B. — ROUTES TRANSVERSALES
1"" Transversales du versant Est. — Mais les voies vitales, les véritables artères qui assureront la circulation féconde dans ce corps à animer qu'est Madagascar, ce sont les transversales allant de l'intérieur à la côte.
On a déjà suffisamment parlé de celle de Mananjary, la plus importante du Sud dans l'ordre d'urgence, parce qu'elle ouvre aux 350.000 Betsiléos la vie économique.
La première transversale qui ait une réelle importance commerciale au Sud de Mananjary est celle de Farafangana vers l'intérieur.
L'adoption du tracé précédent pour la route centrale place le terminus de cette transversale à Ifandana où elle la rencontre à environ 90 kilomètres de la côte.
On en a développé plus haut (1) tout l'intérêt.
Déjà rendue praticable aux voitures Lefebvre, de Farafangana à Vondrozo, sur un parcours de 60 kilomètres, pour les besoins du ravitaillement par les moyens locaux, la construction s'en poursuit sur les 30 kilomètres restants de Vondrozo à Ifandana, avec un crédit budgétaire spécial, sous la direction du lieutenant d'artillerie coloniale Gauthé.
Par le fait, cette nouvelle transversale du versant Est se trouvera dès cette année (2) ouverte au commerce dans des conditions, sinon définitives au point de vue de l'exécution et des ouvrages d'art, du moins absolument acquises comme tracé et déjà satisfaisantes comme exécution, ayant été établie sous la direction d'un officier technique.
Je crois que c'est la- seule transversale du versant Est qu'il faille envisager pour le moment comme route charretière.
2° Transversales du versant Ouest. — Les instructions du Gouverneur général du 29 janvier 1901 ont ajourné l'étude des communications du plateau central avec le versant Ouest. Néanmoins, il convient d'indiquer ce que les circonstances et les nécessités du ravitaillement ont amené à faire déjà de ce côté.
A) De Tulear à lianohira, piste charretière praticable aux voitures Lefebvre exécutée jusqu'à Manera. Des reconnaissances ont été faites pour sa prolongation jusqu'à Ranohira. Elle pourra plus tard être prolongée jusqu'à Ihosy par la vallée du Hazofotsy, et d'Ihosy une coupure naturelle très caractéristique qui existe dans l'arête centrale de l'Ile donne dès maintenant une
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communication facile avec Ivohibé oii cette transversale rejoindrait la route centrale.
Cette route a une importance spéciale; c'est le débouché naturel de Tulear vers le plateau central. On a trop insisté plus haut sur l'avenir de Tulear comme port d'exportation et sur la nécessité de lui ouvrir ses marchés naturels intérieurs pour y revenir ici. Il suffit de dire que celte considération et la facilité relative de l'exécution de cette route, commencée déjà sur un certain parcours, méritent de la placer dès maintenant en première urgence au même titre que celles de Mananjary et de Farafangana.
B) De Tulear à Bétroka par Tongobory et la vallée de l'Onilahy. Route déjà en partie charretière et praticable aux voitures Lefebvre, et par oii se fait le ravitaillement de Bétroka; tire son importance principale de ce qu'elle est, elle aussi, un affluent de Tulear.
Enfm, dans le cercle de Fort-Dauphin, un réseau de pistes charretières, dont le détail a été donné précédemment (1), partant de Fort-Dauphin, s'ouvre dès maintenant en éventail vers l'Ouest dans le pays Antandroy. Elles ont été établies dans la seule prévision du ravitaillement des postes et les voitures Lefebvre y circulent; mais elles pourront, dans un avenir plus ou moins lointain, se transformer en voies commerciales. Seulement, tout en tenant compte des services qu'elles rendent actuellement, il ne faut pas s'illusionner sur leur valeur. Sauf aux abords immédiats de Fort-Dauphin, où certains tronçons ont été construits avec soin, ce sont de simples pistes oii les traversées de passages difficiles n'ont été rendus praticables qu'avec le minimum de travaux et qu'il faudrait refaire presque entièrement et après de sérieuses études pour leur donner un caractère définitif. Il est vrai de dire que dans toute la région absolument plate de l'Androy, où il ne pleut presque jamais, les routes emprunteront les pistes actuelles presque sans aucune modification. Du reste ces indications n'ont qu'un caractère général, car on a le temps d'y penser.
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En résumé, le réseau des voies de communications indispensable, mais suffisant d'abord, pour assurer la vie économique du Sud de Tlle peut être envisagé de la façon suivante :
Trois grandes transversales charretières de l'intérieur vers la côte, deux à l'Est, une à l'Ouest, aboutissant respectivement aux ports de Mananjary, Farafangana et Tuiear. A celles-là, qui sont les voies commerciales par excellence, doivent être donnés le premier effort et les crédits les plus importants.
Un éventail de chemins charretiers, d'un rayon assez limité d'ailleurs, assurant les communications entre le port de Fort- Dauphin et les parties Tanosy, c'est-à-dire les parties peuplées et cultivées du cercle. Quant à l'Androy, il y suffira longtemps des voies actuelles de ravitaillement.
Une route centrale reliant les terminus intérieurs des transversales : voie de circulation administrative et politique indispensable, .mais non commerciale, et à laquelle il convient de ne donner qu'un effort et des crédits très limités, sauf pour celles de ses parties qui se confondent avec les affluents côtiers.
Enfin, la voie côtière, chemin de fer de préférence, dont il a été parlé à l'exposé de la situation commerciale (1) destinée à constituer entre Sainte-Luce d'une part et Mananjary de l'autre le drain de la côte Est, c'est-à-dire de la partie la plus riche et la plus prospère. La route centrale se confondrait du reste avec cette voie sur le parcours Manantenina - Fort-Dauphin.
II semble utile d'avoir ce programme général devant les yeux, de manière non seulement à bien savoir d'avance oîi porter les ressources en main-d'œuvre et en crédits, mais surtout pour empêcher les ressources de se disperser ailleurs, pour prévenir les « emballements », les excès de zèle et les bonnes volontés irréfléchies, qui, perdant de vue les intérêts généraux
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pour des intérêts particuliers, s'engagent elles-mêmes ou font engager le pouvoir central dans des constructions de route auxquelles l'on regrette ensuite d'avoir consacré des ressources qui eussent été mieux employées ailleurs. Tous ceux qui ont la pratique des colonies savent qu'il y a là un écueil dont on ne saurait trop se garer.