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que l'autre Compagnie, le Central-Pacific, poussait de son côté dans le désert, en prenant la Californie comme point de départ. Les derniers 534 milles avaient été construils en quinze mois.
Pendant ce temps-là, Omaha devenait une grande ville. La pauvre petite bourgade de 1846 avait disparu pour faire place aux immenses ateliers du chemin de fer, autour desquels une population de plusieurs centaines de mille âmes ne tarda pas à venir se grouper. En 1871, elle fut reliée à sa rivale Couneil-Bluffs, qui s'était élevée en face d'elle de l'autre côté du Missouri, par un admirable pont en fer de près de neuf cents mètres de long, qui permet maintenant aux wagons d'aller déposer leurs voyageurs sur la rive est, où se trouvent les têtes de quatre ou cinq lignes qui relient ce point à Chicago.
Des espritschagrins ontsouvent reproché aux jeunes démocraties de manquer complétement de ce culte des ancêtres qu'on à si fort dans l'Empire chinois, et qui, rappelant aux hommes qu'ils ne sont ici-bas que le lien qui unit le passé à l'avenir, les invite à transmettre à leurs enfants les bons principes qu'ils ont eux-mêmes reçus de leurs pères. Nous avons pu constater, avec une vive satisfaction, que, en ce qui les concerne, les Omahais ont à cœur de réduire à néant ces accusations; car une petite brochure que nous avons achetée à la gare est spécialement consacrée aux premiers souvenirs de la ville d'Omaha. Nous avons malheureusement égaré cette œuvre intéressante. Son auteur, qui s'appelle, autant qu'il nous en souvient, Philéas J. T. Babcock ou quelque chose d'approchant (pourquoi les Américains tiennent-ils à avoir tant d'initiales à leurs noms ?), a colligé avec un soin pieux
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les anciennes traditions ayant trait aux origines de sa ville, Par un malheureux hasard, il s'agit de trois assassinats. Telle est du moins l'expression qu'emploie l'auteur, en faisant remarquer, non sans orgueil, que la ville de Rome n'en a qu'un à son avoir, celui de Rémus par Romulus.
Voici les faits : en 1852, unbijoutier nommé Rhines, habitant le Michigan, se décida à émigrer en Californie. Naturellement, pendant le chemin, on parlait souvent des Indiens. Rhines déclara qu'il ne les craignait pas, et affirma qu'il se chargeait de tuer le premier qu'on verrait.
La caravane, après avoir traversé le Missouri, campa en pleine prairie, sur le bord d'un ruisseau, à l'endroit où s'élève maintenant la ville. Le lendemain matin, on se disposait à repartir, quand on vit deuxou trois jeunes Indiennes qui traversaient le ruisseau et venaient au-devant des émigrants. Elles appartenaient à un parti de Pawnies campés à peu de distance et venaient, le plus amicalement du monde, offrir de la viande fraiche aux « Visages pâles ». Les compagnons de Rhines lui rappelèrent en riant ses dires. Cette brute prit immédiatement son fusil et cassa la tête d'une des jeunes squaws.
Une heure après, les guerriers pawnies faisaient leur apparition. Ils étaient en force etexigeaient qu'on leur livrât Rhines; ce qui fut fait. On le déshabilla. Puis il fut solidement attaché à la roue de son chariot, etlà, en présence de ses compagnons trop intimidés pour le défendre, les squaws, armées des bowie-knives de leurs maris, se mirent en devoir de le dépouiller de sa peau, comme une simple antilope. L'opération, faite avec un grand soin par des mains expérimentées,
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dura, parait-il, longtemps. Le misérable Rhines ne mourut que quelques instants après qu'elle eut été complétée. Les Pawnies laissèrent ensuite partir ses compagnons saus les inquiéter. Si la situation avait été renversée, je ne sais trop ce qu’auraient fait les Américains.
Après celui-là, les deux autres assassinats cités par M. Philéas J. M. T. Babcock ne me semblent être que du remplissage. Il a fallu beaucoup de bonne volonté, et surtout un grand désir d’éclipser Rome, pour les appeler de ce nom. J'avais copié, sur mon livre de notes, les alinéas qui les concernaient. En voici la traduction littérale :
«Au vieux M. Todd revient l'honneur d’avoir été le premier ivrogne invétéré de la ville d'Omaha, qui se soit tué à force de boire. Ce fut lui qui bâtit la première maison. Elle était située là où s'élève actuellement Saint-Nicolas, et fut consacrée par son propriélaire au commerce d’épicerie en général et surtout de wisky. Il était lui-même le meilleur client de son établissement, et mourut bientôt d’une attaque de de- DRM ÉPOMENSs à à en 6 06 ele où 8 cé à 0
Presque en même temps que M. Todd, arrivait le docteur M... Son premier malade fut un enfant mdien, qui mourut rapidement. »
Je lisais cet intéressant ouvrage pendant que le Chicago, Milwaukee et Saint-Paul nous ramenait au Grand-Pacific-Hotel que nous avions quitté moins d'un mois auparavant, puisque nous y rentrions le 19 juillet, en étant partis le 22 juin. Quinze jours plus tard, nous étions à Paris. Les dernières journées de notre voyage nous rappellent un désappointement. A notre passage à New-York, nous n'avons pu, faute
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DANS LES MONTAGNES ROCHEUSES, 2v9
de temps, assister à la représentation d'une pantomime équestre qui faisait courir toute la ville. C'était intitulé : le sfage-coach de Deadwood. On voyait l'attaque de la malle par les Sioux, la défense owstinée des voyageurs; puis, au moment où ils allaient succomber, une bande d'héroiques cow-boys arrivait au galop, hachait les Sioux menu comme chair à pâté, et ne laissait d'intacts que leurs scalps qui étaient promenés en triomphe au défilé de la fin!
ML na Re TN : + ec Er.