ACTION AU SUD DE LA MANANARA
(Juin a novembre 1901.)
Midongy, le 6 décembre 1901.
Mon Général,
J'ai l'honneur de vous envoyer un exposé d'ensemble des opérations dirigées par le capitaine Mouveaux, commandant le secteur de Midongy, opérations qui ont abouti à la pacification des régions situées au Sud de la Mananara.
Cet exposé fait suite à mon rapport du 11 juin relatif à la pacification de la forêt au Nord de la Mananara (2).
Dans le programme d'ensemble pour la campagne de 1901, je divisais la zone forestière en deux champs d'action qui de-
(1) Rapport adressé au général Galliénià la suite des opérations au Sud de la Mananara.
(2) Le précédent, page 87.
PÉRIODE d'exécution 109
valent faire l'objet de deux séries d'opérations successives et distinctes :
1° Au Nord de la Mananara; 2" Au Sud de la Mananara.
Mon précédent rapport vous a rendu compte de la première période, à la suite de laquelle la zone forestière au Nord de la Mananara a été complètement pacifiée, sauf la région de l'Ikongo, à l'extrôme-Nord : celle-ci fait actuellement l'objet d'opérations particulières sous la direction du capitaine Bétrix (1).
La seconde, dirigée entièrement par le capitaine Mouveaux, est celle qui fait l'objet du présent rapport.
La large vallée de l'Itomampy (2) divise la région au Sud de la Mananara en deux champs d'action distincts.
Cette vallée, fertile et découverte, est habitée, de Midongy à Soarano, par des populations qui se sont soumises à nous dès l'origine; mais les deux massifs montagneux qui limitent son bassin à l'Ouest et à l'Est avaient servi d'abri, depuis notre arrivée dans le pays, aux populations qui ne voulaient pas accepter notre domination :
A l'Ouest, le massif de l'Ivolobé;
A l'Est, la région des Andrabô et des Ranofotsy.
Ces deux massifs, hérissés de rochers, couverts d'épaisses forêts, sont parmi les pays les plus difficiles de l'Ile.
A) Massif de l'Ivolobé. — Dès la fondation du poste d'Iakora, en juillet 1899, les réfractaires à notre dominatioîi se réfugièrent dans ce massif, grossis, lors de la création des postes de Soarano et de Ranotsara-du-Sud, des réfractaires qui ne voulaient pas subir le contact de nos nouveaux postes,
(1) Le rapport sur les opérations dans l'Ikongo suit celui-ci, page 127.
(2) Suivre toute l'action au Sud de la Mananara sur le croquis (b) à la
gauche du volume.
Sentier dans la forêt, bapp.'cadé par les rebelles.
puis de tous les voleurs de bœufs de la vallée de l'Ionaivo et du Haut-ltoinampy. Ce groupement obéissait d'une manière générale au chef Tsiafara, autour duquel gravitaient les chefs Tsimifahy, Bekea et liehezamena.
Je vous signalais en outre, dès mon arrivée, que ce groupement, tout à fait indépendant des Andrabé malgré leur voisinage, était au contraire en relations avec les Tambavalo du Nord de la Mananara et que c'était là que les débris de ces derniers, après leur expulsion, chercheraient probablement un abri.
Ces prévisions se sont réalisées exactement.
C'est le lieutenant Corbel, commandant le district d'Iakora, qui a eu la part prépondérante dans le nettoyage du massif de rivolobé.
Le 5 février 1901, il arrêtait le développement local du groupement rebelle en enlevant le repaire de Bekea. Puis avec la coopération du lieutenant CroU venant de Soarano, il battait le Nord du massif, que ces deux ofïïciers faisaient reconnaître, dont ils dégageaient les approches et dans l'intérieur duquel ils lançaient leurs émissaires et leurs partisans dirigés par le chef indigène Takar,. de Soarano.
Le 25 mars, le chef Behezamena, traqué par le lieutenant Croll, faisait sa soumission.
Du S avril au 1" mai, le capitaine Bonnefoy, le lieutenant Corbel et le lieutenant Croll, partant de Midongy, d'Iakora et de Soarano, exécutaient une série de reconnaissances combinées au cours desquelles ils battaient tout le Nord du massif.
Au cours de ces reconnaissances, nous eûmes avec les rebelles de nombreux engagements dont l'un coûta la vie à Takar, notre fidèle partisan, mari de Raoléza, reine des Zafimarozahas de Soarano.
