Albert Jules Trembiey, sculpteur genevois
. C’est inexact. Dix ans avant sa mort il a dû renoncer à continuer son journal,
dicté depuis une année à cause de la maladie des yeux dont il souffrait.
7. Ms. Notes de Marc Monnier sur le Journal de Charles Didier, 1821-1826.
8. Lettre inédite de la collection de manuscrits de la Bibliothèque publique et un versitaire de Genève. Cote. mss. suppl., 1267-1268.
9. Plus tard et pendant des années il « marqua le temps qu'il fait ». Il était très sensible à la température, qui influait beaucoup sur lui.
- voir, à la fin de l’année, additionner les jours où le soleil s’est montré ?
Ton dévoué Didier.
P.S. Voilà mon journal, que je t'ai promis.
Tu le liras avec indulgence.... tu y trouveras des choses assez banales, maïs je crois que nous nous rapporterons quant à l'exactitude, et il n’a pas été en mon pouvoir de le mieux faire. Adieu, cher Ami, ; ’attends une réponse dans laquelle tu me diras ton avis sur le journal ».
Mais il ne limite pas ses efforts à ses études, à ses lectures et à son journal. Dès 1823 il écrit beaucoup de vers, des poésies sur divers sujets, entre autres, un poème sur Alexandre le Grand, dont il est assez content et qu’il cherche à faire imprimer. Il l’envoie donc à l'Almanach genevois. C’est ainsi qu’il est entré en relations avec un des rares Genevois de l’époque qui s’intéressaient à la poésie, et qui devint son ami pour la vie, Petit-Senn 1. Le directeur de l’Almanach lui renvoya la poésie sur Alexandre « avec des observations critiques et une apostille assez railleuse, signée Petit-Senn, qui offensa fort le débutant. Cependant l’offenseur et l’offensé devinrent bientôt bons amis, et bons amis restèrent toute leur vie 2 ».
La pauvreté compliquait déjà la vie de Charles Didier. Son père ayant perdu presque toute sa modeste fortune, il doit prendre un poste de précepteur. Il entre dans la famille de M. Charles-Victor de Bonstetten 5, qui vivait alors à Valeyres, pour faire l’instruction des enfants de son fils Charles. Ainsi le jeune écrivain vécut dans
l'intimité d’un des grands esprits de son temps. car M. Bonstetten fut très aimable pour lui. Il a certainement exercé une influence importante sur le jeune Didier. Grand voyageur lui-même, Bonstetten avait dû lui parler de sa vie mouvementée, ainsi que des ques-
1. Jean Antoine Petit-Senn (1792-1870), homme de lettres qui à beaucoup écrit, mais qui est surtout connu par ses Bluettes et Boutades. Riche, original, doué de beaucoup d'esprit, il joua un rôle important dans la vie littéraire de Genève. C’est lui qui a publié, à ses frais, les œuvres de Galloix et le premier volume de poésie de Charles Didier.