‹ Dans Le Sillage Du Romantisme Charles DidierChapitre 96 sur 172 · Voir chapitre II · texte numérisé non relu

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2. Frédéric Lullin de Chateauvieux, Lettres écrites d'Italie en 1872 et I813, Paris et Genève, 1816 — 2 vol. in-120. ;

3. Je trouve cependant dans la collection Spoelberch de Lovenjoul à Chantilly, une lettre très cordiale que Sainte-Beuve adressa à Didier au moment où il reçut son exemplaire de la Campagne de Rome (Juin 1842)

pour préparer ces pages, mais on y retrouve le même sentiment de la nature : « Je regagne ma grève à travers les joncs et les algues... Le bourdonnement monotone et continu des flots plonge l’âme à la longue dans une rêverie vague, ondoyante, qui n’est pas sans douceur, quoi qu'elle ne soit pas sans tristesse. Je cède au charme, et l'inquiétude s'endort dans mon cœur au murmure des vagues 1 ». En lisant Rome souterraine, on remarque combien Didier détestait les Anglais. Il y revient encore ici et il n’hésite pas à écrire : « L’Anglais est le mauvais génie de l'Italie ; on le retrouve partout, dans les villes, dans'les villages, dans les solitudes les plus profondes. I1 émane de lui je ne sais quel froid qui glace et décolore tout, Prions Dieu de n’en plus rencontrer ».

Didier commence sa dernière lettre en ces termes: «Vous m'’avez souvent dit, mon cher Béranger, que les spectacles de la nature vous touchent moins que ceux de l'humanité. Toutes vos sympathies sont pour l’homme... Je n’aurai donc garde de venir, à propos de la Campagne de Rome, vous parler des bois, des mers et des montagnes ; et d’ailleurs je craindrais trop de tomber dans la descriptive, la plus puérile entre nous, de toutes les écoles. Je n’ai pas même avec vous la ressource de l’antiquité ; vous n’aimez pas, je le sais, mes vieux Romains Le génie artiste de la Grèce a tout votre amour ?». Il parle donc à l’illustre chansonnier du phénomène historique qui s’accomplissait alors en Italie, de l’alliance de l’Autriche et du Pape, de la mort de l’absolutisme spirituel, et surtout des droits du peuple : « Il est triste de penser qu'après tant de siècles, ce principe sacré de l'égalité, proclamé, formulé par le christianisme et auquel les nations ont fait tant et de si grands sacrifices, n’en est presque encore qu’à l’état de dogme, et qu'il a fait si peu de chemin dans les institutions et dans les mœurs... Personne n’a plus à cœur que vous les intérêts du peuple, et ce n’est pas une médiocre consolation pour lui que de vous trouver au premier rang de ses défenseurs, vous dont la muse est si nationale, si éminemment populaire à ». ,

La Campagne de Rome n’est sans doute pas un chef d'œuvre. Mais c’est un ouvrage qui n’est certainement pas sans mérite. Le

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