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Hautbois d'amour

( sa fondamentale; «écrite» et le «son réel»)

lr théor.

409. — Sa notation est absolument celle du hautbois (ex. 150B) dont il a aussi l'étendue, ainsi que la division des registres (ex. 151).

La Famille des Bassons

410. — La famille des bassons se compose de trois individus :

a) Le Basson, instrument type; l'effet est à l'unisson de la

note écrite (i54a).

b) Le Contrebasson, plus grave que le précédent; l'effet

est une octave en-dessous de la notation (154b).

c) Le Bassons quinte, le plus aigu des trois ; l'effet réel

est une quinte « au-dessus » de la notation (154e) (*).

(1) Voir chez Gevaert, page 152, ex. 21g. (*) On pourrait donc l'appeler basson en sol.

154 Basson Contrebasson Basson quinte

tm±

411. — Seul le premier (i54a) a sa place constante à l'orchestre; le second (b) n'y apparaît que de loin en loin; le troisième (c) jamais.

Le Basson

Cet instrument possède des qualités précieuses pour son emploi dans l'ensemble : d'abord une nature de son qui s'allie bien avec tous les timbres de l'orchestre, puis une étendue très grande.

Dans le chœur des instruments à anches ou dans l'ensemble orchestral, le basson iait tantôt une partie de ténor, tantôt la partie inférieure de l'harmonie.

Lorsqu'il est appelé à doubler la cantilène, sa place normale est à l'unisson du violoncelle, à l'octave en-dessous de la voix de soprano et du hautbois.

Gevaert.

412. — Le basson peut être considéré comme la basse du hautbois. Il constitue également la basse de toute la famille des instruments en bois.

413. — Les notes de son registre grave, vibrantes et pleines, fournissent une excellente basse aux instruments à vent, quand les trombones se taisent.

414. — Voici l'étendue totale de son échelle (qui embrasse trois octaves pleines), ainsi que la division intérieure des registres :

a) (grave)

(médium)

(aigu)

1 Vé

(#) Principalement en Allemagne on construit aujourd'hui des bassons qui ont un demi-ton de plus au grave. — Chez Wagner ce la grave se rencontre fréquemment.

On voit qu'en dehors de la clef de fa, le basson se sert aussi de la clef de ténor.

415. — Ce qui a été expliqué aux § 358-365, se repète aussi pour le basson. Mais il importe de faire remarquer qu'il possède 20 sons fondamentaux dont le dernier est le fa du registre moyen (ex. i55b).

416. — La sonorité des sons du médium est assez volumineuse mais flasque et molle. Le registre supérieur a quelque analogie avec celui du violoncelle, mais le timbre est terne et l'émission a un je ne sais quoi de serré et de pénible.

4:7. — Les sons les plus aigus, ainsi que ceux du registre grave, s'attaquent difficilement en pianissimo.

418. — Quand il s'agit simplement de phrases mélodiques ou de dessins conçus dans un mouvement modéré, tous les tons usités dans la musique d'orchestre, conviennent au basson.

419. — Sur le mode d'emploi du basson — exploit tation d'effets de son timbre. — Les maîtres avant Beethoven employèrent trop souvent le basson à doubler des basses insignifiantes. Beethoven le premier débarassa le basson de cette besogne superflue; il mit en lumière les ressources multiples de l'instrument et lui fit produire des effets d'une originalité incomparable.

Weber et Meyerbeer réussirent encore à découvrir dans ce timbre des ressources nouvelles pour l'expression des caractères et des situations dramatiques.

420. — Comme timbre de combinaison le basson a gardé toute son importance. En tant qu'interprète de la mélodie proprement dite, son rôle est réduit de beaucoup. On fera bien de ne pas lui confier seul des mélodies expressives, mais de les faire doubler par altos ou les violoncelles.

421. — L'usage ordinaire des compositeurs, à partir de Haydn, est d'écrire deux parties de basson.

Le Contrebasson

« Il est presque superflu de le dire : un instrument aussi grave n'est propre ni à des « traits d'agilité » ni à des « chants exprès»

sifs », et ne peut avoir d'autre fonction que de renforcer la basse dans le tutti des instruments à vent, ou de tout l'orchestre.

Les maîtres lui font doubler parfois des traits de contrebasse assez chargé de notes (*) ; mais il est douteux que ces passages aient jamais été rendus sur le contrebasson avec toute la netteté désirable j?.

Gevaert.

