I. — Grimod de la Reynière
On parle de Christophe Colomb, on -oublie Amène Vespuce. On célèbre Brillat-Savarin, on méconnaît Grimod de la Reynière. R eut, pourtant, son originalité, ce «classique de la Table »,dont Fauteur de la Physiologie du goût paraît avoir accaparé toute la gloire à son profit.
On a dit de notre personnage qu’il fut « le plus gourmand des lettrés et le plus lettré des gourmands ». Tout le xviue siècle s’est assis à sa table ; ce n’est pas un mince mérite que d’avoir su grouper autour de soi tant de notabilités en tous genres, en même temps que d’avoir été le premier de nos écrivains culinaires.
Heureuse alliance de la théorie et de la pratique ! Grimod fut, à la fois, un gastronome et un gour-
mand. [i avait, d’ailleurs, de qui tenir: trois hommes de ce nom figurent avec honneur dans les fastes de la bombance, le grand-père, le père et le fils. Celui-ci, on le voit, mangeait de race.
Le grand-père de Grimod de la Reynière était fermier général, c’était un goinfre émérite : il mourut, la serviette autour du cou, suffoqué par un pâté de foie gras.
11 donna naissance à un garçon, qui, à l’âge d’homme, hérita de sa charge et de son appétit. La table de Grimod II fut célèbre, si son esprit le fut moins. C’est de lui qu’un mécontent, sans doute, un parasite évincé, dit un jour : « On le mange, mais on ne le digère pas ». De tous les fermiers généraux il fut un des plus fastueux.
Très entiché de noblesse, il avait épousé Mlle de Parenté, nièce de cet évêque d’Orléans, qui « tenait les bénéfices », comme o\\ disait alors, et propre sœur du ministre Malesherbes. M. de la Reynière était, pour tout dire, un des gros personnages de son époque ; grand amateur de tableaux et de livres, il eut l’honneur d’être peint par La Tour qui l’a représenté « en habit de velours cramoisi brodé d’or, assis dans un fauteuil ayant une main dans sa veste et l’autre sur sa cuisse ». Il ne manquait à son Tonheur que de faire souche. Sa femme réalisa son vœu le plus cher, en lui donnant un héritier qui fut prénommé Balthazar. C’est Balthazar Grimod de la Reynière que nous nous sommes
iftt ixtu én-yéirrr
Oam/<v /XjP*.
ûk, 0(~f\ crmuttZ / / <y
•/ amJur<z, juté
Ci de /amaM/m ürùr ne fui a&mr
. /Mir*ZhMk'r{&^i^h éiycnw* rf&f ami* . •
sJc/~ Z ' *7’) 4
. __s ..: HBH .. . — £•*- - — — —
iJN&r* w* ' v- *■ *