‹ Dans Le Sillage Du Romantisme Charles DidierChapitre 52 sur 172 · Journal, 1er avril · texte numérisé non relu

Journal, 1er avril

Il comprend qu’il n’y aura jamais de bonheur possible ni pour lui ni pour elle, mais les paroles de Fortoul ont fait grande impression sur Didier, jusque là trop modeste pour croire à son succès auprès de George Sand. Quand ils sont seuls, il la trouve belle et elle lui plaît : «tous ses défauts de mauvais ton ne la reprennent qu’en société », surtout dans la société des soupers. Le 13 avril, il note encore : «Nous soupons, Calamatta, Emmanuel Arago et d'Aragon. Nous nous grisons, surtout d'Aragon et moi. Nuit fantastique et délirante ». C’est la dernière de ces réunions dont il parle. Deux jours plus tard, il va au quai Malaquais à une heure et reste en « tête à tête bon enfant » jusqu’à l’heure du dîner. Il dîne chez elle, et ils ne se quittent pas. Le lendemain matin, il l’emmène faire une promenade au Jardin des Plantes, « où nous flânons par un temps charmant », puis la mène à son appartement, rue du Regard, pour le déjeuner. « Elle est un peu malade ; je la soigne et la guéris en la magnétisant. Je la reconduis chez elle à six heures, après être resté trente heures sans nous quitter... Nous nous lions d’une étroite intimité ».

Ainsi commencent les jours les plus ‘heureux de toute la vie de Charles Didier. Le lendemain, il va passer la nuit chez elle, puis, le soir, George Sand l’accompagne chez lui pour dîner. « J'étais heureux, mais muet ; elle sérieuse. Elle était belle à ravir ». Les jours se ressemblent, «je ne la quitte guère plus aujourd’hui qu'hier ! ». Elle dîne encore une fois chez lui, et, le soir, David Richard lui donne une leçon de phrénologie. « Il était un peu épris, et moi un peu jaloux ». Elle reste la nuit rue du Regard, et, le lendemain «elle fait sa toilette avec mon aide. Nous déjeunons, puis je la conduis au collège Henri IV, pour voir Maurice. Elle me parle beaucoup de Michel [de Bourges] et me raconte la nature tout intellectuelle de leurs relations. Elle me jure n’avoir pas eu d’amant depuis sa rupture avec Musset. Elle était belle et charmante ». |

Le 25 avril, George Sand déménage et vient s'installer chez Didier, rue du Regard. Il lui cède sa chambre. « Nous lisons Engelwald dans la soirée et puis restons la nuit en tête à tête. Son installation chez moi provoque mille cancans, d’abord dans la maison, puis au dehors b.

I] lui consacre toute la fin du mois, l’accompagne partout, ne la

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