Le 15 mai, le capitaine Mouveaux prend le commandement du secteur de Midongy. Il prescrit au lieutenant Corbel, conformément à la méthode générale que j'avais indiquée, d'occuper effectivement l'Ivolobé en y créant un poste au centre du quadrilatère Iakora, Ranotsara-du-Sud, Midongy, Soarano.
Le capitaine Mouveaux procède lui-même à l'installation de ce poste le 12 juin. Il était temps.
Le lendemain même, quand l'enceinte du poste commençait à s'élever, apparaissaient les débris des Tambavalo, chassés par les opérations du capitane Le Rouvillois au Nord de la
Mananara, qui, conformément aux prévisions, venaient chercher un refuge dans ce massif. Us étaient au nombre d'une centaine de guerriers sous la conduite du jeune chef Imaharanga, qui avait refusé de nous faire sa soumission après la défaite.
Ce groupe, ne trouvant plus la place libre, se rejette au Sud du massif, où il fait cause commune avec le groupement local du chef Tsiafara.
Le capitaine Mouveaux, ayant alors à diriger les opérations contre les Andrabé qui constituaient le gros morceau de son affaire, charge exclusivement le lieutenant Corbel d'en finir avec rivolobé.
Du 15 juin au 15 août, cet officier se livre à une chasse pied à pied, battant méthodiquement le massif, harcelant les rebelles dont il parvient à reprendre le contact chaque fois qu'ils se sont dérobés.
Le détail de ces reconnaissances est donné dans les rapports du capitaine Mouveaux et du lieutenant Corbel.
Cette action très rude, menée dans un pays de rochers, couvert d'une épaisse forêt, sans communications tracées, fait grand honneur au lieutenant Corbel.
De jour en jour, les groupements se désagrègent; le 25 août, le chef Tsiafara se soumet au poste de Ranotsara-du-Sud, en rendant ses fusils. Le massif étant devenu intenable, le groupement Tambavalo, à son tour, l'évacué pour aller chercher un refuge à 170 kilomètres à l'Ouest, dans la région d'Isoanala, Bekily, dans le cercle de Fort-Dauphin. Mais il tombe sur le capitaine Vacher, commandant le secteur de Tsivory, qui venait d'être chargé de prendre en main cette région douteuse. Il se décide alors à remonter vers le Nord sur Betroka, où Imaharanga fait sa soumission le 23 septembre, rend ses 100 fusils et s'installe sur les emplacements qu'on lui assigne.
Rien n'est plus caractéristique de la liaison des diverses provinces et de la disparition des zones pouvant servir d'asile aux réfractaires que l'itinéraire suivi par ces derniers Tambavalo allant chercher vainement un abri à travers tout le Sud, de circonscription en circonscription, pour reconnaître qu'ils n'avaient plus d'autre ressource que de se soumettre.
A cette date il ne reste plus un rebelle dans le massif de rivolobé.
PÉRIODE d'exécution
X aeAil^'
Sa pacification est due entièrement au lieutenant Gorbel. Il y a enlevé 173 fusils. Il a amené tous les habitants à se réinstaller dans les vallées et, depuis lors, c'est-à-dire depuis près de trois mois, aucun symptôme d'agitation ne s'est manifesté et ces populations semblent entièrement soumises au droit commun.
B) Les Andr.vké. Origine de la question. — Dans mon programme du 1" avril, je vous exposais que le noyau insoumis des Andrabé et des Ranofotsy, retranchés dans le haut massif montagneux et forestier qui sépare la vallée de l'Itomampy de la plaine côtière, me paraissait être le groupe de la forêt qui se présentait, au point de vue militaire, dans les conditions les plus sérieuses. Il avail résisté jusqu'ici à toute tentative de pénétration. Il comprenait non seulement les tribus originaires du pays, mais encore tous les dissidents du Sud de la province de Farafangana qui n'avaient pas voulu subir notre contact.
En 1898, le lieutenant Marchegay, commandant le district de Vangaindrano, avait créé le poste d'Amparihy, au pied Est de la falaise, au débouché des gorges de l'Isandra; mais les tentatives faites pour remonter cette vallée avaient échoué.
Mad-gascar. 8
Une reconnaissance, dirigée en avril 1900 pour ouvrir à M. l'administrateur Goujon la haute vailée de l'Isandra, afin de lui permettre d'établir notre administration, avait été arrêtée.
Les tentatives faites par l'Ouest n'avaient pas eu plus de succès.
