‹ Dans les coulisses de l'histoire (volume 2)Chapitre 31 sur 60 · On désignait ainsi une variété de mouches · texte numérisé non relu

On désignait ainsi une variété de mouches

l'abbé fanfreluche 143

non plus, à répondre aux civilités de leur singulier amphytrion.

Un soir que le galant abbé donnait à souper à Mme d'Usson, et à cinq ou six de ses voisines, celleci l'interpelle en ces termes : « Désormais, je vous appelleray madame. » Et se tournant vers le curé, présent à l'entretien : « N'est-ce pas là une belle dame? lui dit-elle. — Il est vrai, répondit l'ecclésiastique, mais elle est en masque. — Non, Monsieur, riposta, piqué au vif, l'interpellé, non; à l'avenir, je ne m'habillerai point autrement. Je ne porte que des robes noires doublées de blanc, ou des robes blanches doublées de noir, on ne me saurait rien reprocher; ces dames me conseillent comme vous cet habillement et m'assurent qu'il ne me sied pas mal. D'ailleurs, je vous dirai que je soupai, il y a deux jours, chez madame la marquise de Noailles; M. son beau-frère vint en visite et loua fort mon habillement et, devant lui, toute la compagnie m'appelait Madame. — Ah! dit M. le curé, je me rends à une pareille autorité, et j'avoue, Madame, que vous êtes fort bien. »

Si nous insistons sur ces redites, c'est pour bien souligner cette puérilité, cette vanité féminine qui est la marque de notre personnage.

Encore se fût-il contenté de se livrer à ses burlesques fantaisies dans l'intimité, mais non seulement il ne craignait pas la publicité, il la recherchait !

Choisy avait, nous l'avons dit, loué un banc en face de la chaire; les marguilliers lui faisaient remettre un cierge allumé lorsqu'il devait y avoir procession. Un laquais portait la queue de sa robe, et le jour du Saint-Sacrement, un personnage titré lui donnait la main.

Certain jour, il eut à rendre le pain bénit. « Je fis, dit-il, la chose magnifiquement, mais je ne voulus point de trompettes. » Cet accès de modestie est pour nous étonner, étant connu le bonhomme ! Mais attendons. Les marguilliers viennent le prévenir qu'il ait à s'apprêter à quêter. Il hésite un instant... rien qu'un instant. Mme d'Usson se charge de le décider : cela ferait tant de plaisir à toute la paroisse! « Je ne me fis pas prier davantage, avoue le bon apôtre, mais je m'y préparai comme à une fête qui devait me montrer en spectacle à tout un grand peuple. » Et il ne manque pas de noter que, pour cette circonstance, Mme de Noailles lui avait prêté ses grands pendants d'oreilles; qu'il avait fourré, dans le côté gauche de ses cheveux, cinq ou

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