BALLANCHE
Dessin de Bocourt {Magasin pittoresque, 1858)
pratiquée — peut-être trop tard — par Blandin, assisté du docteur Récamier; elle ne réussit pas. Lamennais écrivait, à ce sujet, au baron de Vitrolles (1) :
Paris, 1er septembre 1847.
L'opération que Mme Récamier s'était décidée à subir a définitivement échoué. Elle reste aveugle comme auparavant. On la dit triste et dans un état de santé qui, sans off'rir de dangers immédiats, ne laisse pas d'inquiéter ses amis. Si elle venait à leur être enlevée, cela ferait un grand vide dans la vie de Chateaubriand. Mais à quel point le sentirait-il? En vérité, je n'en sais rien. Il semble être tombé dans une prostration complète, et je reviens toujours affligé quand je l'ai vu. Quantum mutatus! Remontez à vingt ans seulement. Du reste, il supporte son état avec beaucoup de courage, s'il ne le supporte pas sans ennui. Malheureujsement, on ne saurait le distraire, parce qu'il faudrait pour cela qu'il i)ût causer, et il n'en a pas la force.
A cette époque — observe judicieusement le docteur Triaire (2) — l'opération de la cataracte n'était pas, comme aujourd'hui, une intervention réglée et méthodique, qui, dans des mains exercées, donne
1. Correspondance entre Lamennais et le haron de Vitrols, p. 428.