Une reconnaissance, partie de Midongy, dirigée par le lieutenant Frénée, à la suite d'une offre de soumission faite par le chef Tsiadiso, était tombée, le 25 août 1900, dans un guetapens (1) où le lieutenant Frénée avait été grièvement blessé et ramené au village de Befotaka- Le capitaine Lespagnol, venu pour le dégager, créait en ce point un poste en y laissant le lieutenant Durmelat avec 60 hommes. Mais peu à peu les groupes hostiles s'étaient resserrés autour du nouveau poste. Le chef Bemalanpo s'était établi entre lui et Midongy, interceptant les communications.
En novembre 1900, Befotaka était vigoureusement attaqué.
Le 2 décembre, un convoi de ravitaillement dirigé par le sergent Seube, allant de Midongy sur Befotaka, était attaqué et obligé de rétrograder.
Du 26 au 30 décembre 1900, l'adjudant Marenger, chargé de ramener de Befotaka à Midongy un troupeau de prises avec 70 fusils, était vivement attaqué et avait trois blessés.
A partir de ce moment, Befotaka est à peu près bloqué. Les reconnaissances se heurtent, à une heure du poste, à des embuscades, à une organisation défensive de la forêt, à une accumulation d'abatis, de petits piquets, de retranchements qui rendent toute progression impossible jusqu'à nouvel ordre.
Le lieutenant Boissonnas, succédant au lieutenant Durmelat, ne peut faire que des reconnaissances aux abords du poste.
Avant d'établir un programme d'opérations qui; ne pouvaient commencer d'ailleurs que lorsque la fm de la campagne au Nord de la Mananara aurait dégagé des effectifs et éclairci la
(1) Voir plus haut, page 22,
PÉRIODE d'exécution 115
situation, il était indispensable tout d'abord de voir clair dans cette région jusqu'alors impénétrôe.
La zone qu'occupaient les groupes insoumis n'était pas nettement déterminée : sa situation à cheval sur les trois provinces de Fort-Dauphin, de Farafangana et d'Ifandana, avait favorisé la prolongation de cette incertitude, et les renseignements provenant de ces trois sources étaient imprécis et parfois contradictoires.
Reconnaissance du capitaine Savy. — C'est pour y voir clair et me mettre en mesure d'adopter un programme que je décidai, fin février, de faire exécuter la reconnaissance périphérique du pays Andrabé par le capitaine Savy, officier de renseignements de l'ancien cercle des Bara. Je vous ai transmis précédemment son rapport. En faisant contrôler sur place par le même officier tous les renseignements de provenances diverses, je voulais les ramener en quelque sorte à la même « échelle » et en outre les préciser et les compléter.
Cette reconnaissance fut exécutée du 20 mars au 4 mai.
Le capitaine Savy, accompagné du sergent Lachèze, partit de Betroka avec 25 fusils, ayant toute latitude pour prendre dans chaque poste les renforts nécessaires et se faire accompagner par les chefs de poste. Il se rendit d'abord à Midongy pour y recueillir les renseignements au chef-lieu du secteur. De là, il gagnait Vangaindrano, dans la province de Farafangana, où il prenait le lieutenant Roy, commandant le district, et se rendait avec lui à Amparihy.
D'Amparihy, remontant le cours de l'Isandra, avec 50 fusils, il reconnaissait les gorges qui ferment, par l'Est, l'accès du pays Andrabé. Il s'y enfonçait jusqu'à Ampisopiso, d'où après vm léger engagement, il reconnaissait le débouché de la Manandria.
Puis, revenant sur ses pas, il reconnaissait, en longeant le pied de la falaise, les deux cirques d'Ambalafolo et de Vatanata habités par des tribus suspectes chez qui les rebelles venaient se ravitailler. Après avoir poussé une pointe sur le col de Tanisoa, d'où il reconnaissait la haute vallée de la Manandria, il regagnait Midongy en reconnaissant la vallée de la Manamana, où il avait un engagement, un tué et un blessé. De Midongy, il remontait l'Itomampy jusqu'à Befotaka à travers le groupe-
iiiB DANS LE SUD DE MADAGASCAR
ment de Bemalampo, qui cherchait à lui barrer le chemin dans un engagement où il eut un blessé. De Befotaka, il poussait enfin au Sud chez les Ranolotsy.
Le capitaine Savy avait ainsi contourné, en les serrant d'aussi près que possible, les positions des Andrabé par l'Est, le Nord et l'Ouest. Là où l'écran des rebelles l'empêchait de faire les pbservations nécessaires, il l'avait percé et rapportait des renseignements très complets.
