mi n [firi se trouve à la sortie d'une région qui s'étale au sud, sorte de plateau formé par une cuvette synclinale des calcaires de Demnat, recouverts par des grès, des poudingues et des argiles rouges. J'ai ici la preuve que les calcaires, qui formenl «les crêtes importantes depuis la Teraout, apparliennenl aux terrains jurassiques.

Le plateau (VI firi paraît fertile, à en juger par les agglomérations qu'on \ rencontre, 1rs nombreuses cultures el les jardins qui s'\ trouvent. NTous le traversons^ guidés par un homme qui nous allendail à la cascade sur les ordres de •< Sidi le Consul français ». Après une heure et demie de marche, nous recoupons les calcaires secondaires dans une gorge assez profonde, avec forêts de chênes et de thuyas. Nous retombons ainsi dans une vallée anticlinale analogue à celle de Demnat el laissanl encore apparaître les grès permiens avec leur cortège de roches éruptives.

Les calcaires formenl deux crêtes parallèles, peu éloignées l'une de I autre, donl la plus septentrionale forme Viril Ansor, visité par riiomson. L'explorateur anglais ne paraît pas être allé plus loin vers le sud.

Notre guide nous mène chez un notable qui, prévenu du passage du < roumi », avait offerl à déjeuner à M. de Flotte el à sa suite. .1 arrive là une heure après mon camarade, <|ui m'adresse publiquement de très vifs reproches : « Sidi le Consul l'a amené d Uger parce qu'il a en loi une absolue confiance, il ne comprend pas que lu t'attardes ainsi en chemin; c'esl l'occasion ou jamais de lui montrer ton dévouement, car il aura demain une mission impor-

1 OYAGE AU SIROU.

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Fig. 155. — Vallée d'ir'il Vnsor.

tante et lointaine à Le confier ». Telles son! en substance, les paroles qui me sonl transmises par Moulai Ahmed, qui émaille sa traduction d'expressions énergiques.

Je proteste de mon dévouement el m'incline respectueusement en signe de soumission. On nous serl du thé avec quelque nourrit lire el nous repartons aussilôl .

Il nous reste un long trajel à parcourir avant d'arriver chez le Chikli Brahim, qui doil offrir l'hospitalité à M. de Flotte. Xous recoupons la deuxième crête delà vallée anliclinale que nous quittons pour descendre, par une chute assez brusque, le flanc méridional de ce plissement jurassique. Le chemin esl un peu difficile el le-; calcaires secondaires qui nous enlourenl sonl recouverts de petits chênes, de thuyas, de genévriers qui forment, par places, des bois touffus.

Nous arrivons ainsi à la vallée d'E/iel Ti/li, » peu prés parallèle aux précédentes, el donl la structure géologique paraîl compli-

\mi- allons maintenait nous engager dans une autre vallée,

■lie de YOuad Tirili, perpendiculaire à la première, el - \

imeurerons jusqu'au soir. Nous pénétrons ainsi dans une non

I ig. [56. - Vallée d'Ehel Tifli.

velle dépression anliclinale des plus pittoresques, l'une des plus belles que j'aie parcourues dans mes voyages au Maroc.

WOuad Tirili, pour franchir ce plissement de l'Atlas, se fait un chemin .:i travers les calcaires, dans une belle gorge. Nous suivons le flanc gauche de ce passage, tandis < j u < ■ l'autre côté forme une falaise à pic très imposante et dans laquelle de petites grottes ont été habitées par des Marocains, véritables troglodytes.

La coupure de YOuad Tirili met à nu les mêmes terrains que celle de YAsif Iftri, aux environs de Demnat; mais ici commencen à apparaître des schistes noirs, intercalés de grès siliceux Lrès durs, sur lesquels à partir du Marabout Sidi Brahim ou Lahcen nous allons rester quelque temps.

La demeure du Chikh Brahim se trouve à un tournant brusque de la vallée; I Ouad Tirili arrive de l'ouest et suit ainsi, sur la

majeure partie de son parcours, lépression creusée suivant

l'axe du plissement jurassique.

Nous arrivons vers 6 heures à Dar Chikh.

La maison, à plusieurs étages, est bâtie sur une petite crête, dans un site des plus grandioses. D'une terrasse, située au niveau du premier étage, on domine la vallée ainsi qu'une ramification de

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l'Ouad, venant du sud à travers de nouvelles gorges; on esl entouré par des escarpements formidables de plusieurs centaines de mètres, montrant, au-dessus des schistes el île- grès primaires, les calcaires jurassiques arrêtés brusquemenl par des falaises à pic el des arêtes dentelées. On croirail voir un paysage alpestre. Si nous essayons, d'autre part, de nous rendre compte des phénomènes qui onl présidé à l'architecture de ces montagnes, nous sommes frappés de

Fig. [57. Gorges de l'( luad Tirili.

l'allure des bancs de grès rouges qui sonl disposés verticalement au-dessous de la maison qui va nous abriter pour une nuil : c esl là le premier indice d'efforts orogéniques donl nous verrons là pleine manifestation demain.

Dès notre arrivée, on prépare ] rie > roumi > une chambre au

deuxième étage, tandis m1"'.!1' demeure sur la terrasse au-dessous, avec mes hommes, les domestiques de mon ami el des gens du pays. Nous absorbons des tasses de thé jusqu'à la nuit. \ ce moment, M. de Flotte fail appeler très fort, par son interprète, le reqqas S, Allai'. Il désire que je reste auprès de lui parce qu'il a,

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