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Marc-Monnier. Genève et ses poètes, Chapitre IX

3. Charles-Victor Bonstetten, né à Berne en 1745, mort à Genève en 1832. Grand voyageur et homme de lettres. Après ses premiers ouvrages, écrits en allemand, il a publié, entre autres, en français : Étude de l’homme (1821) et l'Homme du midi et l’homme du Nord (1825). Son principal ouvrage est Le Latium ancien et moderne ; (Genève 1862), in 129. Publié pour la première fois à la fin de 1804, ce livre eut beaucoup de succès. L'état de la campagne de Rome, telle qu'il l'avait vue, le poussa à faire une belle étude sur ce pays.

tions qui l’intéressaient. Il encouragea:t Didier, d’ailleurs, dans ses propres efforts littéraires, lui demandait la lecture de ses poésies et « lui adressait des critiques en le priant d’en user avec réserve. » ! On l’invita à assister aux soirées qui se donnaient dans la maison ; faute d’habit noir, il ne put jamais y assister. Cependant il commençait à se produire dans le monde littéraire et intellectuel, où il se rencontra avec plusieurs Vaudois distingués ?. En janvier 1824 fut fondée à Genève la « Société de Littérature », dont le premier président fut Charles Didier. Il s’associa à quelques amis de ce groupe pour préparer la publication d’un journal littéraire. À cet effet, il visita Lausanne et Neuchâtel. Le projet échoua, mais ce jeune homme d’une vingtaine d’années s'était montré d’un esprit tellement précoce qu’il reçut partout un accueil très sympathique. Didier était non seulement préoccupé de problèmes littéraires, mais passionné pour les questions politiques, morales et religieuses qui intéressaient ses compatriotes de la Suisse française. C'était déjà un esprit assez complet, qui ne manquait pas d'imagination, et il trouva, parmi l'élite intellectuelle, des gens qui l’encourageaient et lui témoignaient leur sympathie. Charles Monnard * était devenu son grand ami et ce fut lui qui fit connaître au public vaudois les premiers essais de Didier et plus tard sa Rome souterraine. Manuel # aussi fit grande impression sur le jeune voyageur, qui nota après leur première rencontre : « Manuel est un homme profondément convaincu... ses paroles partant d’un cœur ému... faisaient impression sur moi, et j'éprouvais auprès de lui une sympathie à laquelle je ne pouvais résister. »

Didier poursuivait ses vastes lectures, continuait aussi à écrire des vers, surtout des élégies. En 1825 parut à Genève son premier recueil poétique, la Harpe Helvétique 5, suivi, en 1827, des Mélodies helvétiques. Ce sont les vers d’un jeune homme de talent, mais

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