VOIES DE COMMUNICATIONS
Les instructions du Gouverneur général du 29 janvier 1901, sur l'établissement du réseau des routes de Madagascar, en ont tracé le programme d'ensemble.
Elles en définissaient l'économie générale dans les termes suivants :
Sur Varête faîtière de Vite et dominant les deux versants, une route carrossable de Diégo-Suarez à Fort-Dauphin, à laquelle viendront aboutir les grandes routes régionales se dirigeant vers la côte... aux principaux ports... Mananjanj, Farafangana,
(1) Depuis que ce chapitre a été écrit, il a paru dans la Bévue de Mad(vgascar (numéro du 10 octobre 1902) une très intéressante monographie sur la ferme de l'Iboaka, par le lieutenant Charles Roux et le vétérinaire Tatin.
Fort-Dauphin, sur la côte Est, Ambohibé, Tulear, sur la côte Ouest.
Ces instructions étaient accompagnées du schéma suivant (en ce qui concerne le Sud).
nâr/ve
Anés/nâ6é
Ambositra.
Ambohimâ.hâiSoa.
Fianâ^nôLnUoa.
Sur ce schéma, le tracé de la route centrale n'était pas figuré au delà de Fianarantsoa au Su3, de même que la dernière transversale indiquée était celle de Fianarantsoa à Mananjary sur la côte Est.
La détermination du tracé de la route centrale au Sud de Fianarantsoa ainsi que celle des transversales suivantes étaient donc réservées pour l'avenir.
Aucune des transversales du versant Ouest n'y figurait encore.
Rentes de Fianaranlsoa à Taiianarivc on ronte centrale et à llananjary. (1)
Dans le cadre prévu par ces instructions n'incombaient donc au commandement supérieur du Sud que :
L'exécution du tronçon de la route centrale comprise entre Fianarantsoa et la limite Nord de la province du Betsiléo, tronçon A. B. du schéma ;
L'exécution de la route transversale Fianarantsoa-Mananjary. Celle-ci, bien qu'elle chevauchât sur le commandement supérieur et la province de Mananjary, était placée tout entière sous la direction technique du capitaine du génie Almand, chef du service des travaux publics civils et militaires du commandement supérieur.
Ce programme embrassait un développement de route de 235 kilomètres, à savoir :
Sur la route centrale 90 kilomètres, dont 25 communs à la transversale de Mananjary, depuis Fianarantsoa jusqu'à Alakamisy.
Sur la transversale Fianarantsoa-Mananjary 145 kilomètres depuis Alakamisy, où elle se raccorde à la précédente, jusqu'à Tsarahafatra, à 20 kilomètres de Mananjary, où elle emprunte la voie fluviale jusqu'à ce port.
Sur ces deux itinéraires la situation au début de 1901 était la suivante :
Route centrale. — Une piste établie par l'administration provinciale avec les moyens locaux réunissait Fianarantsoa à la frontière Nord de la province. Certains tronçons établis en plaine ou en terrain peu difficile étaient praticables aux charrettes, mais non reliés les uns aux autres : les massifs montagneux et les parties rocheuses restaient absolument infranchissables.
Route de Mananjary. — Une piste avait été établie par l'administration provinciale de Fianarantsoa jusqu'à Ranomafana (35 kilomètres) : le tracé, d'une manière générale, en avait été bien conçu, mais le peu de largeur de la piste, l'insuffisance des
(1) Carte n° 6, à la gauche du volume.
travaux dans la forêt soumise à l'action continuelle des pluies et des éboulements, le maintien de certaines pentes inaccessibles ne permettaient pas dans la pratique d'utiliser ce tronçon pour les voitures chargées. l)e Ranomafana à Tsarahafatra (100 kilomètres), rien n'était fait. C'est dans ces conditions que les travaux destinés à donner à ces deux routes leur tracé et leur profil définitifs, de les établir dans toutes les conditions de solidité et de durée, furent entrepris le 15 mai 1901.
Les conditions d'exécution des deux routes étaient définies d'une manière formelle par les instructions du 29 janvier 1901.
