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collègue de Spotted Tail. Aussi j'en fais mon compliment à M. Gregg.
« Oh! me répond-il négligemment, maintenant le pays est bien tranquille; aussi nous faisons de grosses économies sur ce chapitre-là. Il y a eu un temps, monsieur, où je dépensais soixante-quinze dollars par jour rien qu'en fighting men !
— Avez-vous quelquefois été attaqués?
— Nous, pas; mais les gens de l'express l'ont été.
— Comment donc vous y prenez-vous pour expédier votre or à New-York ?
— Ah! voilà! Il s'est formé une Compagnie qui se charge de cela moyennant une commission de 1 pour 100. Ils ont un bureau à Deadwood ; ma responsabilité cesse et la leur commence dès que nos lingots y sont parvenus.
— Eh bien, ils ont été attaqués?
— Oui, il y a de cela quatre ans. C'était en 1878 Sept cow-boys ont enlevé leur convoi qui partait escor par six de leurs fighting men. Il y avait pour cent mille dollars de lingots.
— Comment s'y sont-ils pris ?
— Ils ont commencé par s'emparer de la première station de la prairie, de l'autre côté de Rapid City. Il y avait là seulement trois postillons qui ne se méfiaient de rien. On s'est jeté sur eux, on les a bâillonnés et enfermés pieds et poings liés dans l'écurie ; après cela, les cow-boys ont fait des meurtrières dans les portes
et les volets de la maison. L’express se sert pour transporter l'or de fourgons fermant à clef; les fighting men sont assis sur des banquettes placées sur le dessus. Quand ils sont arrivés dans la cour de la station, ne se doutant de rien, ils ont vu tout à coup des canons de
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fusil braqués sur eux, et on leur a crié de lever les mains en l'air. Deux ont voulu se défendre, mais ils ont été tués roide. Alors les autres se sont rendus. Les cow-boys les ont envoyés rejoindre les postillons dans l'écurie; puis ils ont défoncé le fourgon, pris les lingots, et sont partis dans la direction du sud. Mais ils étaient gènés; nos lingots pèsent près de cent livres, et leur forme les rend incommodes à transporter pour un homme à cheval. En somme, l'express a eu bien de la chance. L'alarme a été donnée, on a couru après les voleurs de fous les côtés, et en moins de six mois ils ont presque tous été repris et pendus.
— Et l'argent?
— C'est ce qu'il y a de plus étonnant, On a retrouvé quatre-vingt mille dollars. En somme , il n'y a eu que vingt mille dollars environ de perdus.
Les lingots sont tous fondns; il y en a sept en tout, car l'envoi d'aujourd'hui est de cent cinquante mille dollars. Dans les douze derniers mois, la valeur totale de l'or extrait a été de deux millions trois cent mille dollars.
Après avoir vu partir Je convoi pour Deadwood, nous nous acheminons, conduits par M. Gregg, vers l'entrée de la mine qui se trouve tout en haut de la montagne. Là, les choses sont montées sur un plus grand pied que chez nos amis de l'Uncle-Sam. Quand nous arrivons à l'orifice du puits, nous trouvons un système de plateaux mus par une machine à vapeur. Ils amènent à la surface les wagonnets chargés de quartz qui, abandonnés ensuite à eux-mêmes sur une voie inclinée en charpente, s'en vont disparaitre l'un après l'autre dans l'usine qui se trouve dernière nous à micôte. Nous prenons place sur un de ces plateaux, un
câble d'acier se déroule sur son treuil, et c'est en quelques secondes que nous atteignons le niveau inférieur de l'exploitation, à 450 pieds de la surface.
La couche de quartz aurifère de Homestake s'enfonce dans la terre presque vertiralement. Sa section horizonlale fiqure à peu près un rectangle dont le grand côté serait double du petit, qui a de deux cent cinquante à trois cents pieds ; elle est comprise entre deux couches, deux murs, comme on les appelle ici très-justement, d'ardoise. Sa richesse moyenne est de quatre dollars et demi à la tonne. On n'a jamais trouvé plus de sept dollars. Dans bien des endroits, le rendement n'est même que d'un demi-dollar. Cela ne représente pas les dépenses d'extraction et de broyage, qui soni d'environ deux dollars. Mais ces minerais en recouvrent souvent d'autres plus riches; il faut les enlever, et cela coûte encore moins de les faire passer au moulin que de les transporter au dehors.
