‹ Dans les coulisses de l'histoireChapitre 31 sur 44 · LE ROI DES (( D AND! ES » *. LE « BEAU » BRUMMELL · texte numérisé non relu

LE ROI DES (( D AND! ES » *. LE « BEAU » BRUMMELL

Voici un homme peu connu, on pourrait dire, presque ignoré en France, et qui fut pourtant célèbre de l’autre côté du détroit. Qu’a-t-il fait pour conquérir cette célébrité, qui, de son vivant, touchait à la gloire ? La réponse nous est fournie par un écrivain grave entre tous, mais qui ne dédaignait pas de faire de l’humour à ses heures : « Brummell, écrivait l’exquis lettré, le journaliste de haute distinction que fut John Lemoinne, Brummell passa la plus grande partie de sa vie à mettre sa cravate. » Ge singulier personnage fut longtemps l’arbitre des élégances ; il exerça comme une sorte de royauté, la royauté de la mode ; ou plutôt, il partagea cet empire avec son propre souverain, qu’il avait connu prince de Galles, et qui devint George IV. Les tailleurs de Londres, quand leurs clients les consultaient sur l’étoffe qu’ils devaient choisir, le mode de vêtement

DANS LES COULISSES DE l’hISTOIRE

qui leur convenait, répondaient tout d’une voix : « polir telle partie de votre tenue vestimentaire, le pantalon, par exemple, imitez le prince ; pour telle autre, le veston ou le gilet, M. Brummell doit vous servir de modèle. »

Le prince de Galles ne le cédait en rien à son favori au point de vue de l’élégance ; comme lui, il s’imposait des tortures, afin de réaliser le type du parfait dandy. C’est le prince qui, pour avoir un pantalon véritablement collant, fit coudre sur lui-même le vêtement qui devait emprisonner et dessiner ses formes. A l’ordinaire, cependant, le prince et ceux qui Limitaient se contentaient de pantalons cousus d’avance, mais si étroits que, pour les en revêtir, le pantalon étant maintenu ouvert, deux vigoureux valets étaient obligés de les y lancer. Il est superflu daj° uter que le malheureux, ainsi attifé, ne pouvait plus songer à s’asseoir; il était condamné à rester debout, jusqu’à épuisement.

Est-ce à dire qu’il fallait avoir une mise touchant au ridicule, pour être considéré comme le prototype de la fashion? Comme vous seriez loin de compte, si vous pensiez ainsi ! George IY, comme George Brummell, étaient gens de goût; on connaît la réponse de ce dernier à quelqu’un qui disait d’une personne de sa connaissance, qu’il était si bien mis que tout le monde se retournait : « Alors, riposta Brummell, il n’était pas bien mis. »

Pour aspirer au rôle de « roi des dandies », au

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