MADAME ADÉLAÏDE FAISANT DE LA FRIVOLITÉ
(Collection de l'auteur)
DAXS LES COULISSES DE L'HTSTOIIîE III
LOISIRS DE PRINCES I DU TRONE A l'aTELIER 35
salon, « sans que les métiers à tapisserie fussent quittés par les dames », et Mme Campan ajoute : « Il existe encore à Paris, chez Mlle Dubuquois, ouvrière en tapisserie, un tapis de pied, fait par la reine et par Madame Elisabeth, pour la grande pièce de son appartement du rez-de-chaussée des Tuileries ».
Madame Elisabeth ne consacrait qu'un temps restreint à ces travaux manuels; « pleine d'indulgence pour les autres, mais toujours sévère à elle-même », elle parut peu à la Cour, s'appliquant avec ardeur à l'étude des mathématiques, qu'elle poussa, dit-on, très loin. Lorsque la Convention décréta la confiscation des bibliothèques du château des Tuileries, on trouva, chez Madame Elisabeth, à côté des livres d'histoire et d'érudition, nombre d'ouvrages élémentaires sur les sciences, principalement sur les mathématiques. Son maître, Antoine-René Mauduit, avait conservé, de la main de la princesse, une table de logarithmes, que le géomètre Lalande prisait fort, et qui fut restituée au comte d'Artois, par les descen-
favoris, le comte de Vaudreuil, brisa un jour, dans un mouvement de colère, en deux morceaux; la reine en conçut un tel dépit quelle s'opposa au choix du comte comme précepteur du dau])liin.
dants de celui qui en avait été l'heureux donataire. Quelques volumes, provenant du même fonds, ont passé dans les collections particulières, entre autres, un livre de prières, imprimé tout entier par la pieuse Madame Elisabetli. Un ancien prédicateur de la Cour, devenu confesseur de la famille royale, l'avait légué à un amateur, qui en fit don à la bibliothèque de Saint-Pétersbourg.
Nous n'avons pas à rajypeler la triste destinée de Madame Elisabeth, qui partagea jusqu'au bout le sort de son malheureux frère. Ce fut une des grandes consolations de ce dernier, pendant qu'il était, enfermé à la Tour du Temple (1), de pouvoir continuer à se livrer aux besognes pour lesquelles il avait de bonne heure montré des dispositions. Celles-là,
1. C'est à l'époque de sa détention que doit s;e placer l'anecdote suivante : Un tailleur de pierres était en train de faire des trous à la porte de l'antichambre de l'ai^partement occupé par le roi au Temple, afin d'y placer d'énormes verrous; le dauphin, pendant que l'ouvrier était parti pour déjeuner, s'amusait avec ses outils. Louis XVI survenant pnt des mains de son fils le marteau et le ciseau, lui montrant comment il fallait s'y prendre. Sur ces entrefaites, l'ouvrier revient et voyant le roi travailler, lui dit avec attendrissement : « Quand vous sortirez de cette tour, vous pourrez dire que Vous avez travaillé vous-même à votre prison. — Ah ! répondit le roi, quand et comment en sortirai- je? » Le dauphin versa des larmes et le roi, laissant tomber les outils, rentra précipitamment dans sa chambre.
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