L J 2^J£ 3^J 4 ° LJ 2^J1 3 *LJ
XXX ■+- X x
513. — Doubles, triples et quadruples cordes — Quoique le violon soit avant tout un instrument mélodique, il peut (tout comme le violoncelle et l'alto) faire résonner à la fois deux, trois, voire quatre sons. Mais pour écrire pratiquement sous ce rapport, il importe que le compositeur approfondisse suffisamment la technique des instruments à cordes, — à moins qu'il ne soit lui-même violoniste ou violoncelliste.
Si non, il s'expose à écrire des choses impossibles, dont les exécutants se moquent et qu'ils passent outre en ne jouant que la note faisable des deux, trois ou quatre notes prescrites.
514. — Emploi impossible de doubles cordes. — Voyons ce passage (ex. 184) écrit par un compositeur bien mal renseigné sur l'alto et assurément pas mieux — faut-il supposer — sur ce qui est praticable ou non sur le violon et sur le violoncelle.
3e corde
à) C) 2e corde 3e corde
i— * ■£ r-^ ■# r— if / voir "
-J- ■ h' "^V — r5! Tn ( avec
-5- -^ -«I- -si- -J. ' Vl'ex. 199,
4e corde
515. — Quelle ignorance élémentaire ! Sous b, de Pex. 184 on voit le malencontreux endroit des deux sons à jouer simultanément, l'un sur la quatrième, l'autre sur la deuxième corde, et — naturellement — sans pouvoir toucher à la troisième corde, intermédiaire entre ces deux. Cela constitue un obstacle insurmontable. Il faut donc qu'on soit prudent; ou mieux : qu'on étudie à fond tout ce qu'un compositeur doit savoir en ces matières, voilà ce qui importe.
516. — Voici quelques exemples de doubles cordes, triples cordes, etc. au violon (ex. 185), qui sont tous praticables :
Il est évident que les exemples en accords, tels que ceux sous betc de pex !85, ne sont faisables qu'en arpèges. C'est-à-dire qu'on peut bien prolonger, soutenir des doubles sons (i85a); mais de tous ces accords sous 185 b et c, seules les deux notes supérieures peuvent se faire entendre d'une façon soutenue.
517. — Pour éviter des méprises, il importe donc que le compositeur indique exactement si l'exécutant doit soutenir un ou bien deux sons. Beethoven nous fournira un exemple de ces deux cas, dans sa sonate pour violon et piano op. 47, la Kreutzersonate (ex. i86a), et dans sa cinquième symphonie en ut mineur (ex. 1861') :
Presto
rc,j- sZiHjn
:^~iLÉr
rail.
if* 4
518. — On aura remarqué que l'ex. 180 fait voir de deux façons la production des son ré, la et mi (= o), c'est-à-dire à vide ou au moyen du 4e doigt. Parfois pour obtenir une grande puissance de son, on fait entendre un tel unisson sur deux cordes. Par exemple dans le sublime monologue d'Armide de Gluck (3e acte), « l'horrible menace » de la haine que les seconds violons répètent avec une persistence impitoyable (ex. 187) :
A r m ide
Gluck
519. — Quant aux diverses manières dont les cordes sont attaquées par l'archet, manières qui ont une grande importance et qui influent particulièrement sur la sonorité et le caractère des traits et des mélodies, — on lira plutôt tout cela explicitement dans le livre de Gevaert (aux pages 24-39), ou dans tout autre grand traité. Le cadre de cet ouvrage ne permet pas de s'étendre au long sur ces prescriptions, telles que legato, saltato, staccato (-issimo), martellato (1), pizzicato, sul tasto, sul ponticello, etc., etc.
(1) Au sujet des expressions en italien (qui est devenu la langue consacrée et générale) pour toutes ces indications ainsi que pour les mouvements (Allegro, Andante. presto, etc), observons que l'esprit — disons plutôt : la manie) — d'innovation qui hanta en grande partie le dix-neuvième siècle, a donné le jour à des « changements » que rien ne saurait justifier. L'esprit national qui dicta ces choses ne se montra guère logique lorsque se fif jour la tendance à indiquer en langue nationale tout ce qui jusque là s'était exprimé en italien.
N'est-ce pas plus simple, que chaque nation s'occupant de musique, apprenne petit à petit toutes ces expressions italiennes, que de l'obliger à apprendre ces expressions non seulement dans sa langue nationale, mais encore dans toutes ces langues dont les peuples s'occupent beaucoup de musique et dont — la musique étant universelle — on peut un jour avoir des compositions à exécuter.
Voyez-vous tout le monde apprendre la signification des indications
52o. — Cependant, malgré le cadre restreint de ce livre, il faudra faire une exception pour le phénomène des sons harmoniques, que nous avons rencontrés déjà pour les cuivres et les bois, et que nous allons voir ici sous un jour nouveau qui ne manquera pas d'intéresser, d'amener le lecteur à la comparaison. L'exposition dans les pages 157-60 fera mieux comprendre encore ce phénomène mystérieux.
La production des sons harmoniques
« Les sons harmoniques des instruments à cordes ont un caractère singulier de douceur mystérieuse.
„ Ce caractère même et leur timbre cristallin les rendent propres aux accords que j'appellerai féeriques, c'est-à-dire à ces effets d'harmonie qui font naître de brillantes rêveries et emportent l'imagination vers les plus gracieuses fictions du monde poétique et surnaturel. »
Berlioz.
521. — La production des sons harmoniques sur les instruments à archets. — Il suffira de l'exposer — bref et bon — pour une seule corde, d'un seul instrument; car ce
phénomène se produit absolument dans les mêmes conditions et dans les mêmes rapports pour chaque corde de n'importe quel instrument à archet.
522. — Voyons avant tout l'ex. 188 (p. 158); toutes les notes sous a sont produites sur une seule corde, soit la 3e du violon (ré) ou la 2e de l'alto (ré).
523. — Si l'on fait vibrer la corde d'après les dimensions qu'on voit sous 188e, c'est-à-dire, comme 1/2, 2/3, 3/4, 4/5, 5/6, on produit alors les sons marqués au-dessus en notes blanches.
des mouvements (et les autres expressions dont le § 519 en montre quelques unes) en italien, en français, en allemand, en russe, en langue tschèque , suédoise, anglaise, norvégienne, espagnole, finlandaise, etc. !?
C'est vraiment trop naïf, de vouloir imposer comme sérieux, une innovation si ridiculement illogique, et s'accordant si peu avec l'esprit moderne qui est vraiment l'incarnation du proverbe anglais : time is money.
Que les plus grands — par exemple Schumann et Wagner — ont parfois donné dans ce travers ne démontre pas que c'est logique. Une erreur ne se change pas en vérité quand elle est acceptée de tous. Soyons donc logique, et conservons pour ce besoin la langue consacrée depuis des siècles : l'italien.
Vi V2 % % \
UJ
Vi ^ 2/3 8/4 4/5 5/6