‹ Dans le Bled es Siba; explorations au Maroc. Ouvrage publié sous le patronage du Comité du MarocChapitre 39 sur 46 · I- Ouad Founi] de l'auteur · texte numérisé non relu

I- Ouad Founi] de l'auteur

■i Ouad Marira de la carie.

nous alléger de nos sacs, devenus beaucoup Irop lourds par suite de mes dernières récoltes de fossiles.

Nous suivons pendanl une heure environ la vallée de Telouet admirablemenl encadrée par les crêtes élevées du Haut-Atlas au

nord, pari arête Crétacée très régulière au sud. Nous descen-

d< ns depuis ce matin le cours de VAsiflmarren, qui ;i été récemment visité par mou ami M. Paul Lemoine. Cette rivière salée

Fis 180. — Parti

'lire de Telouet, le Djebel Bou Ourioul.

après avoir reçu son affluenl venu de l'ouest, rompt la barre calcaire qui limite au sud la dépression de Telouet, pour s'engager définitivement sur le flanc méridional de l'Atlas.

Les terrains crétacés sont, à ce passage de la rivière, affouillés jusqu aux roches volcaniques permiennes sur lesquelles ils reposent.

X"" loin de '•' se trouve le foundaq ,17:7 Haddada, où nous

nous arrêtons. On nous donne corn abri une sorte de hangar où

nous passons tranquillemenl la nuit. Nous devons palabrer longiemPs ;,x;"11 ,|c' trouver un muletier qui consente à porter nos sacs

jusqu'à Tikin, mais notre hôte se prête de 1 negrâceà nosrecher-

ches el f,,lil Par trouver ce qu'il nous faut, moyennant le prix d'un

VOYAGE Al' SIRÔUA. -js;i

// mars. - \Tolre dépari s'effectue de très bonne heure, bien

avanl le jour. Nous avons à fournir une long :lape : en effet,

j'cslime que Tikirt doil se trouver à mie cinquantaine de kilomètres au moins.

La vallée est d'abord creusée dans des calcaires blanchâtres

régulièrement inclinés vers le sud, el formanl de chaq :olé des

falaises abruptes entre lesquelles la rivière serpente dans un thalweg assez étroit. I.'.l.s//' hnarren roule, avec une vitesse

ye des eaux saumâlres dans un lil de i mètres de largeur

sur 10 centimètres de prof leur, el la salure des eaux esl recon-

naissablc <!<• loin ;'i la bordure blanche givrée qui souligne ses bords.

La dépression change rapidemenl d'aspecl cm pénétrant dans une série de couches rouges, de poudingues, de grès argileux el plus loin de gypses, dans lesquels elle s'esl plus largement étalée. Les calcaires superposés reslenl toujours visibles, en falaises blanches au-dessus de nos tètes, el paraissent former le revèlemenl du flanc méridional de la chai le l'Atlas.

Je reconnais ici la série crétacée que j ;ii recoupée depuis le vol de Taliouïn el j'ai la bonne fortune d'être confirmé dans mon idée par la trouvaille importante de débris organisés, notamment d'our-

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/).l.\.s LE BLED ES SIBA.

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sins fossiles. < . <->l à ma connaissance, la première nolion de I exislence il'1- lerrains secondaires au sud du Haut-Atlas oriental.

(in m' voit parloul qu'aridité. C'csl à peine si quelques rtem el des lauriers-roses se rencontrent au bord de la rivière el si de

rares thuyas semblent accrochés aux flancs de la vallée.

Le chemin esl Lracé dans le thalweg ou bien il se développe sur les parties escarpées.

Il esl en ce cas, rendu fréquemment difficile par les éboulis el inaccessible aux animaux de charge, qui sont obligés (lr suivre le lil de la ri\ ière ; tandis que les caravaniers abandonnée leurs bêtes, qu'ils excitent par des cris sonores qui serépèlent à tous les échos des falaises hi\ ironnantes. Il est très fréquenté, el je n ,ii pas compté dans lii matinée moins de quarante caravanes dans lesquelles les juifs, vêtus du khenif, sont assez nombreux.

Il ne nie semble pas douteux que le elieniill que nous suivons soit

bien la route habituelle des trafiquants du Sud plutôt «pie celui de I Ouad Ouniia. Le vicomte de Foucauld qui ;i pris ce dernier, l'ail lui-même observer qu'il y a rencontré peu de voyageurs; une remarque analogue ;i été faite par M. Paul Lemoine.