Sur la route centrale — prévue sur le type des grandes routes carrossables de l'île, telle que celle de Tananarive à Tamatave — largeur de 5 mètres et pentes maxima de 8 p. 100, conditions qui entraînaient pour la rectification des tronçons faits et pour la traversée des massifs montagneux des travaux considérables.
Sur la route de Mananjary — prévue sur le type des routes secondaires — largeur de 3 mètres, avec empierrement dans la traversée de la zone forestière, et pentes maxima de 10 p.
Pour la route centrale, 135.000 francs furent alloués en 1901 et 80.000 francs en 1902.
Pour la route de Mananjary, 175.000 francs furent alloués en 1901 et 80.000 francs en 1902.
Après un an de travaux dirigés dans leur ensemble par le capitaine du génie Almand, les résultats, en juin 1902, étaient les suivants :
Sur la route centrale, entre Alakamisy et Ambohimahasoa (30 kilomètres), les 20 kilomètres les plus difficiles étaient achevés comportant la traversée du massif du Mandalahy, laquelle présentait d'extrêmes difficultés et entraînait des travaux d'art considérables.
Sur la route de Mananjary, 92 kilomètres avaient été exécutés depuis Alakamisy jusqu'à la limite des deux provinces de Fianarantsoa et de Mananjary, sous la direction du capitaine du génie Rieuneau. Il restait donc à faire 53 kilomètres dans la province de Mananjary. Mais le plus difficile était fait, puisque les 75 kilomètres exécutés comportent la traversée de la falaise et de la forêt, avec ses deux dénivellations brusques,
l'une de 600 mètres, l'autre de 300 mètres, correspondant aux deux marches d'escalier qui caractérisent le versant oriental de l'Ile dans toute sa longueur.
D'après le plan de campagne de 1902, la totalité de la route de Mananjary aurait dû être achevée vers le mois d'août ou de septembre.
D'autre part, la route centrale aurait dû être achevée jusqu'à la limite Nord du Betsiléo, vers le mois de juin.
L'obligation de satisfaire sur d'autres points de l'Ile à d'autres dépenses incombant au budget local n'a pas permis d'allouer dès 1902 les crédits nécessaires.
La continuation de la route centrale a été ajournée.
Le crédit affecté à la route de Mananjary, réduit à une mensualité de 10.000 francs, ne permettra vraisemblablement pas d'y terminer dès 1902 les travaux indispensables pour assurer l'exécution continue jusqu'à la côte.
Mais il suffira, en 1903, d'un effort relativement faible pour mener cette route à complet achèvement; seulement, il convient de le prévoir avec des crédits sufTisants.
La route de Mananjary, qui est surtout le débouché de ce port vers l'intérieur et qui est inversement le seul débouché du Betsiléo sur la côte, répond à des besoins trop sérieux et trop pressants pour être ajournée davantage.
On a vu plus haut, dans l'exposé de la situation commerciale, quels intérêts y sont engagés. Ce dont il s'agit, c'est de l'ouverture du marché intérieur qu'est le Betsiléo, actuellement sans débouché. On a dit quelles causes défavorables pèsent aujourd'hui sur le développement économique de cette province si populeuse et si capable de mise en valeur agricole par l'indigène. L'ouverture d'une communication avec la côte, impatiemment attendue et hautement annoncée, en suscitant l'activité économique de cette population, peut seule y remédier.
Prévisions pour la prolongation ulléricnrc dn réseau routier du Sud de Madagascar.
Ainsi qu'il a été dit plus haut, les instructions du Gouverneur général du 29 janvier 1901, tout en prévoyant la construction future de la route centrale jusqu'à Fort-Dauphin et celle de nombreuses transversales sur les deux versants, arrêtaient leur schéma figuratif à Fianarantsoa, au Sud.
L'ouverture du Sud, la progression de la pacification, la pénétration de régions jusqu'ici inconnues, la constatation d'intérêts économiques imprévus permettent aujourd'hui de présenter avec précision le programme du réseau des routes dans le Sud de l'Ile et ont même permis de l'engager sur un certain nombre de points.