Arrivés en bas, nous nous enfoncons, derrière M. Gregg, dans un dédale de galeries et de salles pour aller rejoindre l'endroit où l'on travaille en ce moment. La direction nous est indiquée par un coup de dynamite dont la détonation sourde gronde encore , Dans ces mines, l'air est toujours parfaitement pur. L'humidité et les brusques passages de l'air chaud âu dehors à la fraicheur du dedans sont seuls à craindre. Mais le mode d'exploitation rend malheureusement les accidents très-fréquents. Dans ce genre de mine, tout étant bon à prendre, tout est pris; on ne réserve rien sous forme de piliers pour assurer la solidité des voûtes. On fait seulement quelques boisages, et, de loin en loin, dans les endroits les plus exposés, on établit des soutiens formés de piles de büches de sapin. Tout cela est assez
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insuffisant. Au fond, on désire plutôt qu'on ne redoute les éboulements qui, disloquant la masse de quartz, la rendent d'une extraction très-facile. M. Gregg nous explique que les piles de bois se pourrissent dans un espace de temps qui varie de deux à cinq ans. Quand elles sont pourries, elles s’effondrent, et si l'on peut arriver à les établir sur une assez grande échelle pour que les quatre cent cinquante pieds de roc qui sont au- dessus de nos têtes soient entrainés, ce sera une magnifique opération, car alors on n'aura plus qu’à pelleter les débris à ciel découvert. Seulement il ne faudra pas se trouver dessous au moment de la bagarre. Il y a trois semaines, un grand éboulement s'est déjà produit. C'était pendant la nuit; personne n'a été aiteint; -eulement deux ateliers de la Compagnie qui se trouvaient au-dessus ont été entrainés dans un immense entonnoir de soixante ou quatre-vingts mètres de diamètre au fond duquel on nous a montré leurs débris, au moment où nous allions descendre dans la mine.
Quand nous arrivons à l'endroit où a lieu l'explosion, la fumée est déjà dissipée, et les équipes reprennent le travail. À la lueur de nos lampes nous voyons le sol jonché des débris qu'on va charger sur les wagonnets. Trois ou quatre hommes sondent la voûte avec de longues perches, pour faire tomber les morceaux ébranlés. Tout à coup nous entendons un épouvantable tapage, comme si toute la montagne s'écroulait ; un nuage de poussière nous entoure, la moilié des lumières s'éteignent. J'aperçois Dickerman et Parker qui prennent leurs jambes à leur cou et s'enfoncent dans une galerie. Quant à moi, je réfléchis qu'à courir de la sorte dans l'obscurité, on risque fort d'aller se
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jeter dans la gueule du loup. D'ailleurs, le père Gregg doit connaître la meilleure manière de setirer d'affaire, puisque c’est son métier. Aussi je me blottis avec lui contre une des grandes piles de bois dont j'ai parlé plus haut. Pendant peut-être deux ou trois minutes, qui nous semblent longues, le tapage continue; on entend comme une cascade de rochers qui viennent s'entrechoquer au-dessus de nos têtes et jusqu'à nos pieds; quelques-uns passent si près de nous que nous en sentons le vent. Je déclare que c’est une impression parfaitement désagréable. D'ailleurs, je ne suis décidément pas fait pour les métiers souterrains. Cette obscurité absolue des mines a toujours pour moi quelque chose de très-pénible.
Enfin le bruit cesse, la poussière tombe comme par enchantement, nos lampes projettent quelque clarté. Nous distinguons un homine qui s’est abrité comme nous derrière une pile de bois.
— Well, Sam ! where is your mate? (Eh bien! Sam, où est donc votre compagnon ?) dit M. Gregg.
— ]l a dû se sauver, monsieur.
— AlPs right! Alls right! Je le croyais mort!
Les mineurs reparaissent de tous les côtés. L'éboulement a produit une énorme caverne, si haute qu'on ne peut pas distinguer le plafond de l'étage où nous nous trouvons. Par le plus grand des hasards, personne n'a été touché. Les hommes s'en étonnent; j'en profite pour demander si les accidents sont fréquents.
— Oh! oui, me répond-on ; il y a beaucoup de bras et de jambes cassés; mais dans cette mine-ci, nous avons beaucoup de chance ; il y a très-peu de tués.
— Qu'est-ce que la Compagnie fait pour les blessés ?
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— La Compagnie! elle ne fait rien; mais tous les employés souscrivent un dollar par mois pour l’entretien d'un hôpital où les blessés sont soignés.
