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LE ROI DES (( DANDIES » I LE « BEAU » BRUMMEL

On a souvent conté, que pendant l’émigration, un marquis fit presque fortune en enseignant la façon d’accommoder la salade ; Brummell aurait pu, lui aussi, s’enrichir, en donnant des leçons sur 1 art de mettre sa cravate.

Certain jour, quelqu’un rencontre le valet de chambre de Brummell, portant une immense corbeille remplie de cravates blanches plus ou moins fripées.

— Qu’est-ce cela ? dit le curieux — - Ce sont nos erreurs, répondit le valet, qui se croyait son maître. Brummell, en effet, n’essayait pas moins, quelquefois, de trente cravates, avant d’être complètement satisfait de son nœud et de le trouver impeccable.

Pendant qu’il était occupé à sa toilette, on devine qu’il n’aimait pas à être dérangé. Les indiscrets qui se risquaient à violer la consigne étaient rabroués d’importance. Un fâcheux, ayant pénétré jusqu’à lui, grâce à la complicité d’un valet dont il avait acheté la complaisance, éprouva les effets de sa mauvaise humeur. L’importun arrivant d’Ecosse, vantait ce pays extraordinaire, ses lacs surtout. Et se tournant vers Brummell : « Me ferez-vous la grâce de me dire quel est celui des lacs de ce pays que vouspréférez ? » L’interpellé s’obstinait à ne pas répondre, le questionneur se fit suppliant. Alors Brummell, se tournant vers son domestique : « Robinson ! — Monsieur ?

— Quel est celui des lacs que je préfère ? — Windermere, Monsieur. — Ah !... c’est juste, répéta Brummell. Et se tournant vers l’intrus : Windermere,

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Monsieur... cela fait-ilvotre affaire ? »Etle dandv se remit à sa besogne (c’est-à-dire à son nœud de cravate), malencontreusement interrompue.

C’est sans doute pour ne pas déranger sa cravate qu’il n’aimait pas monter à cheval; il était cependant un très convenable rider ; ses chevaux étaient toujours de tenue aussi soignée que leur maître ; mais il ne s’en occupait pas, il en laissait le souci à son groom, qui achetait, vendait ou échangeait les bêtes de son écurie sans même le consulter.

Brummell, ne voulait jamais avoir de voiture, pour éviter la boue, il usait d’une chaise à porteurs ; il ne se serait pour rien au monde servi d’un autre véhicule, quand il allait en soirée. Il n’aimait point la chasse pas plus que les autres sports de plein air, pour la raison que nous avons indiquée plus haut.

11 n’était pas collectionneur ; il recherchait pourtant les bibelots, et avait une prédilection pour les meubles de Boutie et les porcelaines de Sèvres. 11 n’était pas davantage bibliophile : sa bibliothèque, en dehors de la Revue d' Edimbourg , et des Lettres de lord Chesterfield , ne contenait que de rares ouvrages. Aux plaisirs de l’esprit, il préférait toujours ceux de la table. Sa cave était assez bien garnie, de vins de France et d’Espagne. On mangeait bien chez Brummell, la chronique assure qu’on y buvait mieux encore.

On prétend que l’héritier de la couronne d’Angleterre ne dédaigna pas d’être de ses convives, et n’était

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