‹ Dans le Bled es Siba; explorations au Maroc. Ouvrage publié sous le patronage du Comité du MarocChapitre 41 sur 46 · La route au -(.clic de Tikirt · texte numérisé non relu

La route au -(.clic de Tikirt

■<>' crois utile d'interrompre mon récil pour mettre le lecteur au

1 r;inl des M111'1'!11'"- (| ><-4es acquises sur le pays que je me propose d'explorer.

On sail que celte région constitue une sorte de chaîne transversale, i-éunissanl le Haut-Atlas el l'Anti-Atlas H séparanl les deux

VOYAGE \l SIROl i :,ii:,

bassins hydrographiques du Haut-Sous el du Haul-Draa. Mais on ii a que peu de données sur ces montagnes qui n'onl été traversées qu'une l'<>is. dans leur partie méridionale, par l'explorateur allemand Rohlfs. Le vicomte de Foucauld considère cette jonction des deux grandes chaînes sud-marocaines comme un massif, au centre duquel émerge l« piton neigeux du Djebel Siroua. Ce dernier se trouve ainsi sur la ligne de partage des eaux de l'Ouad Sous el l'Ouad Draa.

Rohlfs 1862 est passé au sud du Siroua; de Ras el Ouad il s'esl dirigé vers le sud-èst, a traversé des plaines stériles el suivi, le troisième jour, une gorge large de cinq pas, avec des murailles hautes de 300 mètres, pour déhoucher dans le pays de Tazenakhl. lia franchi sur sa route un col qui doil se trouver sur la ligne de partage.

Hooker, en 1871, \il de loin, du Djebel Tiza sommet élevé du Haut-Atlas occidental, la chaîne méridionale à laquelle il a donné le nom d'Anti-Atlas et, dans l'est, le Siroua couvert de neige.

Von Fritsch 1872 . du haut du Tizi Tagheral, aperçul une haute crête montagneuse partant de la chaîne du Haut-Atlas el dans laquelle il crul reconnaître l'extrémité orientale de l'Anti-Atlas vu par Hooker.

C'est le vicomte de Foucauld l's<s:! qui, ayant vu de plus près le Djebel Siroua, donne sur ce massif les renseignements les plus

importants. Il l'a observé, notammenl du Tizi n Har lans les

Zenaga, d'où il a pris le profil d'une chaîne donl le Djebel Siroua forme l'extrémité orientale; mais elle n'est marquée sur aucune des cartes de l'explorateur français. !><■ Tikirt. il a recueilli des renseignements sur ce massif, mais il n'a pas tenté de le visiter. Voici ce qu'il en dit dans son admirable volume* Reconnaissance au Maroc

ii C'est la plus haute des montagnes voisines, au dire des habitants. Seul parmi elles, il a son - met couvert de neiges éternelles. Sur les autres cimes visibles d'ici, tantôt la neige persiste

n, /' I \ s / / BLED ES MUA.

I 'été, Lanlùl elle fond, suivanl que l'année esl plus ou moins

chaude. Sur les pentes du Siroua se trouve un col conduisanl

de la tribu des Ail Tedrarl dans le Sous. Les flancs du massif

[■enferment, dit-on, des minerais; les habitants n'en savenl p;is « tirer parti.

h Ces montagnes sonl toutes égalemenl nues, également •• rocheuses; poinl d'arbres, poinl de végétation, rien que des

pierres. Point de bêtes fauves, p;is d'autre gibier que des gazelles - el îles mouflons. »

Le vicomte de Foucauld cite encore, parmi ses itinéraires du bassin de l'Ouad Sous, le suivanl qui relie Tazenakhl aux Ail Tameldou :

■< De Tazenakht, on gagne les Ikhzama à Tasakousl Ouad [ri ri .

