‹ Dans Le Sillage Du Romantisme Charles DidierChapitre 6 sur 172 · Le 30 mars 1808. Archives de l’État, Genève · texte numérisé non relu

Le 30 mars 1808. Archives de l’État, Genève

César et trouve cette tragédie tout à fait burlesque. ! « Il faut, -dit-il que le peuple anglais ait bien mauvais goût. ? ».

En 1822 il entra dans ce qu’on appelait alors l’Auditoire des Belles-Lettres, où se trouvaient parmi ses camarades Charles Schaub ?, Octave Chaponnière #et Jules Trembley 5. Didier continua à s nt au travail, à lire beaucoup. Son imagination s’éveilla, et déjà aussi une sorte de soif intellectuelle. Mais il n aurait pas été de son âge de ne s'intéresser qu’à ses lectures et à ses études. Charles prenait part aux jeux et aux sports de ses camarades. Un jour il eut le malheur de se blesser à l’œil. Rien de très grave, à ce que l’on croyait alors, mais de cet accident devait naître le mal qui allait s’aggraver plus tard et finir par l’aveugler. Ilaima surtout les excursions à pied, il en fit dans tous les environs de Genève, jusqu’à gravir les glaciers des hautes montagnes.

Didier avait déjà entrepris son journal, qui, suivant Marc Monnier, commençait au 15 septembre 1821. D’après l’auteur de Genève et ses poètes : « Dès lors et jusqu’à la fin de sa vie 5, il nota régulièrement, ponctuellèment chaque soir son œuvre du jour, ses pertes et ses profits Il avait pris très tôt l'habitude de noter ce qu'il avait appris et ce qu’il avait lu». En effet, il terminait chaque journée, comme dit Marc Monnier, en faisant « sa caisse intellectuelle ? ».

La première date de ce journal qu’il a été possible de préciser est fournie par la lettre suivante, adressée à un camarade de collège, Charles Schaub $ :

Mardi, 11 février 1823.

«Dis-moi un peu, mon cher Schaub, pourquoi tu marques le temps qu'il fait chaque jour ? ? Quelle utilité en retires-tu ? Est-ce pour pou-

1. Plus tard il manifesta une grande admiration pour Shakespeare dont il fut un lecteur assidu.

2. Marc Monnier, Genève et ses poètes, 1e édit., chap. IX, p. ME 3. Fils du professeur de mathématique J. J. Schaub, famille très connue à Genève.

4. Jacques Octave Chaponnière (1808-1883), un des fondateurs de la Banque de Commerce, à Genève. ;

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