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fus plus consternée que jamais, et vous m'avez vue en humeur de suicide très réelle. »
C’est à cette Mme Dudevant humiliée et déçue qu’'Hortense Allart présentait Charles Didier le 2 février 1833. « [Elle est] telle que je l’imaginais et l’attendais », note Dider dans son journal. « Un peu sèche et sans liant. Elle a une tête singulière. Je ne la crois plus capable de passion. » Ce n’est pas là le coup de foudre ! Didier, grand timide, n’eut pas un instant l'idée qu'il pût tomber amoureux de cette femme, qu'il admirait pour son talent, mais dont il croyait la vie sentimentale finie, elle qu’attendaient ses.grands drames passionnels avec Musset, Michel de Bourges et Chopin. Pour lui, c'était Mme Dudevant, un grand écrivain qui avait été une grande amoureuse. Dans le journal, il l’appelle toujours « Mme Dudevant », du moins jusqu'en octobre 1834, quand, à la veille du départ du voyageur pour l'Espagne, elle l'invite à dîner chez elle 1.
Sans donc tomber amoureux d’elle dès cette première rencontre, il l’admire cependant, et sans doute subit-il déjà son charme. Le surlendemain, il fait « visite à Mme Dudevant... Serait-elle capable de passion ? Je crois qu’elle a passé le Rubicon. ? » Après cette visite, il va chez la Princesse Belgiojoso, où il trouve Musset, « qui passe pour son amant. »
A ce moment, George Sand n’avait pas encore rencontré Alfred de Musset #. Ce n’est qu’au mois de septembre que Didier écrit « Sainte-Beuve me parle de Mme Dudevant et de Musset. Elle a écrit à Sainte-Beuve qu’elle est vraiment amoureuse : « J'ai cédé ‘par amitié, l'amour est venu ». Avant qu’elle devienne la maîtresse de Musset, Didier la voit souvent, il la trouve de plus en plus sympathique, une véritable amitié naît entre eux, qui lui est très précieuse. Nous voyons se développer cette amitié au cours de ces visites, où l'intimité se resserre peu à peu. 4
1. Journal, 14 octobre 1834 : «Dîner avec Fortoul chez George Sand, laqueile gracieuse et aimable ».