De là, on va à Amasin (Ikhzama el l'on remonte l'Ouad de ce nom ii jusqu'à sa source, au Tizi n Ougdour. On franchit ce roi : c'esl

un passage facile; il forme la limite entre les bassins du Dra •< el du Sous. De là on s'engage dans le déserl d'Igisel, où l'on n marche duranl cinq heures, jusqu'au village de Titlal, le premier ■ des Ail Tameldou. »

Un peu plus tard 1888), l'explorateur anglais Thomson vit, au sud-ouesl du Djebel Telouet, une belle chaîne montagneuse au centre de laquelle s élève un sommel important, couvcrl de neige : le I >jebel Siroua de Foucauld.

•I .ii déjà vu le Djebel Siroua lors de mou voyage dans le Sous: je l'ai aperçu, il esi vrai, d'une distance de BO kilomètres au moins. Après avoir quitté la plaine de li;is el Ouad pour faire l'ascension du Tizi n Test, l'horizon étail complètemenl barré à l'esl dans le lointain, par un massif compris entre le Haut-Atlas el l'Anli-

Atlasel qui m'a d '• l'impressi l'une chaîne transversale relianl

les deux autres. J'ai eu encore la satisfaction de le voir par son revers oriental en entranl dans le déserl du Draa, près d'Asfalou, au >ud de Tamdakht.

VOYAGE AU SIROUA. 50à

On comprendra aisément, d'après le i i*l liislorique que je

viens de faire des connaissances très imparfaites déjà acquises sur ce massif, toul l'intérêl géographique el par suite géologique qui pouvail s'attacher ;'i l'exploration de ce trail d'union entre le Haut-Atlas el l'Anli-Atlas.

Nous quittons le Chikh de Tikirt à onze heures el nous nous dirigeons vers le sud-ouest. L'un de mes zettat, plus intelligenl que son compagnon el qui, en toutes circonstances, prendra

l'initiative de la décision, me propose d'atteindre le soir mê

les Ait Tammassin. Il faudra pour cela ne pas trop s'attarder en route; il ailleurs, il n \ aura pas grand'chose à voir: nous allons rester constammenl dans un déserl .

La région que nous devons traverser esl dangereuse, à tel poinl que la route qui va <l<- Tikirt au Sous, parles Ait Tameldau, esl très peu fréquentée. Les caravaniers lui préfèrenl celle de Tazenakhl à Laoulouz, qui semble bien avoir été suivie par Rohlfs. Nous aurons moins de précautions ;'i prendre aux environs du Siroua, qui constituenl une région plu- sûre.

J'accepte la proposition ilu zettat, à la condition toutefois, de ralentir ou de m'arrêter un peu là où je le jugerai nécessaire; nous n aurons qu'à presser le pas partoul ailleurs.

•I«' ne puis m'empêcher d'admirer en sortanl de Tikirt !<• beau panorama de l'Atlas : le Djebel [tir mer apparaîl imposanl ainsi que !'• Itou i lurioul : entre I'"- deux se montre nettemenl marquée, la dépression du roi de Telouet.

Après avoir marché quelque temps sur le- marnes jaunâtres horizontales, qui fonl partie des terrains crétacés qui s'élendenl devanl nous jusqu'au flanc de l'Atlas, non- traversons un petit village avec uni' zaouïa importante, la '/.(initia entaa Tikirt, qui se trouve .mi pied d'une sorte il'' plateau peu élevé. C'esl le prolongemenl de la colline qui domine la ville de Tikirt el au pied il'' laquelle coule VOuad Imini.

Nous nous engageons sur ce plateau, constitué par des grès de leinle 1res foncée, chocolat, auxquels sonl associés parfois des poudingues, des schistes verts el des dolomies lie de vin. Ce terrain, que nous pourrions désigner sou- le nom de grès bruns ou grès de Tikirt, s'enfonce sous les couches crétacées de la plaine el appartient à la série primaire : c'esl peut-être le dévonien, mais je n'ai pas de preuve paléontologique qui m'autorise à l'affirmer. Je vais le voir tout le juin-, cl rien n'esl plus monotone que ce soi gréseux, complètemenl nu. donl la note sombre donne un aspecl lugubre au paysage déjà si Iriste par sa désolation.

