LE ROI DES « DÀNDIES » : LE « BEAU )) BRUMMELL
moins faut-il avoir une fortune suffisante, pour sa» tisfaire aux dépenses qu’il nécessite ? Sans doute, notre héros , appartenait-il à une de ces familles de l’ aristocratie anglaise, où le goût va de pair avec la richesse ? Bien qu’on n’ait que de vagues renseignements sur la généalogie de Brummell, on sait, toutefois, que son grand-père était ce qu’on appelle en anglais un confectioner , c’est-à-dire un pâtissierconfiseur, qui tenait boutique dans Bury Street ; quanta son père, remarqué par lord North, comte de Guilford, premier lord de laTrésorerieen 1770, auprès duquel il occupait les fonctions de secrétaire particulier, protégé en outre par lord Liverpool, il fit une assez belle fortune et laissa à ses trois enfants environ 1.600.000 francs.
George-Bryan Brummell naquit le 7 juin 1778. Quand il fut en âge d’aller en pension, son père le mit au collège d’ Eaton, où étaient élevés les enfants de la haute ge n try britannique.
Dès son plus jeune âge, le petit bonhomme se fit remarquer par la correction et l’élégance de sa tenue. « Il était, dit un de ses biographes, sans rival dans l’art de se coiffer, et de ne pas crotter ses bas quand il pleuvait. »
Quand le moment fut venu, Georges Brummell quitta le collège d’Eaton, pour passer à l’Université (l’Oxford ; il n’y resta que peu de temps ; à 16 ans, il était nommé cornette du 10e hussards, alors commandé par l’homme qui exercera sur sa vie une in-
fluence déterminante, Son Altesse le prince de Galles. L’héritier du trône avait à cette époque 32 ans. Il se prit d’une affection véritable pour son jeune compagnon d’armes qui, grâce à cette puissante relation, jouit de l’enviable prérogative de faire son service en amateur.
11 avait plu au prince, surtout par sa faconde intarissable, l’impromptu de ses saillies, la gaieté constante de son humeur. Bien que la faveur de son chef lui eût valu le grade de capitaine à 18 ans, Brummell quitta brusquement la carrière militaire ; et, remarque notable, ce qui l’engagea le plus à prendre cette détermination, ce fut le désir de s’affranchir de l’usage de la poudre pour les cheveux que l’on ne conservait plus que dans l’armée. Les fashionables , on les appelait alors les maccaronis , ayant décrété que la poudre ne convenait qu’au vulgaire, ce que nous appellerions aujourd’hui les croquants , celle-ci fut proscrite par les « dandies » qui s’engagèrent, sous peine d’amende, à porter les cheveux au naturel.
Au vrai, il semble que la démission de Brummell ait tenu à une autre cause, qui, si elle ne fut pas déterminante, se serait ajoutée à la première.
Son régiment était désigné pour aller à Manchester « la métropole du commerce, la patrie du coton ». Quelle déchéance pour celui qui aspirait déjà à tenir le sceptre du « Roi des « dandies î » « Votre Altesse royale, dit-il au prince de Galles, sent combien ce serait désagréable pour moi ; songez