‹ Dans Le Sillage Du Romantisme Charles DidierChapitre 51 sur 172 · La Revue des Deux Mondes et la Comédie française, p · texte numérisé non relu

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4. Buloz l’attendait avec impatience pour le publier dans la Revue des Deux Mondes. Elle l’a détruit plus tard sans le publier.

tement, et même à l’époque de ses procès, quoique ses ouvrages eussent eu beaucoup de succès, nous voyons plus d’une fois, en lisant sa correspondance avec Buloz, qu’elle a dû réclamer des avances pour faire face à ses obligations.

George Sand vient passer quelques semaines à Pas au printemps de 1836, et la première fois que Didier parle d’une rencontre, c’est le 22 mars, quand il passe la soirée chez elle. Quelques jours plus tard (le 26 mars), il va au Salon, où il la retrouve. Elle l'invite en même temps qu’'Emmanuel Arago et Charles d'Aragon à rentrer avec , elle, et ils restent tous trois à souper ensemble. « Nuit fantastique. Nous ne la quittons qu’à cinq heures. Il était grand jour. Arago était gris. Ils sont tous les deux (Arago et Charles d'Aragon) amoureux d’elle. J'étais là, la tête dans les coussins du divan, et elle, triste et pas trop cassante, me passant les doigts dans les cheveux en m’appelant son vieux philosophe ».

Le lendemain soir, il court à onze heures et demie à son appartement du quai Malaquais, apportant trois bouteilles de champagne. « Souper comme hier. D’Aragon n’y était pas, mais une Madame J... Nous étions tous gris, moi moins que les autres, George était gaie et riante. Je n'aime pas son côté de mauvais ton, mais je le pardonne. Elle a le vin tendre, moi aussi. Elle m'embrassait, je l’embrassais, et en nous quittant, à huit heures, par un orage affreux, nouséchangeons son écharpe en cachemire contre mon foulard blanc ». Et puis le surlendemain : « Chez George Sand où je dîne. Je reviens chez elle à minuit. On soupe, mais je m'y suis déplu, le spleen me gagne. Je n’aime pas tout cela, et lève la séance à trois heures ».

Ces nuits fantastiques sont quelque chose de nouveau pour Didier. Il commence à aimer Sand, et s’il est navré de son côté de mauvais ton, il le lui pardonne, parce qu’il l'aime. Fort troublé, il continue à assister aux soupers au quai Malaquais. A celui du trente et un mars, il retrouva Emmanuel Arago et Fortoul et ne rentre chez lui qu'à six heures du matin. Le lendemain, il se lève à trois heures, plus troublé encore, et il va chez George Sand. Elle est encore au lit quand elle le reçoit. Elle se lève, mais il reste peu, étant «silencieux, froid et fatigué ». Il la quitte pour aller faire visite à Carnot, chez lequel il retrouve Fortoul, qui lui parle du souper de la veille. «Il est convaincu que George Sand a envie de moi... Jene voudrais

pas m'éprendre, car je serais bien malheureux, avec des caractères comme le sien et le mien t ».

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