L'aridité de ces grès esl absolue; par contre, des dépressions synclinales ou des cirques d'érosion, comblés par des alluvions, -oui susceptibles de fertilité. Mais la sécheresse esl encore là qui réduit à presque rien l'utilisation de ces enclaves non stériles. Quelques rares endroits, faiblement arrosés, sonl seuls cultivés, el il esl curieux de voir avec quelle parcimonie cette «'au bienfaisante esl mise à profil par les indigènes.

N'ous rencontrons seulement sur notre chemin le puils d'Ail Tinziii. dans 1rs Ait Zaïneb, et, au pied de la colline du Djebel \guersioual, dans les Ait Touaia, la source de Mougaidin. En ce dernier poinl se trouvent trois maisons abritanl des bergers avec leurs troupeaux, les seules que nous ayons \ues sur l'espace d'une trentaine de kilomètres avanl d'arriver à l'étape. El l'on se demande encore commenl ces pauvres gens peuvent vivre, ainsi isolés, sans cesse exposés aux razzia des brigands de la plaine.

Mr- zeltat, toujours aux aguets, -nul visiblement soulagés en approchanl d fndiout, dans les Ait Tamassin, où nous devons passer la nuit. Nous atteignons ce village a pré- avoir remonté sur quelques kilomètres le thalweg île VAsif Taousdrem, le long duquel sonl cultivés des champs de céréales, irrigués avec l'eau peu abondante de la rivière.

fnd/'ouf, qui forme un groupe important d'environ 150 feux, esl

VOYAGE AU SIROUA. 507

assis au fond d'une vallée encaissée : véritable oasis de verdure, d'amandiers, de champs admirablemenl exploités, qui apporte un,' note de lumière el de gaieté dans le sombre el triste paysage des grès bruns. Les maisons à deux ou trois étages, sont con struites avec de grosses briques en terre argileuse, séchées au soleil; celles qui forment le pourtour du village sont disposées de façon à constituer une suite ininterrompue qui sert de mur d'enceinte, tandis que dans l'intérieur elles sont séparées par des rues e nca i ssées, pareilles à celles des grandes \ illes marocaines. < lel le disposition particulière dlndiout s'explique aisément, à cause des attaques auxquelles ses habitants sont consl a m m i' n i l' n li m I .

de- la pari des tribus voisines ou des bandespillardesqui infestent la plaine. Surpris de ne pas voir de Mellah, dans une

aggl '•r.'ilinn aussi importante, j'apprends que les Ait Toua'ia

el les Ait Tammassin interdisenl aux Juifs, d'i façon rigoureuse,

l'entrée de leur tribu.

Nos zellal comptaienl nous faire doi r l'hospitalité chez le

leurs amis, malheureusemenl absent. C'csl son jeune fils qui nous

reçoil : il ne peul que nous offrir un abri, <•! nous sommes obbg le

vivre sur n<>- modestes provisions.

I iu, [91. — [ndiout. dans les Vil Tamm

;7 mars. — Nous quittons I ndiout vers 7 lieures du matin pour remonter VA si/ Toousdrem où j'observe, sous les grès lu-un-, des

I ig. 192. — Vestiges de la [errasse quaternaire d'Ain Tirioun in Indiout.

laves el des brèches volcaniques, en masses assez importantes '•I dont j'avais eu déjà quelques indices hier. C'esl toujours le même |i.i\ sage rocheux, aride.

\ ers 8 heures, le Siroua apparaîl avec sa crête déchiquetée el son somme! couverl de neige. L)e toute la journée je ne le quitterai presque plus des yeux.

Après deux heures de marche, is pénétrons dans une vaste

dépression quaternaire creusée dans les grès el comblée par des alluvions. Je relève là le poinl d'eau ÏÏAïn Tirioun in Indiout. L'alfa

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l ig. i""'. i " press l'Ain T

noun in lihl i.

VOYAGE AU SIROUA. 500

v esl abondani el constitue des pâturages assez recherchés, à en juger par l'importance des troupeaux que j'y ;ii rencontrés : une centaine de bêtes à cornes, venus de 10 kilomètres au moins.