Il en résultait :
i° Que le noyau des groupes hostiles était concentré dans la haute vallée de l'Isandra et de son affluent la Manandria; que les défenses (abatis, petits piquets) y avaient été accumulées sur tous les accès, ainsi que des retranchements dans la vallée de l'Isandra; ces défenses étaient particulièrement sérieuses aux gorges qui resserrent les vallées. Celles-ci, d'ailleurs, ne sont sur tout leur parcours que d'étroiis couloirs, sauf quelques épanouissements fertiles et très cultivés doat les abords étaient particulièrement défendus;
2° Qu'en dehors des vallées, dans les massifs de forêts, des abris et des repaires étaient ménagés pour y recueillir les rebelles après leur expulsion des vallées, notamment :
a) Dans le massif à l'Est de la Manandria;
b) Dans le massif entre la Manandria et l'Isandra;
c) Dans le massif d'Imandabé.
Des renseignem.ents ultérieurs faisaient connaître qu'il y en avait également au Sud de l'Isandra, dans les hautes vallées du pays Ranofotsy;
3° Que les principaux centres de culture et par conséquent de ravitaillement des rebelles, se trouvaient :
a) Dans le cirque d'Andoaria (haute Manandria) contenant de nombreux villages;
b) Dans la haute vallée de l'Isandra, formant cirque;
c) Dans la vallée de la Manandroy, au Sud-Est de Befotaka; En outre, de nombreux champs de patates dissimulés dans
la forêt.
Enfin, il était établi que les cirques d'Imola (Ambalafolo) et de Vatanata, au pied de la falaise, peuplés et très cultivés, ravitafilaient largement les rebelles. Les tribus qui les habitaient, tout en reconnaissant notre domination et en nous accueillant
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quand nous passions, étaient trop près des rebelles, trop apparentées avec eux et trop à leur merci pour refuser quoi que ce soit;
4" Le nombre des guerriers était évalué à un millier environ. Il est vrai que leur armement consistait en fusils à pierre et en sagaies; mais, étant donnée la nature du pays, où l'on est constamment dans une épaisse forêt, oîi des pistes à peine frayées ne peuvent être suivies que homme par homme, où il n'y a pas de champ de tir de la moindre étendue, ces armes, employées presque à bout portant, sont aussi dangereuses que des fusils à tir rapide.
Le capitaine Savy rapportait, en outre, de sa reconnaissance un levé d'ensemble de la région et des croquis de détail qui manquaient jusqu'ici, sauf sur les points que le lieutenant Guibé avait déjà reconnus en 1897-98. Ce dernier officier a laissé une trace profonde dans la région. Les meilleurs documents et les itinéraires que conservent les postes émanent de lui, et il est juste de signaler la part qui lui revient aujourd'hui dans la préparation de cette campagne.
Prise de commandement du capitaine Mouveaux. — Telle était la situation quand le capitaine Mouveaux prit le commandement du secteur de Midongy, le 15 mai.
Son premier soin fut de jeter les bases d'un service de renseignements et d'émissaires qui n'existait pas jusque-là et de dégager tout d'abord la route de Befotaka, afin d'avoir *sur l'Itomampy une base d'opérations assurée.
Des reconnaissances incessantes relièrent les deux postes qui depuis huit mois ne communiquaient plus.
Devant cette reprise d'activité et sous l'impression produite dans le pays par la ferme attitude du capitaine Mouveaux, qui commença par faire comprendre qu'il ne connaîtrait plus que des amis et des ennemis et n'admettrait pas de douteux, le chef rebelle le plus rapproché, Bemalanpo, établi entre Befolaka et Midongy, l'un des auteurs principaux de l'agression Frénée, se soumet en rapportant un fusil 86, un fusil 74 et les 40 fusils de son groupe.
Ouverture de la pénétration. — C'est à ce moment, 18 juin, que j'arrive à Midongy.
Je venais de rcevoir à Ifandana, le 14 juin, la soumission de Tsivoa, le chef politique des Tambavalos, soumission qui marquait la fin des opérations au Nord de la Mananara. Des effectifs se trouvaient ainsi disponibles. Je décidai que la pénétration des Andrabé devait commencer immédiatement.
