‹ Dans Le Sillage Du Romantisme Charles DidierChapitre 119 sur 172 · Le 5 janvier · texte numérisé non relu

Le 5 janvier

3. Le comte d'Orsay, frère de Madame de Gramont, ami intime de Didier. Sur d'Orsay, voir Boulenger, Jacques, Les Dandies sous le Second Empire. Paris, 1932.

4. 31 mai 1850. Quelques jours après, il se plaint de mener « une vie misérable :

ne travaillant pas, ne pensant pas, faisant des visites inutiles et préoccupé du procès ».

que de Paris !, qu’il admirait beaucoup, et qui le reçut de temps en temps pour causer de religion. Didier aurait voulu.se convertir. Son amie, la duchesse de Gramont était très pieuse, ainsi que ses filles, et toutes trois s’efforçaient de ramener à Dieu cette âme en peine. Dans un sonnet de jeunesse, Didier avait lancé cet appel :

O Dieu fais-moi donc croire à l’immortalité !2

Il s'était depuis rapproché de la foi, mais restait encore hésitant au seuil de l’Église. Il note dans son journal, le 15 juillet 1851 : «.. Il me semble que je joue avec moi-même une comédie, et pourtant je suis souvent sincère. Je sens toujours de plus en plus que la religion seule peut agir efficacement sur le cœur et le convertir. Rien sans la grâce ». Il ne voyait plus son ancien ami Liszt, mais il savait la ferveur de sa foi ; Berlioz, à son retour de Weimar, lui donna, du reste, de ses nouvelles. Didier rêva parfois de la vie monastique, mais le fait est qu’il ne se convertit pas à.

Pendant cette époque troublée de sa vie, Didier abandonna la plupart de ses amis et de ses relations du monde littéraire. En dehors de Lamartine, de Rosier et de Madame Hamelin, il n’en conserva guère que deux, qu’il devait garder jusqu’à sa mort : Victor Hugo et Madame Reybaud. C’est le comte d'Orsay qui le ramena chez le grand poète, auquel il faisait visite de temps à autre. Mais nulle sympathie bien vive n’existait plus entre eux, et quant à Madame Hugo, que Didier avait trouvée si charmante vingt ans auparavant, il avait cessé de l’admirer : « Madame Hugo a l’air d’une folle avec ses cheveux ébouriffés. Du reste, elle est bête comme elle l’a toujours été, se jetant à travers la conversation, ne laissant rien finir, ne comprenant rien ou pas grand’chose, avec cela ayant quelquefois des mots assez heureux ». Mais Madame Reybaud, son amie et sa confidente depuis la crise domestique de 1846, lui était restée très sympathique, et il la fréquenta beaucoup après son retour à Paris. Quant à l’ami de celle-ci, le docteur Yvan’4 homme fort original, ses bizar-

12 Marie-Dominique-Auguste Sibour, archevêque de Paris, du 15,juillet 1848 au 3 janvier 1857. Didier lui fut présenté par son ami le docteur Yvan.

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