La dépression à'Aïn Tirioun esl contiguë à celle beaucoup plus importante de VOuad Tammassin que nous allons traverser el qui a au moins 6 kilomètres de largeur. Mil»' esl creusée dans le granité ,.| |es erneiss. Le village de Tammassin, que nous laissons a gauche à plus de 3 kil êtres, paraîl très important; il esl situé au bord

Fig. 194. - Dépressi le Tan

ona dan?

de la rivière du même nom el apparaîl de loin au milieu d'une lai lie de verdure formée par des champs de céréales.

Nous traversons au milieu de la dépression, le lil presque desséché de VAsif Tammassin] is sommes ici près de sa - 'ce el

la rivière sera grossie plus loin par des affluents descendus du revers oriental du Djebel Siroua. Sa direction générale esl ouest-est, elle fail partie de l'< luad Draa.

Nous faisons halte auprès du puits d'Anau n Dannsderm, ■! une

prof leur d'une dizaine de mètres. N'ous sommes là au pied d'un

piton phonolitique rappelanl par sa fori :cu.v 'In Massif central

de la France, comme le < ierbier-des Joncs dans le Velay.

Nous quittons la dépression de VAsif Tammassin pour gravir un

<<■-■ 105. - Plateau granitique des Aïl Khzama. massif du Siroua dans le fond.

ilateau formé de gneiss, d'amphibolites, de micaschistes, avec toul eur cortège de roches des massifs cristallins. Nous entrons

lès ce m ni dans les Ait Khzama. Le plateau absolumenl nu, à

>eu près horizontal dans son ensemble, forme une pénéplaine se proongeanl 1res loin au nord el à l'est; el paraissanl limitée à l'ouest tar le Djebel Siroua. A une dizaine de kilomètres à l'es! el plus loin

runs viennenl reposer sur ce soubas-

ncore dans le suu, les gi emenl de roches ancienn Vprès trois heures de mar

•in-, nous arrivons au I ><>i-i I du

plateau,

1 '-■ '08 Vallée de I Ouad Techokchl el massif di

'Oyage au siroua.

limité par une \ allée assez importante, celle de 1 Ouad Techokchi, (\u'\ se dirige vers le nord el va se jeter dans VOuad Irnini. Cette rivière appartient donc encore au bassin hydrographique du llaul-Draa.

J'ai de ce poinl une vue superbe sur un réseau de ravins creusés dans la pénéplaine des Ait Khzama, laquelle se prolonge au delà de |a vallée el parai! servir de socle au Djebel Siroua. Ce dernier

rappelle, par sa crête dentelée, hérissée de soi -I-- déchiquetés

ou de pics aigus, certains profils volcaniques comme il en existe en Auvergne où ils s<ml caractérisés par leurs puj s el leurs dômes.

Nous passons .:i côté du village de TechoKcht, qui se compose de plus de deux cents maisons, avanl d'arriver à la rivière du même nom.

Celle-ci roule, avec une vitesse moyenne, une eau très claire dans un lil de I mètres sur ii m. 20 de profondeur.

Nous ^ravissons, par un chemin sinueux, le flanc gauche de la vallée pour atteindre celle d'un affluenl de ['Ouad Techokchi, VOuad Amacin, que nous allons maintenanl remonter. Sur une étendue

de 3 kilomètres, le thalweg de VOuad Amacin esl admirable ni

utilisé; les indigènes \ onl établi, ;> l'aide de unir- en pierres sèches, une série de petits champs en escalier où ils cultivenl les céréales. N'ous arrivons vers ô heures au village où nous devons passer la nuit.

[matin esl situé d'une façon pittoresque sur le flanc gaucho de la vallée el bAti en amphithéâtre sur un énorme filon granitique. Les trois cents maisons qui le composenl formenl une série de gradins

Fit;. 19' I ■ ■ I

clonl le plus élevé, occupé par la demeure du Chikh, domine le plus inférieur d'une hauteur presque à pic d'une soixantaine de mètres. Les constructions sonl assez primitives, faites de briques en terre argileuse séchée au soleil.