Pour me rendre compte de la situation, je fis, avec le capitaine Mouveaux, commandant le secteur, et 125 fusils, une reconnaissance offensive dans l'intérieur du massif sur Andoaria, qui fut occupé le 22 juin, après une légère résistance. Un poste de 50 fusils y était établi sous le commandement du lieutenant Evrard.
Ce point, placé à la tête des trois vallées de la Manandroy, de la Manamana et de la Manandria, séparées par de simples seuils, au centre de hautes montagnes, au milieu d'un des centres de ravitaillement des rebelles, à une journée de marche de Midongy et à une journée de Befotaka, formait, avec Midongy et Befotaka, le sommet d'un triangle équilatéral. C'était un bon coin de pénétration dans le pays Andrabé.
Ayant ensuite traversé la partie Nord du massif, pour aboutir par le col de Tanisoa à Amparihy, au pied Est de la falaise, je fus en mesure, après cette première vue de la région et au moyen de renseignements recueillis, de donner les instructions suivantes :
1° La pénétration du pays Andrabé sera dirigée par le capitaine Motlveaux. Elle se fera simultanément par l'Ouest et l'Est, en parlant d'un côté dn triangle Midongy - Andoaria - Befotaka, de l'autre, d'Amparihy ;
2^ Pour assurer l'unité de direction, les tribus des Andrabé- Yatanata, Imola et Sahafera, qui bordent le pied Est de la falais'C, ainsi que le district d'Andriambé, sont détachés provisoirement des provinces de Farafangana et de Fort-Dauphin et mis sous les ordres du capitaine Mouveaux, ainsi que le lieutenant Pettelat, commandant le secteur de Ranomafana dans le cercle de Fort-Dauphin, qui sera chargé de l'investissement et de la pénétration par le Sud de la région Ranofotsy et fera réoccuper les postes d'Andasibé et d'Andetra ;
3° Le capitaine Le Rouvillois mettra à la disposition du capitaine Mouveaux 100 tirailleurs de renfort, et l'administrateur Bénévent 45 miliciens.
En outre des officiers du secteur, les lieutenants Keller, de la légion, Roy et Charles-Roux, hors cadres, sont mis à la disposition du capitaine Mouveaux ;
rÉEioDE d'exécution 119
4° Ces renforts reçus, le capitaine Mouveaux commencera la pénétration.
Il se rendra lui-même à Amparihy avec 100 fusils pour établir vers le 20 juillet, du côté d'Ampisopiso, le premier poste de pénétration par l'pjst, d'où il se reliera à Andoaria, dégageant ainsi la vallée de la Manandria. Le poste d'Andoaria devra avoir reçu des ordres pour diriger le même jour une reconnaissance prenant de revers les défenses de la Manandria.
5° Il y aura ainsi une première ligne continue jetée à travers le pays Andrabé, de Midongy à la côte, par Andoaria, Ampisopiso, Amparihy ;
6° Sur cet axe central la pénétration continuera de proche en proche ;
7° Il y aura alors à nettoyer d'abord le massif à l'Est de la Manandria, après avoir établi un poste vers Tanisoa. Ce net' toyage méthodique se fera sous l'action combinée de ce nouveau poste, d'Andoaria, d'Ampaxihy et d'Ampisopiso ;
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8° Il y aura ensuite à dégager la région entre Ampisopiso et Befotaka. A cet efi:et, le lieutenant Boissonnas fera dès maintenant les reconnaissances préliminaires pour pousser un poste à l'Est de Befotaka vers le massif d'Imandabé.
C'est alors que se produira apparemment l'action décisive contre le noyau central de résistance sous la pression des trois postes en tenaille : Imandabé, Andoaria et Ampisopiso ;
9** La ligne de l'Isandra étant ainsi atteinte et occupée, il res-
tera à nettoyer les massifs Sud, entre cette vallée et le cercle de Fort-DaupLin ;
10° Une compagnie sénégalaise (1) venant de Majunga sera cantonnée vers le 25 juillet à Yohimangidy, près Vangaindrano, où elle sera mise aux ordres du capitaine Mouveaux, qui l'utilisera par fractions au fur et à mesure des besoins.
En résumé, je compte que la pénétration du pays Andrabé se développera suivant l'aspect schématique d'une triangulation dont les triangles, partant de l'Est et de l'Ouest, s'avanceront à la rencontre l'un de l'autre dans l'ordre des numéros du schéma ci-dessous.
Midongy
BefotAka
Amparih^
Le triangle I est déjà construit.
Le triangle II est en construction.
