‹ Dans Le Sillage Du Romantisme Charles DidierChapitre 97 sur 172 · Ibidem, p. 362 et suite · texte numérisé non relu

Ibidem, p. 362 et suite

livre n’a pas suscité beaucoup d'enthousiasme 1 et Didier nota dans son journal qu’il n'avait eu « aucun succès ». Peu de critiques s'en sont occupés, mais l'ouvrage vaut certainement mieux que ce qu'en dit M. Gaspard Vallette dans les Reflets de Rome ?, où il prétend que « le pauvre Didier avait eu... soin de dédier les chapitres à tous les grands hommes qu’il connaissait vaguement ». Ceci, du moins, est tout à fait inexact ; au moment où il adressait ces lettres à Sainte- Beuve, ils étaient des inséparables ; : Liszt son ami intime, lui avait demandé une lettre ; et quant à Quinet et Béranger, tous deux étaient très liés avec lui bien avant 1842. Valletté l’accuse aussi d’avoir pillé la plus grande partie de son livre dans Bonstetten « C’est du Bonstetten, ajoute-t-il, gâté par un mauvais copiste. » En admettant l'influence certaine de Bonstetten, il reste qu’il suffit de lire le Latium ancien et moderne pour comprendre toute l'injustice de Vallette envers Charles Didier.

Au début de cette époque de sa vie, notre auteur, tout en s’essayant danstroisgenres différents, roman, drameetrécit de voyage, travaillait encore beaucoup comme publiciste, et il se préparait à fonder lui-même un journal en 1843. Depuis son arrivée à Paris, Didier avait collaboré à divers journaux, notamment au Monde à, et en 1840 il s'était proposé à Chambolle, du Siècle # pour lui donner des articles sur le Maroc. Mais cette offre n’eut pas de suite. Or, nourrissant des ambitions politiques depuis un certain temps, il avait envie de faire partie de la rédaction du National, le plus important journal de l'opinion républicaine. Didier avait tenté à maintes reprises d'y entrer avant la mort tragique d’Armand Carrel. Il dîna avec Thomas, Marrast et Étienne Arago, lesquels faisaient partie du groupe qui dirigeait les républicains modérés par le National, et ils lui apprirent que le National était en perte 5 et la rédaction très peu payée. Mais son parti était pris, et il nota dans son

1. Oïd Nick (Emile Dauran-Forgues) a dit du bien du livre dans le feuilleton du National, le 7 juin 1842, mais c'est un résumé plutôt qu’une critique. Voir aussi Cherbuliez ; Revue critique des livres nouveaux., 1842, p. 180.

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