422. — Cet instrument est peu connu hors de l'Allemagne ; et même là, il n'apparaît à l'orchestre qu'en de rares occasions.

Comme nous l'avons déjà vu (ex. I541*), il sonne à l'octave inférieur du basson ordinaire avec lequel il a la même parenté que la contrebasse à cordes (ex. 23b, 177e, d et 2i3a, t>) a avec le violoncelle.

La partie du contrebasson est donc toujours notée une octave plus haut (ex. i54b et i56a).

423. — Voici son étendue en notation usuelle (ex. i56b) ainsi que sa note fondamentale sous le rapport de notation à effet (i56a).

156 (Etendue du contrebasson)

notation usuelle

lr theor.

Le contrebasson était autrefois en bois; sa construction moderne (d'origine autrichienne) se fait en cuivre. Son diamètre est très large, la sonorité puissante et en rapport avec les sons graves qu'il est appelé à produire.

La Famille des Clarinettes

« Je n'ai jamais pu entendre de loin une musique militaire sans être vivement ému par ce timbre féminin des clarinettes. Ce beau soprano instrumental, si retentissant, si riche d'accents pénétrants quand on l'emploi par

(*) Voir Gevaert, Nouv. traité d'instrumentation, exemples 236-7 (p. 160).

masses, gagne dans le solo en délicatesse, en nuances fugitives, en affectuosités mystérieuses ce qu'il perd en force et en puissants éclats.

C'est celui de tous les instruments à vent, qui peut le mieux faire naître, enfler, diminuer et perdre le son. De là, la faculté précieuse de produire le lointain, l'écho, l'écho de l'écho, le son crépusculaire. Quel plus admirable exemple pourrais-je citer de l'application de quelques-unes de ces nuances, que la phrase rêveuse de clarinette accompagnée d'un trémolo des instruments à cordes, dans le milieu de l'allégro de l'ouverture du Freischùtz ! N'est-ce pas la vierge isolée, la blonde fiancée du chasseur, qui, les yeux au ciel, mêle sa tendre plainte aux bruits des bois profonds agités par l'orage?... O Weber !!!... »

Berlioz.

425. — Par sa sonorité riche et expressive, par ses ressources multiples, la clarinette prit au milieu des instruments à vent, une place analogue à celle qu'occupe le violon parmi les instruments à archet.

426 Certaines particularités de ce bel instrument, méritent qu'on s'y arrête un instant, pour voir rapidement son origine rudimentaire ainsi que le merveilleux développement qu'y apporta la belle découverte de Denner. Celle-ci constitue un fait capital dans l'histoire de l'instrumentation et donna à l'orchestre un de .ses organes essentiels.

427. — Instrument type précurseur de la clarinette. — Le chalumeau (nom dont on désigne encore aujourd'hui le registre grave de la clarinette) fut l'instrument rudimentaire et précurseur de la clarinette. C'était un tuyau cylindrique percé de neuf trous et résonnant au moyen d'une anche (*) battante.

428. — Toute son échelle se composait de sons fondamentaux (sons 1), fournis par l'ouverture successive des trous. Cela formait avec le son fondamental une série diatonique de 10 sons

(*) Ace propos, à celui que la question intéresse, on peut recommander la lecture des pages 343-8 des problèmes musicaux d'Aristote par

F. -A. Gevaert et Vollgraff (1903), où l'on trouve un résumé des principes d'acoustique et des conditions pratiques qui régissent, et ont régi de -tous temps la construction des instruments à anche, ainsi que leur mise en œuvre; notions, qui, pour la plupart n'ont été jusqu'à présent recueillies dans aucun livre.

(la gamme de fa jusqu'à la tierce au-delà de l'octave du son fondamental); donc à deux intonations près, l'étendue diatonique de ses sons fondamentaux actuels (ex. i62a).

429. — Christophe Dernier imagina de percer à certain endroit du tuyau un petit trou (recouvert d'une clef), lequel provoque la division de la colonne d'air en trois parties égales ou aliquotes. Les vibrations se formaient alors dans le tuyau, analogue à celles d'une corde qui vibre dans le mode nécessaire à la production du 3e harmonique, c'est-à-dire tel que l'exemple suivant (ex. 158) (*) nous montre.

Mode de vibration du son 1 d'une corde

157 ^ """" ' "~ ^-4 (son 1)

Mode de vibration de la même corde produisant le 3e harmonique

158 •" "^Nc """ '""'^ ^H (son 3)

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