Ce n'est pas la première fois que je constate en Amérique cette belle indifférence du capital pour le travail. Dans un pays nouveau comme celui-ci, cela se comprend, à la grande rigueur; mais dans les États de l'Est, je n'ai jamais trouvé, ni dans les Compagnies de chemins de fer, ni dans les grandes usines, qui cependant ne manquent pas, aucune trace de ces institutions de caisses de retraite que tous nos industriels se font un devoir de fonder dans leurs ateliers, et pour lesquelles ils s'imposent souvent de si lourds sacrifices. 1] est possible et même probable qu'il en existe en Amérique, mais je n'en ai jamais entendu parler. Les rapports des ouvriers et des patrons me semblent ici partout réglés strictement par les lois de l'offre et de la demande, sans que, même dans les administrations les plus solidement établies, il soit tenu le moindre compte de l'ancienneté de service, ni d'aucune de ces considérations morales qui, chez nous, ont tant d'influence. De quoi un sceptique pourrait peut-être conclure que la démocratie ne .evendique toutes ces choses, excellentes d'ailleurs en elles-mêmes, que lorsque le capital, qui, au bout du compte, doit en faire les frais, est entre les mains d'adversaires politiques.
M. Gregg ayant constaté que son personnel était an complet, nous nous remettons à la recherche de Parker et de Dickerman, qui, de leur côté, venaient voir s'ils n'auraient pas besoin d'excaver une montagne de quartz pour nous relrouver; puis nous remontons d'étage en étage, admirant les dispositions prises par M. Gregg pour le grand éboulement final qui doit lui
fournir, pendant des années, de quoi satisfaire à l'appêtit formidable de son moulin, sans préjudice de ce qui lui restera à exploiter en suivant la veine plus profondément. Quand nous arrivons enfin à la surface, c'est avec une certaine appréhension que nous entendons ce terrible homme nous inviter à le suivre à son usine, car nous sommes tellement couverts de boue aurifère des pieds à la tête que nous sentons que ce serait peut-être une opération profitable de nous faire passer nous-mêmes sous les pilons.
Pour y arriver, nous suivons la route des wagonnets; elle nous conduit à l'endroit où, arrêtés par un ressaut des rails, ils viennent culbuter leur chargement sur des grilles formées d'énormes barreaux de fer, destinées à empècher les morceaux par trop gros de passer.
Trois ou quatre hommes armés de masses réduisent bien vite à la grosseur voulue ceux qui se trouvent dans ce cas. Nous sommes au dernier étage d'un immense bâtiment cn bois qui abrite les deux cents pilons de la Compagnie. Comme nous le fait remarquer avec orgueil M. Gregg, c'est la plus grande usine de ce genre qui existe dans le monde entier. Cela doit en être aussi la plus bruyante. Ces deux cents pilons, alignés en deux rangées parallèles adossées l’une à l'autre, font un tapage dont on ne se fait pas d'idée. Il faut renoncer à demander des explications, car on ne s'entend pas. Du reste, le mécanisme est tellement simple, qu'elles seraient superflues. Nous descendons au rez-de-chaussée; les tables de cuivre amalgamé recoivent régulièrement leur nappe d'eau boueuse qui s'écoule ensuite dans la rivière et lui communique la teinte rouge que nous avons remarquée en venant. Tous
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ces braves mineurs font comme le bon Dieu que chante le psaume /n exitu : ilsaplanissent les vallées en y jetant des montagnes. Mais leur œuvre est malfaisante. En Californie, ils ont trouvé moyen de transformer en marais pestilentiels des rivières autrefois navigables. lei, ils font ce qu'ils peuvent pour arriver au même résultat. Tous ces pilons sont mis en mouvement par une belle machine horizontale de cinquante chevaux de Corliss. Ne pas oublier que tout cela est venu en charrettes à bœufs à travers quatre cents miiles de prairies. Les chaudières brülent du bois. Elles ont déjà absorbé toutes les futaies de quarante à cinquante kilomètres carrées, et elles ne font que commencer.
Il est midi quand nous avons terminé notre visite. Nous serrons affectueusement la main de M. Gregg, qui, vraiment, nous a fait les honneurs de sa mine avec une bonne grâce charmante, et nous nous en allons nous lester d’un exécrable déjeuner dans le grand hôtel de Lead City, où nous mangeons à côté d'une cinquantaine de mineurs qui viennent de quitter le travail. Quelles mines ont tous ces malheureux! mais aussi quelle nourriture ils ingèrent! Dans nos arsenaux, dans nos grandes usines, j'ai bien souvent assisté aux repas d'ouvriers; je mets en fait que le plus pauvre des calfats du port de Brest qui, avec une solde de trois francs par jour, fait vivre une famille de trois ou quatre personnes, consomme des aliments plus sains, plus nourrissants et surtout mieux assaisonnés, que ces hommes dont le plus mal payé gagne vingt francs par jour, et cela dans un pays où la viande coûte trois ou quatre sous la livre, et où le blé est si abondant qu'il inonde nos marchés. Seulement, comment un homme qui compte devenir président ou million-
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naire consentirait-il à faire la cuisine? Si le peuple américain, qui lit tant la Bible, trouve jamais, comme Esaü, à vendre une bonne partie de ses droits pour un plat de lentilles, surtout si elles sont à la bretonne et qu'on lui donne la recette, je l'engage bien vivement à accepter le marché. Il ne peut qu'y gagner.