Le chef du village nous souhaite la bienvenue; mais il nous faui attendre pendanl trois heures, accroupis à la (m. rie de la djemaa, l;"Tm''' l|(' l'hôte que nos zettal nous destinent. Ce dernier nous offre une hospitalité très cordiale quoique des plus modestes. Je prévois à ce moment que nous rencontrerons sur notre roule des

lifiicultés d'un autre ordre

'I11 lr| : nous .-illous souffrir de la faim.

que celles que nous avons endurées jus

t8mars. Notre départ d'Amacin ne s'effectue que vers 9 heures

'Terne pour lloln

villaj

''• me diseiil les zettat. Du haul du '' la vue s'étend au loin, ce qui explique la position élevée de la maison du < Ihikh.

X""^ sommes au pied du Siroua. J'ai été frappé dès hier par son profil anguleux etj'ai relevé ensuite des vestiges de coulées de laves,

de l'autre côté de VOuad Techokcht\ il n'en fallait pas plus | ■ me

l:"lv Pressentir l'origine volcanique du massif une nous avons

VOYAGE AU SI Ko!' t.

devanl nous. El en effet, toute une série de coulées superposées ge montrent sur le flanc oriental de la montagne mystérieuse.

Mais un incident qui aurail pu tourner au tragique a failli m'empêcher de pousser ]>lu> loin mes investigations.

Nous avons à peine fail dix minutes de chemin que nous nous sntendons interpeller; c'est le Chikh i|iii. avec un autre homme, •-I à noire poursuite. La première pensée de Moulai Ibrahim, [ui est aussi la mienne, esl que je suis découvert; mais il s'agil le tout autre chose : ■• Vous nous avez caché votre véritable origine — nous disent-ils — car vous êtes des Soussi. Vous allez ■etourner sur vos pas cl vous serez nos prisonniers. »

Voici ce qui s'était passé. Les lit Khzama sont en lutte avec liverses tribus il h Sous. ;'i Ici poinl que les Soussi qui osent passer or A m 'ici a ysonl arrêtés et complètement dévalisés. Notre présence lans ce village a quelque peu intrigué, on s'est demandé pourquoi mus suivions un chemin aussi peu fréquenté; on ;i émis des doutes mr le but avoué de notre voyage ci. pour comble de malheur, un

lomme arrivé ci 'nie temps que nous prétend avoir reconnu

lotre le qui sérail celle d'un habilanl du Sous.

La situation peul devenir grave, car si nous sommes dépouillés >n reconnaîtra en moi un roumi ;'i cause de me- appareils.

Moulai Ibrahim el mes zettal protestenl énergiquemenl, I un de :es derniers surtoul : - Nous sommes de Marrakech; non- arrivons le Tikirl cl allons chez le Chikh des Vil Tameldou; notre mule ist celle du Chikh Si Abdallah ». Mais le chef iïAmacin neveul rien intendre, il prend noire bête par la bride ci non- enjoint, sous leinc d'événements plus graves, d'obtempérer ;i ses ordre-,.

Il faul bien nous exécuter, mais chemin faisant, ;i la suite d'ex ilicalions énergiques 'le mon meilleur zeltat, !<• Chikh commence ;'> jomprendre qu'il ;i pu se tromper. Nous demandons alors à com oraitre devanl celui qui non- a si ealomnieusemenl dénoncés.

\Totre interlocuteur fini! par se persuader qu'il .1 été induil en •riv 11 r el il parail en cire très ennuyé. C'esl alors un dialogue in 1er-

minable entre mon guide el lui; puis, toul à fail convaincu de sa méprise, il i n >i i ^ supplie de venir jusque chez lui : ■• Ma maison esl .1 vous, loul ce que j'ai esl à vous, je vois que j'ai accusé d'honnêtes gens . Mais je refuse de m 'arrêter plus longtemps, ce! incidenl

is ayanl déjà fail perdre plu^ d'une heure. Alors le Chikh me

jette sur les épaules --nu manteau, un khenif l • > 1 1 1 neuf : - Tiens — me dit-il prends mon manteau el promettez-moi tous que vous oublierez l'injure que je vous ai faite ».

