‹ Dans Le Sillage Du Romantisme Charles DidierChapitre 95 sur 172 · Journal, le 6 octobre · texte numérisé non relu

Journal, le 6 octobre

tout le succès qu'obtint Charles Didier comme dramaturge. Plus tard il s’essaya encore dans le genre, en écrivant Paul de Now et en se tournant vers la comédie, mais toutes ses pièces furent enterrées sans voir jamais le feu de la rampe. Il aimait passionnément le théâtre, et ce fut encore une de ses grandes déceptions.

Pendant ces mois où il travaillait à son drame, un autre projet le préoccupait. Liszt lui avait demandé une lettre sur la campagne de Rome, du genre de celles qu’il avait adressées auparavant à Sainte-Beuve 1. Onze années s'étaient écoulées depuis que le jeune voyageur eut quitté Rome, mais Didier se mit à la tâche avec enthousiasme, et une fois la lettre terminée, il la lut à Mme d’Agoult, qui en fit force éloges. Il songeait à en écrire toute une série et s’entendit avec Labitte pour publier la Campagne de Rome en volume avec deux lettres nouvelles ajoutées aux précédentes.

Le livre s'ouvre par la lettre à Liszt, qui est intéressante non seulement par ses descriptions de Corneto et de Civita Vecchia, mais par ses observations sur le désordre social et la désolation affreuse du « désert de Rome ». Lorsqu'il traitait ce sujet, il demanda à Liszt de lui faire lire les Lettres de M. Lullin de Châteauvieux ?, «un habile agronome de Genève. Ses lettres trop peu connues sont pour moi ce qui a été écrit de mieux sur l'Italie ». Ces lettres étaient adressées à un compatriote de l’auteur, Charles Pictet, et il n’y en a qu’une seule sur Rome, mais on voit nettement l'influence qu’elles ont exercée sur la Campagne de Rome.

Après la lettre à Liszt, viennent celles adressées à Sainte-Beuve, les meilleures peut-être, écrites peu de temps après le long séjour de Didier en Italie. Elle se retrouvent ici quelque peu modifiées depuis la première impression, l’auteur n'étant plus sur le même pied d'intimité avec le grand critique #. Charles y exprime son dégoût pour Paris, où il est enraciné désormais, Paris, « dont le Dante aurait fait un enfer de boue et de bruit. Une voix impitoyable me crie incessamment aux oreilles : Tu n’en sortiras plus ! »

La lettre à Edgar Quinet est plus savante que les autres. Sorti par la porte Saint-Paul, Didier y décrit une promenade dans la campagne de Rome. Sans doute l’auteur s’était-il documenté tout exprès

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