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MARIE-CAROLINE DE NAPLES

La remarque en a été depuis longtemps faite, les filles de Marie-Thérèse, la grande impératrice, dont le prestige ne faiblit pas même à côté de celui de Catherine-le-Grand, les descendantes de cette souveraine si parfaitement équilibrée, dont les historiens vantent à l’envi « la politique toute d’énergie raisonnée et de prudente habileté », semblent avoir manqué aux lois directes de l’atavisme et de l’hérédité. Ce sont, pour la plupart, des névrosées de tempérament, dont le détraquement se traduit « par une inquiétude dans le caractère, un besoin d’intrigue et un manque de mesure et d’équilibre (1) », qui les rendent justiciables de notre juridiction. Nous n’avons pas à nous occuper de deux d’entre elles : Marie- Anne, dame du chapitre de Prague, et Marie-Elisabeth ; toutes deux

(4) Cf. le Temps, 22 février 1898.

DANS LES COULISSES DE l’hISTOIRE

restèrent confinées dans une existence sans éclat et sans apparat, qui les dérobe à notre critique. Quant aux quatre autres, elles apportèrent, comme on l’a dit, dans leurs corbeilles de noces aux maisons de Saxe, de Parme, de France et de Naples, « les dons fatals de légèreté, de perfidie, de cruauté et de charme qu’elles tenaient de quelque ancêtre Habsbourg ou Lorraine ».

Grâce à des travaux multiples, Marie-Caroline de Naples nous est aujourd’hui bien connue, quoi qu’il reste dans l’ombre nombre de particularités qui auraient pu servir à compléter sa physionomie. On a parlé, notamment, de telle correspondance decetle reine avec son « amie », lady Hamilton, trouvée, il y a quelques années, dans les cartons du British Muséum, et qui la couvrent d’infamie. D’autres documents ont été détruits ou sont dispersés dans les archives de Londres, de Vienne etde Paris, ou jalousement gardées dans celles de Naples. Il existe, parait-il, un journal où la fille de Marie-Thérèse notait, au jour la journée, ses turpitudes et toutes les preuves de son ignominie. Cette pièce était rédigée en termes tels, assure un personnage qui affirme l’avoir eue entre les mains, qu’une fois son existence connue, «. elle a été enlevée de Naples, transportée à Turin, et enfermée dans les archives secrètes de la Cour, avec l’ordre strict d’en interdire absolument la copie et même la vision ! »

On est assez renseigné, par ailleurs, sur les agis-

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