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5. Ceci est inexact. Il écrit dans le journal le 6 décembre : « Dîné chez de Lacour avec de Latuada fsic) chargé d’affaires de Modène ». C’est le 12 qu’il visita Frohsdorf, et il ne parle pas d’autres rencontres avec l'agent du duc de Modène.
princesse de Modène, M. de EL. a naturellement des relations suivies avec Frohsdorf ; c’est donc à lui que je m’adressai, à table et devant tout le monde, pour les renseignements dont j'avais besoin, et ce fut lui que ine traça, avec le même mystère, mon itinéraire du lendemain, m'indiquant la station de chemin de fer où je devais m'’arrêter, l’auberge où je devais descendre, l'endroit où je trouverais une voiture pour Frohsdorf, l'heure, enfin, la plus sûre pour me présenter au château. ! »
Le récit de sa visite à Frohsdorf concorde en tous points avec les notes du Journal à ce propos : arrivée à Wiener-Neustadt, point de départ pour la promenade en voiture au château de Frohsdorf ; réception par le duc de Lévis, auquel il remet la lettre de Freissinet ; présentation au comte de Chambord, qui le reçoit « en roi, debout d’abord — me fait asseoir et me congédie — cheveux blancs, fins, plats, yeux bleus, figure pleine. (11) proteste de son absence d’ambition. Attend que les Français viennent le chercher ? ». Après cette audience, Didier fut reçu par la Comtesse du Maine, comme se nommait en exil la duchesse d'Angoulême 3. « Vieille tout à fait, voix rude, ton brusque. Cette femme me fait impression quand je songe combien elle a souffert. (Elle) voulait me retenir à coucher 4 ». Didier s’excusa, mais accepta une invitation À dîner; pendant ce repas, elle ne parla qu’à lui. « Je n’étais séparé d’elle que par sa dame principale. (Elle) a de la race, ne souffre pas que l’on parle mal de la France devant elle ». D’après ses notes, cette femme ne laissa pas de l’impressionner. « C’est là certainement la figure historique la plus pathétique, la plus saisissante, qui soit en Europe. Elle a produit sur moi une grande impression, et je n’ai point caché l’émotiondont j'étais pénétré. Le respect et la pitié se partageaient mon cœur 5». En effet, ce que le voyageur aurait dû écrire, c’est plutôt Une visite à Madame la duchesse d’ Angoulême, car il lui accorde beaucoup plus d'attention qu’au prétendant lui-même. Didier fut présenté aux autres personnages de la « cour », et avant le dîner, la présentation à la
1. Il aura sans doute reçu toutes ces indications utiles du chargé d’affaires de Modène. Mais ce qu'il n’ajoute pas, c’est que le lendemain de ce dîner, il écrivit à Frohsdorf au duc de Lévis pour demander quel jour on pourrait le recevoir. Il note le onze décembre dans le journal que, la réponse attendue étant arrivée, il fait ses préparatifs pour se présenter le lendemain.