I. 127 août
2. Née Anna-Quintina-Albertine-Ida d'Orsay, comtesse de l'Empire. Elle avait épousé le duc de Gra‘mont (1789-1855), qui servit dans l’armée anglaise en Portugal et en Espagne. Ils habitaient à Paris, rue Ville-l'Évêque. Leurs enfants, dont Didier parle beaucoup dans son journal, étaient : le fils aîné, duc de Guiche, le cadet, comte de Gramont et duc de Lesparre, et les deux filles, Ida et Léontine.
3. Madame Childe, sœur du général célèbre Robert E. Lee, habita Paris pendant de longues années, où son salon fut fréquenté par le grand monde cosmopolite. Elle fut une amie de Prosper Mérimée et les lettres de Mérimée à la famille Childe ont paru dans la Revue de Paris, 15 mars 1908, p. 233-234-235 et 244. Voir aussi Qurlques correspondants de M. et Mme Childe et d'Édward Lee-Childe, London, 1912. (L'auteur n’a pas réussi à consulter ce livre, qui est très rare).
parte ! et avec son fils Napoléon. Dès la première rencontre, Le ro2 Jérôme lui fut sympathique, car il avait «l'air bonhomme », avec « du. sens ». Ils devinrent de plus en plus intimes, et on l'invita souvent aux Invalides. Il y fut reçu «à merveille », notamment quand il alla féliciter le nouveau Maréchal de France ?. Jérôme l’invita à dîner avec la duchesse et d'Orsay 3. Il devint même, pour l’ancien roi de Westphalie, une sorte de confident, et il anoté,le3 mai 1850 : « Jérôme me retient longtemps à me parler de son neveu. Il craint la pente qu'il suit et voit au bout sa perte et celle de toute la famille ». L'Empire une fois établi, Jérôme « reste bonhomme, mais Napoléon est plus accessible aux fumées du cérémonial ». À propos de ces relations avec les Bonaparte, on a calomnié Didier, en insinuant que, par complaisance pour Jérôme, il s’occupait ostensiblement de Madame de Plancey, pour l’aider à cacher une liaison qui eût pu faire scandale. Il est exact qu'il parle souvent, dans son journal, de ses rencontres avec les Plancey, aux Invalides et ailleurs, mais rien de plus. Au mois de décembre 1852, il notait, par exemple : «Madame de Plancey passe publiquement pour la maîtresse de Jérôme, ce qui fait une position fausse à son mari, nommé premier écuyer du Prince ». Elle n’en était pas moins à ses yeux, « toujours: excellente et charmante femme », et il la trouvait sympathique, ainsi du reste que son mari.
Tout ce monde dans lequel il se trouvait lancé se montrait très aimable pour lui. Les attaques et les procès d’Aglaé Didier et de Lamennais ne changèrent rien à ses relations avec ses nouveaux amis. La grande-duchesse de Bade, venue à Paris, l’engagea à se rendre auprès d'elle. Toute l'aristocratie polonaise, fixée ou de passage à Paris, lui ouvrait ses portes, et dans ce milieu il avait des amis qui lui étaient très chers. Cependant il se sentait républicain trop convaincu pour se trouver vraiment heureux dans ces cercles mondains. Il s’y ennuyait même de plus en plus. « Je reviens peu à peu à mes anciennes idées de retraite et de solitude. C’est toujours là le port où j'aborde quand j'ai été rudement agité, comme je le suis depuis longtemps 4». Il fit aussi la connaissance de l’archevé-