Souvenirs d'une mission à Berlin en 1848, fol
2. Journal de Charles Didier, 6 avril 1848. Il s’agit de Bettina d'Arnim, amie de Goethe. Didier fréquenta beaucoup les Arnim pendant son séjour en Allemagne. Le 7 avril il note dans son journal : « Une longue visite d’adieu à Bettina avec laquelle je cause fort intimement de toutes choses. Elle a de l'esprit, beaucoup de mouvement et de spontanéité, rien de nos bas-bleus.. La fille ; Amgart (sic) était là, belle, fière. Elle s’humanise pourtant jusqu’à me faire prendre de l’homéopathie pour mon extinction de voix. Comme je partais, sa mère lui dit : « Donne la main au premier Républicain qui nous vient de France ». La mère est républicaine à sa manière, la fille monarchique. Aimée par un Prince Royal, il n’en pourrait être autrement ».
3. Souvenirs d'une mission à Berlin: Le prince Adam Czartoryski était arrivé à Berlin de Paris, le 26 mars 1848.
personnelle. Je lui promis de lui rendre les bons offices qui pourraient dépendre de moi, pourvu qu'il ne s’agît, ni de préparer de nouvelles émeutes, ni d'effectuer un démembrement, même indirect, de l'État prussien, ni d'engager, sans la sanction formelle du gouvernement français, une querelle entre la Russie et toute autre contrée ; ces réserves, qui réduisaient notablement mon concours, M. Didier les accepta de bonne grâce. Son bon sens ét son humanité lui firent comprendre que je ne pouvais faire plus, ni mieux ! ».
Armé de plusieurs lettres de recommandation pour Posen, que lui remirent Circourt et des Polonais qu’il avait rencontrés à Berlin, Didier quitta, non sans regret, son aimable collègue et partit pour Posen le 7 avril. Le lendemain, dès son arrivée, il se mit aussitôt en relations avec Mielrzinski (sic), membre du comité national et avec d’autres chefs qui pouvaient le renseigner ?.
Le 10 avril il écrivait à M. de Circourt :
Posen, 10 avril 1848 ÿ
Monsieur,
« J'aitrouvéici les choses assez peu satisfaisantes. Ce n’est pas que l'incursion que l’on redoutait à mon départ de Berlin ait eu lieu, ni qu’elle soit même imminente, mais on n’est pas content des tergiversations du cabinet prussien. Il est clair à tous les yeux que ses lenteurs sont calculées et qu’il entend retenir d’une main ce qu’il lâchera de l’autre. Vous ne sauriez trop insister pour qu’il joue franc jeu avec les Polonais. S'il veut les aider, qu’il le fasse ; s’il ne le veut pas, qu’il le dise. Qu’on sache au moins à quoi s’en tenir et sur quoi on peut compter. Il n’y a plus désormais de diplomatie ; la meilleure de toutes est la franchise. Veut-on une Pologne ou n’en veut-on pas ? Voilà toute la question. Je crois que là-dessus nous sommes bien d'accord.
Il se prépare ici une expédition assez grave. Les volontaires polonais ont formé trois ou quatre camps du côté de la frontière du royaume de Pologne ; il s’agit maintenant de dissoudre ces camps, et si lestroupes prussiennes chargées de cette commission ne la remplissent pas avec beaucoup dé prudence, beaucoup de ménagement, il peut naître delà