La Compagnie du Homestake nous a laissé le soin de nous occuper de notre nourriture, mais, grande et généreuse, elle a pourvu à celle de nos chevaux, qui, largement repus d'avoine, nous emportent au galop dans lo direction de Central-City, où nous allons visiter la mine du P. de Smet. Celle-ci est moinsancienne que le Homestake; elle n'a que quatre-vingts pilons et, sous le rapport financier, a donné des résultats un peu moins brillants que la premiére. Pour y arriver, nous avons traversé le chemin de fer qui, longeant la crête de lamontagne, amène le bois nécessaire aux chaudières des quatre mines. Redescendus dans la vallée, nous apercevons au-dessus de nos têtes un train qu'on décharge. La manière d'opérer est encore bien caractéristique du pays. La voie longe le bord d’un véritable précipice d'une centaine de mètres de profondeur au fond duquel se trouve la route que nous suivons. Précisément au-dessous se trouvent les bâtiments du Highland. Une büche qui s'échapperait d'un des wagonnets tomberait droit sur le toit. D'un autre côté, le vallon est si étroit qu'une glissière, si peu inclinée qu'elle soit, aboutirait à mi-hauteur de la côte opposée. Les ingénieurs américains ont eu une idée de génie, mais qui ne viendrait certainement à personne chez nous. Ils ont fait aboutir leur glissière juste audessus du toit de l'usine. Là, elle est interrompue par “un plan formé de gros madriers, faisant un angle aigu
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avec son axe. Les büches, abandonnées. à elles-mêmes en haut de la côte, arrivent là avec une vitesse vertigineuse. Brusquement arrêtées, elles rebondissent en l'air d'au moins quarante à cinquante pieds, et, épuisant dans ce trajet vertical toute leur force vive, elles viennent s'empiler les unes sur les autres à la porte de l'usine. Il est vrai que la route passe par là, mais dans ce pays on n'y regarde pas de si près. Au moment où nous y arrivons, il pleut littéralement des büches de sapin grosses comme le corps d’un homme et longues de deux mètres. Dickerman affirme qu’à la condition de serrer de très-près le mur, on passe sans que les accidents soient très-communs, puis il nous donne l'exemple. J'attends une éclaircie, et je passe à mon tour au galop; les autres viennent après. Par le fait, personne n'est touché, mais c'est bien une chance.
Un peu plus bas, nous allons visiter encore deux mines. D'abord Smel’s mine. Dickerman, qui a présidé à la construction de l'usine lient à nous faire voir un aménagement particulier dont il est très-fier.
Les tables d'amalgamation, au lieu d'être adossées l'une à l’autre et séparées par les pilons, se font face de telle sorte qu'une allée ménagée au milieu du bâtiment est bordée par celles. Je constate que cette disposition, renvoyant les arbres de couche et les pilons sur les côtés, ébranle d’une manière terrible toute la charpente et doit amener des dénivellements constants. Malgré l'orgueil évident qu'y prend Dickerman, je ne puis m'empêcher de le lui faire observer.
— Oh! me répond-il, c’est vrai : c'est un inconvénient : mais jugez donc quelle économie on réalise d'autre part! Dans les autres usines, il faut pendant la nuit deux fighting-men pour surveiller les deux plans
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de tables, puisque, quand on en voit un, on ne peut pas voir l’autre, tandis qu'ici il suffit d’un seul homme. Voyez! avec un bon winchester, vous pouvez tuer trèsfacilement quelqu'un qui viendrait enlever l'amalgame.
J'avoue que ce côté de la question m'avait échappé, mais il a bien son intérêt. Il était de mode en France, il y a quelques années, quand les républicains n'étaient pas au pouvoir, de vanter les économies que réalise la forme républicaine en général, et en particulier le gouvernement de la libre Amérique. Il est bien vrai que, dans ce pays, on ne paye ni centimes additionnels ni prestations, mais on n'a pas de chemins; on n'a pas non plus de gendarmes, maïs il faut payer des fighting-men, qui coûtent assez cher, si j'en juge par un prix de revient officiel que Dickerman vient de me donner et que je transcris dans toute son éloquente simplicité.