Malgré l'aridité de la vallée de VAsif Imar'ren les villages ne manquenl pas sur notre route; nous laissons successivement derrière i s Tifountout, Dar el Abed, Zaouïet Oualr'sa, etc.

Enapprochanl du confluent del'Ouad Ouniia, la déclivité d'abord -i nettemenl marquée des terrains crétacés, qui semblail suivre la

ilcaires de l'Asif Imar'ren

VOYAGE AU SfROL'A.

I ie. 18.1 Dor I 1 U)od.

pente de Ici ri\ ière, ;i des tendances à diminuer. Le cours d'eau s'enfonce dans des terrains plu-~ profonds on le g\ lise esl sou\ eut la roche domina nie. Nous arrivons ainsi à la bifurcation du chemin de I '< iii.iil ( h\iiil.i el nous apercevons bientôt, de l'aul po côté, lesdeux

grands villages de Tassaïoul el de Tamdakhl. La vallée s'élargit. elle a plus de 300 mètres el des cultures de céréales assez prospères grâce ;in\ irrigations, recouvrent les alluvions; mais pas de vergers, pas un seul arbre.

Nous sommes maintenant dans la tribu des Ail Zaïneb.

Avant d'atteindre Tamdakht, nous traversons l'Ouad à un gué large de \>\n< <lr 30 mètres. Un peu plus loin j'observe, dans les couches rouges des terrains crétacés, un phénomène géologique .'isscz connu, mais qui esl ici très accentué.

Les bancs de gypse, sous l'influence des infiltrations de la rivière, ont été dissous au point de disparaître complètement. Il en esl résulté des affaissements qui ont produit parfois des di lationsde près de 100 mètres. Rien n'esl plus curieux que le chaos des terrains, un \»-\\ en aval de Tamdakht; on clirail un immense champ récemment dévasté par un formidable tremblement de terre.

Depuis Tamdakht nous suivons jusqu'à Tikirl, un itinéraire du

vicomte de Foncauld. Nous entrons maintenant dans la pli ,

à ma grande surprise, j'observe le même régime tabulaire qui

l> \ \s LE BLED ES SI HA.

I ig. iNi - L'Asif Imar'ren au-dessous de Tamdakht; affaissements du sol

caractérise la région comprise entre la plaine de Marrakech et Mogador. Ce sonl encore des calcaires crétacés horizontaux recouvrai* I les couches rouges gypseuses el formant des gour isolés.

Il semble que nous soyons en plein désert. D'immenses plaines s'élendenl à perle de vue, creusées dans les couches rouges, el laissanl miroiter au soleil, épars sur le sol, les cristaux de gypse qui subsistenl à ('anse de l'extrême sécheresse du climat. L'horizon est constammenl découpé par des gour qui donnent l'illusion de vastes l umulus.

La température ajoute encore ,:i celle impression du désert. Je

I il! 1X5 I il l.l;

VOYAGE AU SIROVA.

relève '-'s degrés au thermomètre fronde à '■> heures après midi, alors nue nous avons quille le foundaq d'£7 Haddada par ',' degrés de froid.

J'aperçois un momenl d'un poinl surélevé, le Djebel Siroua, se profilant, neigeux, dans le lointain.

On esl surpris, malgré l'aridité apparente du sol, de rencontrer de temps en temps un village el de voir des troupeaux de moutons ou de chameaux brouter les quelques lierbes rabougries, parfois aromal iques, de ces régions désolées.

Nous laissons la rivière sur notre gauche ainsi que Asfalou; puis Bou Rehim . curieusement placé au pied d'une petite gara, surmontée il une enceinte el d'un bordj. Puis ce sonl encore Tisserguet, el Tazenlout avec sa palmeraie. Nous approchons alors de la plaine de hl.ui. el les

importants travaux d'irrigation que nous rencontrons, les

breuses seguia que nous traversons, indiquent sa fertilité.

Nous arrivons, jusqu'au bord de YOuad Imini, dans la plaine de T/I.iii. donl la richesse esl encore accusée par la fréquence des agglomérations, parmi lesquelles le village de Tabourah. Nous passons brusquement de l'eau saumalre salée el sulfatée, qu il

i - a fallu boire jusqu'ici, à une eau claire limpide el il une

saveur agréable.

VOuad Imini s'étale sur mie dizaine do mètres, dans un lil de graviers el de cailloux de granité, qui témoignent d'un Lrajel du

l ie [80 -- Bou Kehini

DANS LE ni ED ES SIBA.

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