Je H accepte pas le cadeau el nous pouvons enfin poursuivre notre route, heureux d'avoir été tirés de ce mauvais pas par l'attitude énergique de notre zettat. Malheureusement cel incident a quelque peu ébranlé son assurance.

Je me proposais de bien voirie Djebel Siroua; mais notre guide estime qu'il faut aller coucher le soir même chez le Chikh des Ait Ta'meldou, où nous serons en sécurité. Les Ait Khzama sonl très mauvais et, après ce i|iii vienl de se passer, d'autres alertes sonl à redouter. J'ai beau insister, le zeltal demeure inflexible : « Tu sais que j'ai juré au Chikh Si Abdallah qu'il ne t'arriverait rien de fâcheux; il faul que nous quittions cette tribu aujourd'hui même, car demain surgirai! une autre difficulté ». Il me promet seulemenl de me mener sur un sommet élevé du Siroua d'où je pourrai observer toul l'ensemble du massif; mais il me faudra renoncer à faire l'ascension du poinl culminanl .

Je m'incline devanl une volonté si netteinenl déclarée, car je me

l'ends bien compte que i i guide n'j mel aucune mauvaise volonté.

11 '■-| seulemenl animé du vif désir de remplir jusqu'au boul la mission qu'il a acceptée du < Ihikh de Tikirt.

Au sortir tfAmacin nous suivons le chemin du Tizi n Ougdour. " s'engage dans une vallée granitique, encadrée des deux côtés Par d'épaisses coulées de trachyte, qui montrenl de belles colonnades rappelanl certains jeux d'orgues de l'Auvergne. Au-dessous de ces laves sont des porphyres qui représenlenl peut-être les premières déjections du volcan du Siroua.

VOYAGE \r SIROUA. 515

Au somme! < 1 1 1 ravin, nous atteignons un col qui traverse une accumulation considérable de cendres volcaniques d'une blancheur éclatante. Ce col, dont je n'ai pu savoir le nom, ;i une certaine importance au point de vue géographique : il se Lrouve sur la ligne de partage des eaux des bassins du Draa el du Sou-.. En effcl . dans la vallée que nous venons de remonter, coule une rivière qui apparlii'iil au réseau hydrographique du Draa cl va se jeter, parallèle-

I il' 199. - Pitons volcanique

des Ail Mi/;in

iim'iiI à YAsif Amacin el au-dessous de lui, dans VOund Techokcht; tandis que du côté de l'ouesl se montre une vallée qui se dirige vers \o Ait Tnmeldou el va se bifurquer avec la vallée de VOund Tifnout mi Sans supérieur.

Nous sommes dès à présent dans la zone c plète ni envahie

par la neige en hiver. Le sol, mainlenanl dégagé, esl recouverl dans I'"- moindres dépressions par un gazon épais; ailleurs se i trenl de grosses touffes d'une plante épineuse. Vussi les indigènes des Ait Khzama viennenl j faire paître leurs troupeauN à la belle saison, el mon zetlal un' montre quelques maisons abandonnées qui vonl servir de bergeries le mois prochain.

Le Tizi n Ougdour donl parle le vicomte de Foucauld se trouve non loin de là, à '.\ kilomètres plus à l'ouest. \:ous j accédons en

DANS LE Bl I D ES SIBA.

Massif volcanique .1

[lie un siroui

l ru versa ni la vallée très évasée, que j'ai mentionnée loul à l'heure el qui prend naissance à la créle du Siroua, pour se diriger vers VOuad Tifnout. Rien n'csl mieux caractérisé que le paysage volcanique que j ;" s°us les yeux : on se croirail dans un site auvergnal du Cantal "M il m Monl-Dore.

De Tizi n Ougr/our nous gravissons, le zettal el moi, un pic d'un la vue s'étend très loin dans toutes 1rs directions.

'• Ulas constitue au nord une barrière Formidable avec ses sommets imposants, parmi lesquels je distingue très neltemenl le

VOYAGE AU SFROUA

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