Armand Baschet, La Diplomatie vénitienne, p
la mort le gagne de vitesse et il tombe épuisé a Rambouillet pour ne plus se relever (1).
C'est dans les relations diplomatiques qu'il faut puiser pour se renseigner sur les exploits cynégétiques des princes et souverains qui ont régné sur la France sous le titre consacré de dynastie des Valois.
Matteo Dandolo, visitant notre pays, en 1542, est le premier qui parle du prince Henri (le futur Henri H) avec quelques détails (2) : « Le sérénissime Dauphin, écrit-il, a vingt-trois ans; il est d'une prestance de corps fort convenable, plutôt grand que petit, ni gras ni maigre, mais si bien bâti qu'on le croirait tout fait de muscles; infatigable aux exercices de la chasse et des armes... »
Neuf ans plus tard, le dauphin est devenu roi. A l'exemple de son père, « il se complait infiniment à la chasse de tous les animaux, et surtout à la chasse du cerf, à laquelle il va deux ou trois fois la semaine, au risque des plus grandes fatigues, non moins qu'au péril de sa vie... Cet exercice lui plaît plus que tous les autres. »
Pour le mieux séduire, Diane de Poitiers a fait
1. Cte Hector de la rERRiÈRE, Les Chasses de François P' (1869).
2. A. Baschet^ Les Princes de VEurope au xvi* siècle, pp. 429 et sniv.
du château d'Anet un véritable rendez-vous de chasse. Elle est, elle-même, une amazone accomplie.
Mais si la favorite est une chasseresse intrépide, la reine Catherine de Médicis entend bien ne pas rester en arrière. Dauphine, elle accompagnait déjà le roi François dans ses chasses; elle y prenait encore plaisir plus tard, bien qu'avec l'âge elle fut devenue pesante et ne se tint plus avec la même aisance sur sa haquenée.
Tous les mémoires du temps s'accordent à le dire, François II, un des rejetons les plus frêles de la branche des Valois, ne fut pas moins porté à la chasse que son père et que son aïeul. Il y passait plusieurs journées de suite, logeant dans les villages comme faisait son grand-père, et quel que fût le temps, quel que fût son état de santé, sacrifiant tout à cette passion. Parfois l'accompagnait, dans les grandes chasses au cerf, la blonde et délicate Marie Stuart, qui courut même, en certaines circonstances, de graves dangers.
D'aucuns ont attribué aux fatigues de la chasse la mort prématurée du débile François II; nous savons aujourd'hui ce qu'il en faut penser (1).
1. V. D'" Cabanes, Les morts mystérieuses de VHistoire; Cf. La Mort de François II, i^ar le D^ Potiquet.
A en croire Brantôme, la fin précoce de Charles IX reconnaîtrait la même cause. « Il y estoit si violemment adonné, écrit le savoureux conteur, y estoit si affectionné qu'il en perdoit le dormir, estant à cheval avant jour pour y aller; et se peinoit aussi fort à appeler les chiens, fust de la voix, fust de la trompe (1). » Pour tout dire, Charles IX est mort tuberculeux (2). Mais qu'il ait accéléré sa fin par des exercices violents et la chasse principalement, cela n'est point douteux. Il n'écoutait sur ce chapitre aucune remontrance. Plus ses forces diminuaient, plus son activité fiévreuse semblait y suppléer.
Son frère, Henri III, bien qu'il ait eu une passion excessive pour les chiens — il dépensait tous les ans plus de cent mille écus d'or pour des petits chiens de Lyon, — n'aimait ni la chasse, ni la paume, ni le manège; il avait pourtant ses équipages, sa vénerie et le personnel même en fut plus nombreux que sous le règne précédent.
Jeanne d'Albret avait inspiré à son fils le goût de la chasse, considérant celle-ci comme le meilleur