Suivant le plan général de nettoyage du Nord au Sud, le capitaine Mouveaux divisa son terrain en deux champs d'action distincts :
(1) J'avais demandé au général en chef de me prêter cette compagnie sénégalaise exclusivement pour le coup de force pour lequel je craignais que les tirailleurs de recrutement Betsiléo ne fussent un peu légers en face d'adversaires accoutumés à les considérer comme de qualité guerrière inférieure. 80 sénégalais seulement furent utilisés, le reste maintenu en réserve à Fort-Dauphin, Dès novembre, cette compagnie fut remise à la disposition du général en chef.
PÉRIODE d'exécution
1° Au Nord de l'Isandra;
2'' Au Sud de l'Isandra.
Le 22 juillet, le capitaine Mouveaux, ayant reçu ses renforts, partait d'Amparihy, commençait la pénétration par l'Est en s'engageant dans les gorges de l'Isandra, tandis que le lieutenant Evrard partant d'Andoaria prononçait un mouvement vers le Sud. Les défenses établies par les Andrabé, à l'entrée des gorges, étaient abordées simultanément par trois groupes commandés par les lieutenants Croll, Roy et Charles-Roux, soutenus par une pièce Hotchkiss. Sous l'action de ces mouvements convergents, les défenses de la gorge tombèrent après une faible résistance, qui ne nous coula que deux blessés. Un poste de 50 fusils sous le lieutenant Croll y était installé à Ambatomainty. La liaison avec Andoaria était établie et la vallée de la Manandria, que les rebelles avaient organisée défensivement, était dégagée le 25 juillet. Un poste était installé à Vatanata, au pied Est de la falaise; tout le massif forestier était battu de reconnaissances, partant des trois postes, qui en assuraient l'évacuation, et les triangles II et III étaient acquis.
Le 18 août, le capitaine Mouveaux, ayant reçu le peloton de
ohony
%^' £z,tra.
80 Sénégalais du lieutenant Suzzoni venant de Vangaindrano,
i22 DANS LE SUD DE MADAGASCAR
partait d'Andoaria, passait, à travers le massif de Vohitelo, de la vallée de la Manandria dans celle de l'Isandra, en enlevant des crêtes fortifiées occupées par les rebelles.
Le 19, le capitaine Mouveaux, avec ce peloton, remontait la rive droite de l'Isandra, tandis que le lieutenant Relier, avec 30 fusils, remontait la rive gauche, en poussant devant eux les groupes ennemis à coups de fusil.
Le 20, les deux groupes continuaient leur marche du Nord au Sud, en remontant les gorges difficiles du Haut-Isandra.
Le 21, ils faisaient leur jonction sur le Haut-Isandra, avec :
Le lieutenant Boissonnas, venant de Befotaka (du Nord-Ouest);
Le lieutenant Pettelat, venant de la vallée d'Ezira (du Sud- Ouest);
Le lieutenant Croll, venant d'Ambatomainty (Est), qui s'était heurté, le 20, à une résistance sérieuse sur le Lalangy, affluent de l'Isandra, et arrivait, néanmoins, au contact des trois autres groupes, le 21.
Ce fut une marche concentrique des mieux combinées, dans un pays des plus difficiles.
Un poste est installé dans les environs du point de rencontre des quatre groupes, à Lohony, sous le commandement du lieutenant Suzzoni, avec 60 fusils, en plein massif forestier, avec mission d'avoir l'action mobile la plus active, et de rendre la forêt intenable. Ce poste se trouve intermédiaire entre le poste de l'Ezira et le dernier poste à créer au cœur du massif d'Imandabé.
Le 22 août, le lieutenant Pettelat remonte l'Isandra pour battre les massifs qui le séparent de l'Ezira.
Le même jour, le capitaine Mouveaux se porte sur le Lalangy, contre la position signalée par le lieutenant Croll; il la trouve occupée et la fait enlever par les lieutenants Suzzoni et Relier; les adversaires laissent trois cadavres dans le repaire, nous avons trois blessés.
La forêt de Befanala est battue par le lieutenant Boissonnas, qui est blessé d'un coup de sagaie.
Le 25, le massif d'Imandabé se trouve pénétré par tous les côtés à la fois et, devant cette arrivée simultanée de tous les groupes, est abandonné par les Ândrabé. Le poste d'Imandabé y est établi.
A cette date, tout le massif des Andrabé se trouve donc
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J^ Districts dépendant militaire
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S ou Provinces voisines.
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