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aux tourelles crénelées el distribuées dans une petite plaine sur les deux rives de I'. [s if Imiter.
( '. esl là que nous comptions passer la nuit, mais nous devons y renoncer parce qu'un ami de l'un de mes hommes, de qui nous espérions recevoir l'hospitalité, esl absenl de chez lui.
Nous nous proposons alors d'aller frapper ;i la porte d'un Chikh voisin, ;'i Imin Imiter, coquel village situé nu peu en amonl d'Ounila, dans VAsif Imiter; une nouvelle déception nous y attendait. Le Chikh, après nous avoir souhaité la bienvenue, nous invile ;i passer la nuil à la djemaa; mais je refuse, connaissait le danger auquel je serais exposé si ma qualilé de roumi étail dévoilée. Je donne l'ordre ;'i mes hommes de demeurer avec moi, accroupis dcvanl une assemblée de gens du village, ri je lais dire à qui veul
VOYAGE AU SIROUA.
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['entendre, que c'esl la première fois que je me vois refuser I hospitalité sur mon chemin.
Après quatre heures d'attente, unhomme nous offre de venir chez ]„i. e| le Chikh qui tout à l'heure refusait de nous recevoir, nous invite à suivre cet homme plus généreux. M;iis notre hôte est l'un des plus pauvres du village et, malgré notre faim, nous devons nous contenter d'un maigre chus. -uns sans même un morceau de pain, J'éprouve ce soir-là nue véritable privation de n'avoir pas une tasse de ce thé vert, parfumé à la menthe, qui m 'avait tant répugné au début de mon séjour au Maroc.
13 mars. — Nous parlons à ■> heures el demie du malin; j'ai hâte de quitter fmin [milerparce que je crainsd'être reconnu. Sans doute il ne peut rien m 'arriver de grave au voisinage de la Qasba du Oaïd Glaoui, mais quoiqu'en possession d'un.' lettre de recom mandation pour ce puissant chef, je tiens à ce qu'il ignore ma présence, bien persuadé que le Qaïd ne m'autoriserait jamais à poursuivre i i voyage vers le sud.
Il faut cependant nous rendreà Telouel où il habite, pour réparer
m, peu nos forces; nous vei s de faire troisjournées très duresi
n'avanl qu'une nourriture loul à fait insuffisante. Mes li mes
ironl au marché importanl de Souq el Tenin, où ils comptent trouver ce dont nous avons besoin.
Pour gagner la vallée de Telouet, nous (levons recouper une sérié de collines et, bien qu'il ne compte que 7 h 8 kilomètres, ce trajet nous paraît très pénible; nous sommes fatigués el un froid vif de2° nous force .:> faire une courte balte pour nous réchauffer un peu en brûlant des herbes sèches '.
Je ne m attarderai pas à donner mes impressions sur celte région
I '- !•'■> - lli vallée de Telouet, l'Asif [mar'rei
makhzen si bien décrite par le vicomte de Foucàuld el tout récemn menl encore par M. Paul Lemoine.
' ro's heures durant mes hommes vont eJ viennenl au Souq où ils se procurent à grand'pcine, àcausede l'heure matinale, les quelques
provisionsquii s sont indispensables. Sur mes conseils, ils épienl
les conversations afin de saisir le moindre renseignement sur le
V"H ,hl marquis de Segonzac. J'ai quelq sspoir d'obtenir ainsi
des indications, car le S. uni el Tenin esl sur le passage des roules ll" rafilell el du Draa el que c'esl sur les marchés que se racontent toutes les nouvelles du pavs.
1 Celle température, très supportable lorsqu'on csl vêtu, 'devient Ibrl pénible avec '" cos ' - léger que nous portons el qui nous laisse bras el jambes mis.
VOYAGE AU SIROl I
Pende» ni ce temps, je me tiens dans cel immense champ de pierres de Telouet, à l'ombre il un gros bloc où je puis coordonner un peu mes dernières notes.
Après une attente longue el pénible, je vois enfin revenir mes compagnons qui n'ont pas perdu leur temps. Il- onl appris qu'au momenl des l'êtes de I Aïd el Kebir, est passé ;'i Tamgroul dans le Draa, un ehérif qui abrilail un roumi sous l'une de ses tentes; le cliérif a été fêlé el le roumi n a pas été autrement inquiété.
Celle nouvelle étail plulôl rassurante; du moins elle m'apprenait que M. de Segonzac el ses compagnons étaienl parvenus .'i traverser les régions du Todra H du Dads, là où l'on prélcndail précisémenl qu'ils avaienl été massacrés. Par contre, elle m'indiquai! qu'ils étaienl brûlés ;i partir de Tamgroul .Or M. de Segonzac se proposail en quittant l'Ouad Draa, de parcourir la région la plus dangereuse de l'Anti-Atlas.
.le \;ii- donc poursuivre mon chemin cl quitter de nouveau le Bled Makhzen, après n'y avoir passé qn un jour seulement.
L'une de mes principales étapes, en Bled es Siba, doit être Ti/u'rt, ville importante, autrefois visitée et décrite par le vicomte de Foucauld, el qui se trouve dans le bassin hydrographique de la haute vallée du Draa. L'illustre explorateur a suivi pour j arriver, en partant du Glaoui, m m' route tracée dans la dépression de l'Ouad Ou-
liihi '.
J'apprends qu'un autre chemin, plu- fréquenté que le premiei -uil la vallée de Ils// fmarren*, qui va rejoindre l'Ouad Ounila auprès de Tamdakht. .Je me décide pour ce dernier, d'abord parce qu'il esl encore inexploré el qu'il offrira, In''- vraisemblablement, .■m bul \r plus spécial de mes recherches, les mêmes observations que le premier, ensuite parce que j'apprends qu'au débouché de la vallée deTelouel se trouve un foundaq,où nous pourrons passer la nnil en toute sécurité ri où j'espère trouver une bête de sommepour