PRIX DE REVIENT DU TRAITEMENT D'UNE TONNE DE QUARTZ (CALGULÉ POUR UN MOULIN DE 120 PiILONS).
Les chiffres indiqués sont en dollars.
Écrasement du minerai. ....... “vos 0 0078 forge........ “usée 0: DES
Ateliers : ONE Res ur ANS 0 0162 VU MORIOn de et . 0 0078 mécanicien, ........... . 0 0148
Routes et voies d'accès. — Entretien... O0 00%% Salaires. ...,,... EAN ARENA CRAN 0 603 0 1179
Total..,...,.. O0 7098
Plus du septième des dépenses provient donc du manque de gendarmes! En France, l'armée, Ja ma-
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rine, les sergents de ville et les cinq cent mille em-
; peut : 3 4 Nm ployës qui nous oppriment ne nous coûtent pas aussi ae cher.
rune Et que l'on ne dise pas que c'est là un fait spécial à ji quelque localité située sur les confins de la civilisation. sppé Dans les États les plus peuplés de l'Est, les choses se BA passent d’une manière différente, mais le résultat est taent le même au point de vue de l'économie. I y a quelque lise la vingt ans, le conseil municipal de New-York s'avisa lier le de construire une mairie. L'apuration des comptes ee faite plus tard révéla des détails bien édifiants. Les addi- ournisseurs avaient été prévenus qu ils ne toucheraient hits qu'environ 8 ou 10 pour 100 de leurs factures, le reste payer devant être partagé entre les membres du conseil. Il n juge fut calculé notamment que si tous les tapis payés mar avaient été fournis et mis en place, ils auraient rempli bles les appartements jusqu'au plafond; tout le reste était à l'avenant.
Il commence à se faire lard ; cependant nous ne vou- QUARTZ lons pas rentrer en ville sans aller voir une nouvelle
mine, la Caledonia, dont on commence à parler beau-
coup. Elle n’a pas encore donné de dividende, et ses
actions ne sont guère au-dessus du pair, à un dollar; . mais nous savons de bonne source que depuis deux > ou trois mois elle a produit assez pour payer toutes 8 les dépenses et rembourser à différents créanciers plus B de trente mille dollars. De plus, jusqu'à présent elle : était tributaire d'Homestake pour son eau, qu'elle payait la somme énorme de quatre dollars par pilon et par semaine, quelque chose comme cent mille francs
par an. Or, on vient d'apprendre que son ingénieur ane du avait trouvé moyen de capter une source considérable Ta tius trouvée dans sa mine et dont le débit devant lui suffire,
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il a dénoncé Je traité. Tout cela excile au plus haut point la curiosité des bons habitants de Deadwood, et l'on s'attend au premier jour à une fusée de hausse qui amènera probablement les actions de la Caledonia à peu près au niveau de celles de Homestake, qui sont à seize dollars environ. Les allures mystérieuses de l'administralion semblent confirmer ces bruits. Les étrangers ne sont jamais admis à visiter les travaux ; cependant nous nous risquons à envoyer nos cartes par Parker, l'homme des négociations difliciles. Au bout d'un instant, nous le voyons revenir avec M. Allan, le superintendant farouche dont on nous avait parlé. Il nous accueille avec la plus parfaite cordialité et nous fait lui-même les honneurs de sa mine. Fiez-vous donc aux réputations !
Le minerai de la Caledonia a un tout autre aspect que ceux que nous avons vus jusqu'ici. Le quartz n'a plus l'apparence d'albâtre et la cassure brillante qui le caractérisent ailleurs. La présence d’une assez grande quantité de fer lui donne une teinte bleuâtre très-singulière, sans du reste rien lui ôter de sa dureté, car il est encore plus difficile à broyer qu'ailleurs. La mine est-exploitée à peu près dans les mêmes conditions qu'à Homestake, en vue d’un grand écoulement final. Le rendement est à peu de chose près le même, quatre dollars cinquante-neuf à la tonne.
Au demeurant, de tout ce que nous avons vu aujourd'hui il ressort un fait saillant : ce qu'il y a de remarquable dans le pays, c'est d'abord l'extraordinaire abondance de ses minerais et non leur richesse; mais c'est surtout la perfection extrême des moyens d’extraction. J'ai donné plus haut le prix de revient du travail par lequel d’une tonne de minerai on extrait
haut d,et e qui nia à ont à l'adtranepens par bout an, le lé. Il nous y donc
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la quantité d'or qu'elle contient; il est de 0,71 dans les conditions les plus favorables. Les ingénieurs de
de Smet n'arrivent qu'à 0,86. Voici leur prix de revient :
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