‹ Dans Le Sillage Du Romantisme Charles DidierChapitre 71 sur 172 · Le 18 septembre · texte numérisé non relu

Le 18 septembre

faire sensation non seulement en France, mais partout en Europe. Pendant le séjour de Charles Didier en Bretagne, Lamennais écrit à Montalembert, sous la date du 19 octobre 1833 : !

« J'ai en ce moment M. Didier (de la Revue encyclopédique), qui me paraît un fort bon jeune homme, comme tant d’autres sans croyances fixes. Il va publier sous forme de roman un ouvrage sur l'Italie, en deux volumes ; il l’a parcourue dans toute sa longueur, voyageant à pied pendant quatre ans. J’avait fait à Paris sa connaissance chez M. de

Potter. »

Lamennais n’est donc point déçu en connaissant mieux son jeune admirateur. Robert Vallery-Radot écrit dans « Lamennais ou le prêtre malgré lui ? », à propos de cette période de la vie du grand penseur : « De nouveaux disciples étaient venus, David Richard, jeune médecin protestant à l’âme candide, Liszt, dont les Paroles avaient exalté le romantisme religieux, et cet étrange Didier, prétentieux initié des loges maçonniques, qui avait publié Rome souterraine, roman grandiloquent, où l’on voyait, grâce à l’héroïsme des carbonaris, l’Italie se dresser ivre de liberté, contre la ténébreuse tyrannie des princes et du pape. » Il n’est pas tout à fait exact de considérer Didier comme un disciple venu à Lameénnais grâce aux Paroles d’un croyant. Comme nous l’avons vu, ils se connaissaient et s’estimaient bien avant ce moment là, et quoique Lamennais ait eu beaucoup d'influence sur Didier, on ne peut guère le considérer comme un disciple ? du philosophe. Quant à David Richard, d’après Roussel et Ingold « c'était chez le réfugié belge de Potter que Didier d’abord, puis Richard rencontrèrent Lamennais. 4 » Comme l’on sait, les deux Genevois vécurent ensemble à Paris, jusqu’en 1838, et Richard aussi fut très lié avec Lamennais.

A la suite d’un différend entre les deux amis, au mois d’août 1834, Didier, irrité, voulut briser à jamais avec Richard. Celui-ci partit pour la Chênaie, où il passa quelques jours auprès de Lamennais. À son retour, la réconciliation fut complète, et lorsque, peu de

1. Eugène Forgues « Leïtres inédites de Lamennais à Montalembert, Paris 1808 , P. 207.

Page 1